10/05/2010 12:05:55
Incendie Douala : le marché Congo brūle
Des dizaines de boutiques consumées. Des hangars et magasins détruits. Des domiciles légèrement touchés par les flammes sauvages. Des marchandises déportées et volées par des brigands de fortune. Une forte mobilisation des forces de l’ordre et des sapeurs pompiers. Tel est le spectacle observé hier dimanche 9 mai 2010 à Douala, au lieu dit marché Congo.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Aux environs de 17 heures et ceci jusqu’à une heure avancée de la nuit, populations, commerçants et sapeurs pompiers ont lutté contre les flammes. Qu’est -ce-qui a pu bien provoquer cet incendie, un de plus et peut-être un de trop à Douala ? Le témoignage de Mbiamou Parfait, un riverain : «C’est une boutique qui a pris feu sans qu’on ne sache trop bien pourquoi ni comment. Nous avons seulement vu les flammes jaillir de cette boutique pourtant fermée. C’est après qu’on nous a dit que le propriétaire a coutume de laisser les appareils électriques en marche. Et comme on connaît les branchements anarchiques qu’il y a ici, tout peut arriver. La progression du feu a été facilitée par les planches car toutes les boutiques sont construites à partir du matériel provisoire»

Arrivés sur les lieux avec une demi-heure après le début de l’incendie, les éléments du lieutenant-colonel Oyono Nlend, le commandant de la compagnie des sapeurs pompiers venus de Ngodi-Akwa se sont avérés impuissants face à la puissance des flammes. «Il n’y a pas d’eau et sans elle, on ne peut pas intervenir», lance l’un d’eux. C’est une quarantaine de minutes plus tard que débute l’opération de sauvetage, alors que les flammes avaient tout le temps de s’attaquer à l’autre façade de ce marché, situé non loin du centre commercial chinois. L’intervention de «Mamy water», la tristement célèbre voiture anti émeutes du Groupement mobile d’intervention (GMI)-Littoral, a fini par briser la progression des flammes, jusqu’à l’extinction totale. C’est la consternation totale chez les commerçants qui ont tout perdu pendant ce drame. «Ma boutique a brûlé. Celle de ma sœur également. C’est comme si le sort s’acharnait sur notre famille. Je ne sais pas comment faire pour m’en sortir» dit Etienne Manfou

Où étaient les gardiens de ce marché pendant que le feu débutait ? Alain Kongol, un commerçant, raconte : «Ils ne viennent jamais ici le dimanche sauf quand ils veulent. S’ils étaient là, on pouvait donner l’alerte et on aurait limité les dégâts. Ils ont également une part de responsabilité dans cet incendie». C’est donc un marché Congo sens dessus dessous qui s’apprête à accueillir les clients ce jour. Loin d’être un simple fait anodin et isolé, cet incendie remet sur la scène le sempiternel problème de la sécurisation des installations électriques dans les marchés commerciaux de la métropole économique. La commission de prévention des risques et catastrophes, présidée par le préfet du Wouri a encore une affaire sur les bras.

Après l’incendie du marché Central le 15 décembre 2009 et dont les conséquences sont toujours d’actualité, l’incendie au marché de Tiko survenu le 3 mars 2010, la grande saga des incendies et des catastrophes est loin d’être achevée. A moins que des mesures adéquates soient enfin prises par les pouvoirs publics. Au moment où nous allions sous presses, en dehors du directeur de l’urbanisme, de la construction et de l’environnement de la Communauté urbaine, et du commandant du groupement territorial de gendarmerie à Douala, aucune autorité administrative, municipale, politique, n’a daigné faire le déplacement. Nous y reviendrons.

Etame Kouoh

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE