31/05/2010 12:36:26
France-Afrique : Le Sommet du cinquantenaire sous pression
Le Messager
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Pour ce XXVème sommet des chefs d’Etat de France et d’Afrique, 51 pays ont été invités sur les 53 que compte le continent. Le Soudan de Omar el-Béchir, qui vient d’être investi pour un nouveau mandat, ne sera pas de la partie. Le président soudanais étant sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par la Cour pénale internationale (CPI), pour «crimes de guerre et crimes contre l’humanité». Le chef d’Etat du Zimbabwe, Robert Mugabe, sera lui aussi absent. Il est interdit de visa par l’Union européenne.

Mais l’évènement marquant de cette rencontre risque d’être la présence, pour la première fois, de quelque 250 entreprises africaines et françaises. Un clin d’œil pour souligner une nouvelle coopération économique entre le continent africain et l’Hexagone? Probablement. Et ce, alors que des voix se lèvent de plus en plus parmi les associations françaises et les Africains de la diaspora pour dénoncer un « machin », pour reprendre l’acception du général De Gaulle à propos de l’Organisation des Nations Unies, dont le seul but inavoué n’est que de maintenir l’Afrique sous domination.

« Réunions à huis clos »

Le programme du XXVème sommet entre la France et l’Afrique, dans la bonne ville de Nice, propose, après l’accueil et le déjeuner des chefs d’Etat de 12heures à 13heures, lundi 31 mai, l’ouverture proprement dite de cette rencontre à 14 heures. La même journée, de 14 à 16 heures, une première réunion à huis clos se tiendra sous le thème: « Place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale ». Elle sera suivie d’une autre réunion à huis clos, de 16h20 à 17h20, avec comme sujet de réflexion : « Renforcer ensemble la paix et la sécurité ». Parallèlement, un atelier entre membres de gouvernements, chefs d’entreprise et représentants des syndicats occupera les participants de 14h30 à 17h15. Tout ce beau monde pourra ensuite aller se reposer avant de se retrouver à 20heures autour d’un dîner qu’on annonce somptueux. La nuit risque d’être bien courte pour certains convives, qui devront néanmoins faire un petit effort pour se réveiller le lendemain matin. Car demain mardi, 1er juin, une nouvelle réunion à huis clos se déroulera, de 10 heures à 12 heures autour de « Climat et développement ». Le rideau pourra alors tomber sur le Xxvème sommet France-Afrique, à Nice, et une conférence de presse pour tirer les leçons de cette édition, est prévue à 13 heures.

Dans un communiqué publié le 28 mai, la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) et la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (FIDH), appellent les participants au sommet de Nice à prendre en compte les souffrances des familles de victimes des massacres. Comme ceux du 28 septembre 2009 en Guinée Conakry, de la fin février 2008 au Cameroun, ou encore ceux commis au Beach de Brazzaville au Congo, en 1999, sans oublier les victimes de la répression d’Hissein Habré au Tchad. La FIDH exige des participants aux Xxvème sommet France-Afrique qu’ils s’engagent à « adopter des législations nationales incriminant notamment les crimes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture », à « soutenir le principe de compétence universelle de leurs tribunaux pour répondre aux droits des victimes à la justice », « à soutenir le travail de la Cour pénale internationale et à coopérer avec ses instances ». Et Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH, prévient : « Sans cet engagement, et alors que plus d’une centaine d’Etats se retrouveront à Kampala, en Ouganda, pour discuter de la paix et de la justice à l’occasion de la Conférence de révision du statut de la Cour pénale internationale, les discussions autour du thème de la paix et de la sécurité en Afrique lors du sommet de Nice, seraient vidées de leur sens.»

Antoine de St-Exupéry le disait: «S’aimer ce n’est pas se regarder l’un l’autre. Mais regarder dans la même direction». Plus de 30 ans après le premier sommet tenu à Paris, en 1973, on ne peut vraiment pas dire que la France et l’Afrique regardent dans la même direction. Plus grave, 50 ans après les indépendances des pays de l’Afrique ex-française, ces Etats restent soumis à la volonté de Paris qui n’entend pas, de son côté, les laisser prendre en mains leur propre destin.

jean.celestin.edjangue

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