10/05/2010 12:15:28
1000 milliards pour sauver l'euro
Sauver l'euro. C'est la tâche à laquelle se sont attelés les ministres européens des Finances, réunis à Bruxelles au cours du week-end. Ils sont parvenus à une entente au milieu de la nuit, au terme d'une séance de négociations qui a duré 11 heures. Un fonds d'urgence de 1000 milliards de dollars canadiens destiné à venir en aide aux pays en difficulté de la zone euro a été mis sur pied. Une somme historique pour une crise historique.
Avec l'AFP, AP et La Presse Canadienne
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Le contre-la-montre a duré jusqu'au milieu de la nuit, mais les ministres des Finances des 27 pays membres de l'Union européenne (UE) ont réussi à s'entendre juste avant l'ouverture des Bourses de l'Occident.

Peu après 2h du matin, heure de Bruxelles, les ministres ont accepté de créer un fonds d'urgence destiné aux membres de la zone euro en difficulté. La somme est sans précédent: jusqu'à 1000 milliards de dollars canadiens (720 milliards d'euros) pour s'attaquer à la pire crise de l'histoire de la devise commune.

Le fonds vise à rassurer les marchés, à dissuader les spéculateurs et à stabiliser l'euro, fortement éprouvé par la crise en Grèce et par les craintes de contagion en Espagne, en Irlande et au Portugal, trois pays lourdement endettés.

La Commission européenne injecte 60 milliards d'euros. Les 16 pays membres de la zone euro et quelques autres volontaires (Suède, Pologne) ajouteront 440 milliards en prêts bilatéraux et en garanties de prêts. Cette somme servira à recueillir de l'argent pour les pays en difficulté. À cela s'ajoute la contribution du Fonds monétaire international (FMI). Le FMI pourrait verser la moitié de ce que contribueront les pays européens. L'enveloppe totale du fonds d'urgence pourrait donc grimper à 720 milliards d'euros.

Le plan d'urgence adopté hier ressemble aussi au système récemment mis en place pour aider la Grèce. Des pays membres de la zone euro et le FMI s'étaient unis pour lui débloquer 110 milliards d'euros.

Comme ce fut le cas pour la Grèce, les pays qui voudront faire appel au nouveau fonds d'urgence devront respecter des «conditions rigoureuses», a prévenu le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. Il a ajouté que les prêts seront accordés «seulement en cas de nécessité».

Au terme de l'accord ce matin, l'Espagne et le Portugal se sont engagés à réaliser des économies supplémentaires pour réduire leur dette et assainir leurs finances.

Contrer la «meute»

Hier après-midi, le ministre des Finances de la Suède, Anders Borg, a demandé qu'on stoppe les spéculateurs qui attaquent les devises comme «une meute de loups». Le président français, Nicolas Sarkozy, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont aussi appelé à la lutte contre les spéculateurs.

La Banque centrale européenne (BCE) s'est engagée à protéger la zone euro contre ces attaques. Elle prendra des «mesures tout à fait significatives», a annoncé cette nuit M. Rehn. On ne connaît pas encore tous les détails. M. Rehn a indiqué que la BCE pourrait notamment acheter des obligations privées et publiques déjà émises. Ainsi, elle prêterait de l'argent.

Certains réclamaient depuis quelque temps que la BCE imite la Réserve fédérale américaine, qui a racheté de mauvaises créances durant la crise des subprimes.

Le président américain, Barack Obama, s'est entretenu hier avec ses homologues français et allemands pour insister sur l'importance de trouver une solution. Son pays fera aussi une contribution. Peu après l'accord, Washington a annoncé que sa Réserve fédérale ouvrirait une nouvelle ligne de crédit. Les Banques centrales du Canada, de la Suisse et de l'Angleterre contribueront aussi à ce programme. Les mécanismes d'échange de devises (swap) seront aussi réactivés pour permettre à la zone d'euro de s'approvisionner plus facilement en dollars, et se protéger ainsi des attaques des spéculateurs.

Marchés enthousiastes

Les marchés ont bien réagi. Peu après l'annonce de l'entente cette nuit, l'euro a remonté au-dessus de 1,29$US à la Bourse de Tokyo.

La crise a forcé Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi à annuler leur présence à la commémoration du 65e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, hier à Moscou. La chancelière allemande y a quant à elle assisté, malgré une sévère raclée aux élections régionales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, État le plus peuplé d'Allemagne (voir encadré).

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Dates importantes

5 novembre 2009

Le nouveau gouvernement socialiste de Georges Papandréou, en Grèce, s'engage à éviter la banqueroute en réduisant le déficit public, alors à 12,7% du PIB, le double du chiffre annoncé.

5 mars

La Grèce adopte un nouveau plan d'austérité. Elle augmente de deux points la TVA ainsi que les taxes sur l'alcool, le tabac et l'essence. De plus, elle gèle les retraites payées par l'État et diminue de 30% les primes dans la fonction publique.

11 mars

Grève dans le secteur public et privé en Grèce.

28 avril

Interdiction des ventes à découvert à la Bourse d'Athènes jusqu'au 28 juin. De son côté, le Portugal durcit son plan d'austérité.

6 mai

Le Parlement grec adopte un nouveau plan d'austérité afin de recevoir une aide de 100 milliards d'euros en 3 ans de l'Europe et du FMI. Trois personnes meurent lors de manifestations.

9 mai

Un mécanisme d'intervention de 720 milliards d'euros (près de 1000 milliards CAN) est proposé pour stabiliser la zone euro et les marchés boursiers.

Le ministre des Finances grec George Papanconstantinou, à...  (Photo Reuters) - image 2.0

Le ministre des Finances grec George Papanconstantinou, à droite, discute avec la Française Christine Lagarde et le Belge Didier Reynders. Photo Reuters

Comme ce fut le cas pour la Grèce, les pays qui voudront toucher au nouveau fonds d'urgence devront respecter des «conditions rigoureuses», a prévenu le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. Il a ajouté que les prêts seront accordés «seulement en cas de nécessité».

 

Au terme de l'accord ce matin, l'Espagne et le Portugal se sont engagés à réaliser des économies supplémentaires pour réduire leur dette et assainir leurs finances.

Contrer la «meute»

Hier après-midi, le ministre des Finances de la Suède, Anders Borg, a demandé qu'on stoppe les spéculateurs qui attaquent les devises comme «une meute de loups». Le président français, Nicolas Sarkozy, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont aussi appelé à la lutte contre les spéculateurs.

La Banque centrale européenne (BCE) s'est engagée à protéger la zone euro contre ces attaques. Elle prendra des «mesures tout à fait significatives», a annoncé cette nuit M. Rehn. On ne connaît pas encore tous les détails. M. Rehn a indiqué que la BCE pourrait notamment acheter des obligations privées et publiques déjà émises. Ainsi, elle prêterait de l'argent.

Certains réclamaient depuis quelque temps que la BCE imite la Réserve fédérale américaine, qui a racheté de mauvaises créances durant la crise des subprimes.

Le président américain, Barack Obama, s'est entretenu hier avec ses homologues français et allemands pour insister sur l'importance de trouver une solution. Son pays fera aussi une contribution. Peu après l'accord, Washington a annoncé que sa Réserve fédérale ouvrirait une nouvelle ligne de crédit. Les Banques centrales du Canada, de la Suisse et de l'Angleterre contribueront aussi à ce programme. Les mécanismes d'échange de devises (swap) seront aussi réactivés pour permettre à la zone d'euro de s'approvisionner plus facilement en dollars, et se protéger ainsi des attaques des spéculateurs.

Les marchés ont bien réagi. Peu après l'annonce de l'entente cette nuit, l'euro a remonté au-dessus de 1,29$US à la Bourse de Tokyo.

Merkel éprouvée

La crise a forcé Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi à annuler leur présence à la commémoration du 65e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, hier à Moscou. La chancelière allemande y a quant à elle assisté, malgré une sévère raclée aux élections régionales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l'État le plus peuplé d'Allemagne.

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