25/05/2010 14:40:52
Finances : les entreprises s'offrent un accès au crédit
Quotidien Mutations
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Grâce au crédit-bail, elles auront la possibilité de financer des opérations d'achat et de renouvellement des équipements.

Jusqu'en 2002, le Cameroun disposait de deux établissements de crédit proposant à leur clientèle l'acquisition des équipements de production des entreprises par le biais d'un crédit avec option d'achat à la fin de la transaction. Ce nouveau processus, appelé crédit-bail, qui permettait ainsi aux entreprises de financer certaines opérations, a connu une croissance rapide en moins de 10 ans d'activité, du fait de la réticence des établissements bancaires classiques à accorder du crédit aux entreprises. "Avec le crédit-bail, on a trois acteurs : un client, un bâilleur et un fournisseur. Le client a le bénéfice de l'accès rapide au crédit pour acheter des équipements de production et peut au bout de la chaîne s'il le souhaite, renouveler son outil de production ou en devenir le propriétaire", expliquait Pierre Kam à l'occasion du 13ème congrès panafricain de leasing ouvert au Hilton hôtel hier à Yaoundé, président de l'association camerounaise du crédit-bail.

Depuis l'inauguration du marché camerounais du crédit leasing par la Sgbc et Alios Finance, Africa leasing company, Pro-Pme financement et la Bicec se sont ajoutés au portefeuille des établissements de crédt-bail. Une croissance institutionnelle qui a conduit à l'augmentation des financements en crédit-bail qui est passé de 9 milliards de Fcfa en 2005 à 32 milliards en 2009. En 2005, les établissements financiers représentaient 80% du marché.
Aujourd'hui, la tendance s'est inversée et les établissements spécialisés représentent 62% du marché, " à cause de la tendance des banques à sécuriser leurs crédits à moyen terme aux Pme ".Aujourd'hui, le marché du crédit-bail représente 400 milliards de Fcfa en zone Cemac et 150 milliards de Fcfa au Cameroun pour les quatre prochaines années, soit une progression estimée à 110%. Pour 2009, l'on se situe autour de 50 milliards de Fcfa, soit 5% des crédits bancaires classiques.

Les effets sur la croissance économique de cet instrument de financement que les experts présentent comme vecteur du développement des Pme sont multiples. " C'est le financement des outils productifs de l'entreprise. Donc, forcément avec l'acquisition des outils de production nouveaux dans une entreprise, on intègre les circuits de la performance et du coup, les matières premières qui subissent une transformation acquièrent une valeur, ce qui est la valeur ajoutée qui va induire des emplois, des salaires, la consommation, des impôts, des infrastructures, etc. Toute cette activité qui se crée autour de cette opération, rentre dans le cycle d'accroissement de la croissance économique ", explique Thierry Papillion, directeur général d'Alios Finances Côte d'Ivoire.

Contradictions
Pour ce qui concerne les taux d'intérêts, on est bien loin des 18% pratiqués au départ par les banques classiques. En fonction des produits et de la taille des opérations, le loyer du crédit-bail oscille entre 10% et 12% au niveau des banques classiques, 16% pour les établissements financiers et 12% pour le reste des institutions financières locales. Mais des difficultés entravent encore la bonne marche de l'opération au Cameroun. L'on décrie une abondance de taxes, un manque de régulation du secteur, des contradictions dans l'application du crédit-bail au détriment des règles fixées par l'Ohada. " Le barème des loyers reste élevé à cause des crédits structurels de Tva du fait de la double taxation des produits à l'achat et lorsque le client en devient le propriétaire.

Ce qui renchérit le coût des opérations et pénalise le développement du financement des entreprises ", souligne Jean-Claude Kemajou, consultant, qui précise que l'avenir du crédit-bail est fondé "sur une fiscalité équitable, un environnement juridique sécurisé, des règles financières stables et adaptées". La limitation de l'accès à ce mode de financement constitue aussi un écueil important. Car pour l'instant, le plancher des financements est fixé à 5 millions de Fcfa par dossier, alors que le montant moyen est de 35 millions de Fcfa. Ce qui fait dire aux experts que l'entrée dans le marché des établissements de microfinance ouvrira l'accès du crédit-bail à l'ensemble du tissu économique.

Pierre CÚlestin Atangana

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