19/05/2010 12:24:56
Chaos Bangkok
Radio-Canada.ca avec Associated Press, Agence France Presse et Reuters
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

                    http://referentiel.nouvelobs.com/file/934239.jpg

Plusieurs immeubles du quartier touristique et commercial de Bangkok brûlent, mercredi, après que l'armée eut donné l'assaut contre le camp fortifié des Chemises rouges, des partisans de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra qui réclament la démission du gouvernement et la tenue d'élections.

L'assaut, qui a fait au moins 5 morts, dont un journaliste italien, a entraîné la reddition de plusieurs chefs du mouvement. Avant d'être emmenés par la police, ils ont appelé leurs manifestants à faire de même, mais l'ordre n'a pas été suivi par tous.

Des émeutiers frustrés de la tournure des évènements ont mis le feu à des amoncellements de pneus, au centre commercial Central World, qui est le plus important du pays, à la bourse de Bangkok, à des banques et au siège social du service d'électricité. D'épaisses colonnes de fumée s'échappent du coeur de la ville.

Un incendie a aussi été allumé à l'intérieur de la station de télévision Channel 3. Selon un porte-parole des pompiers et un journaliste de la station, une centaine de personnes sont prises au piège à l'intérieur de l'immeuble. Des responsables militaires ont envoyé un hélicoptère sur place pour évacuer les lieux.

Le gouvernement a décrété un couvre-feu qui sera en vigueur de 20 h à 6 h. Il semble maintenant évident qu'un nombre indéterminé de Chemises rouges n'a pas quitté la zone d'environ trois kilomètres carrés qu'ils occupent à Bangkok, et le gouvernement craint qu'ils profitent de la nuit pour contre-attaquer.

Les dirigeants des Chemises rouges se sont rendus mercredi matin après que des blindés de l'armée thaïlandaise se furent attaqués à leur camp fortifié, érigé en plein coeur du quartier le plus achalandé de la mégapole de 10 millions d'habitants. Les barrières de fortune, constituées de pneus, de morceaux de bambous et de barbelés, n'ont pas résisté longtemps.

Lundi, quelque 3000 Chemises rouges avaient défié le gouvernement en demeurant retranchées dans ce camp, malgré un ultimatum du gouvernement. Des appels à la négociation, provenant notamment de sénateurs thaïlandais et de l'ONU, sont demeurés lettre morte et il était attendu depuis que l'armée donne l'assaut.

Un journaliste canadien a été blessé au cours de cette offensive. Il a été touché par une grenade lancée près du camp fortifié des Chemises rouges. Des journalistes américain et néerlandais ont aussi été blessés lors de l'assaut, mais leur vie n'est pas en danger. Au moins une quinzaine d'autres personnes ont été blessées.

Les troubles qui secouent Bangkok s'étendent d'ailleurs à l'extérieur de la capitale mercredi. Des Chemises rouges auraient ainsi mis le feu au siège du gouvernement dans la province de Udon Thani, dans le nord-est du pays, et à un hôtel de ville de Khon Kean, également dans le nord.

Les Chemises rouges sont des partisans de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra. Ils réclament la démission du gouvernement du premier ministre Abhisit Vejjajiva, qu'ils jugent illégitime, et la tenue d'élections anticipées.

Quatre ans de crise politique

La Thaïlande est engluée dans une grave crise politique qui a éclaté en 2006, lorsqu'un coup d'État militaire a entraîné la destitution de Thaksin Shinawatra.

L'ex-premier ministre, qui a fait fortune dans les télécommunications, était accusé de corruption, mais ses partisans, issus des régions rurales et des classes urbaines défavorisées, ont soutenu que l'élite urbaine traditionnelle et les partisans du roi Bhumibol avaient fomenté le tout dans leur propre intérêt.

Le bras de fer a entraîné plusieurs changements de gouvernement, qui se sont soldés par de nombreuses démonstrations de force des deux clans, reconnaissables à leur couleur, rouge pour les partisans de M. Thaksin et jaune pour ses opposants.

Thaksin Shinawatra vit actuellement à Dubaï pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour des malversations financières dans un autre dossier. Lundi, il avait une fois de plus exhorté le gouvernement et ses partisans à trouver une solution négociée.

 

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE