24/06/2009 14:48:39
Au tribunal : Atangana Mebara chez le juge
L'ancien Sg/pr a subi hier son premier interrogatoire au palais de justice.
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Jean Marie Atangana Mebara s'est présenté hier matin sous haute escorte chez le juge Pascal Magnanguemabé. Echarpe autour du cou, gandoura blanche et ballerines assorties, il cachait mal un clin d'œil malicieux sous son regard qu'il voulait austère. Il s'est aussitôt engouffré dans la salle, accompagné de ses conseils, où il était attendu par le juge, assisté du substitut du procureur, Soh Maurice.
Peu de choses ont naturellement filtré des échanges qui ont pourtant duré 10 heures d'horloge, l'ancien ministre d'Etat et secrétaire général à la présidence de la République n'ayant été libéré qu'autour de 20 heures 30 pour des échanges qui ont effectivement commencé autour de 10 heures 30. On sait tout de même qu'il s'agissait du premier interrogatoire de Jean Marie Atangana Mebara depuis qu'il a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui. L'autre détenu dans la même affaire, Hubert Otélé Essomba ayant déjà, lui, été interrogé il y a plus de deux mois. L'arrestation et la mise en détention préventive du dernier, Jérôme Mendouga, étant récente et demandant probablement quelques mois encore si on s'en tient au rythme de travail de la justice.

Si la défense n'a pas souhaité indiquer les charges présentées contre son client, elle relève cependant que les échanges se sont déroulés dans un climat serein et parfois détendu, même si le juge a établi une certaine discipline dans les débats. L'on apprendra également, mais sur un ton général, que l'accusé a réfuté avec fermeté les accusations de détournements de deniers publics qu'on voulait lui faire endosser, indiquant au contraire la pertinence des choix qu'il a eu à effectuer ou à gérer. Un interrogatoire finalement bien conduit malgré sa longueur, qui a dissipé le malaise créé la veille par un énième rendez-vous manqué. Jean Marie Atangana Mebara était en effet attendu lundi le 22 juin, mais il n'a pas pu se présenter chez le juge parce qu'il n'avait pas été formellement convoqué (du fait d'une mauvaise coordination entre ses conseils et le juge), et que le dispositif sécuritaire spécial à mettre en place pour déplacer les "détenus de son statut" n'avait pas pu être déclenché. Le lundi d'avant déjà, le 15 juin, avait été retenu comme jour du rendez vous chez Pascal Magnaguemabé pour ce premier grand échange. Mais quelques jours avant la date retenue, ce rendez-vous avait été déprogrammé sine die. Le rendez-vous du 15 juin avait pourtant été retenu d'accord partie, après que les conseils de la défense eurent accédé au dossier de leur client pendant deux semaines.

Dans une de nos précédentes éditions, nous indiquions les cinq chefs d'accusation retenus contre Jean Marie Atangana Mebara. Parmi lesquels un qui concernait la somme de 29 millions de dollars Us, environ 15 milliards Fcfa, versée en août 2001 à Gia International pour l'acquisition en faveur de l'Etat du Cameroun d'un aéronef neuf de marque Boeing Business Jet de 2ème génération (Bbj-2). L'ancien ministre d'Etat est accusé, d'une part, d'avoir fait rompre le "contrat" liant la Camair, qui menait l'opération pour le compte de l'Etat, et la société Gia International, le partenaire de la Camair ; et, d'autre part, d'avoir essayé de recouvrer la somme mise en jeu, "à des fins inavouées", par le truchement de Assett Portfolio Management (Apm).
Le second chef d'accusation porte sur une somme de 4 milliards Fcfa appartenant à l'Etat.

Il est ici reproché à l'ancien secrétaire général de la Présidence et à "d'autres individus non encore identifiés" d'avoir essayé d'accaparer frauduleusement ladite somme en enjoignant la Société nationale des Hydrocarbures (Snh) de la transférer à la "Standard Chartered Bank Cameroun New York en remboursement des créances de Ansett sur la Camair". La troisième affaire met en cause, une nouvelle fois, Jean Marie Atangana Mebara, Patrick Marie Otele Essomba et "d'autres individus" et porte sur 1,5 milliard Fcfa. Cette fois, les prévenus sont accusés d'avoir "obtenu frauduleusement" cette somme virée par la Snh dans le compte de la société Apm. Il est indiqué qu'aucune trace de ce montant n'apparaît dans les livres comptables de la Camair, alors que son déblocage devait servir à payer des loyers de la Camair à Ansett...

Albert Biombi

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