03/06/2010 12:20:00
Crise ivoirienne : la lassitude de Blaise Compaoré
Le président burkinabè et "facilitateur" des accords de paix de Ouagadougou laisse entendre qu'il pourrait cesser de s'engager directement dans le processus ivoirien de sortie de crise. Dès cette année.
Jeune Afrique
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Ira, ira pas... La lenteur du processus ivoirien de sortie de crise ne donne apparemment pas la migraine qu'aux seuls compatriotes du président Laurent Gbagbo. Dans une interview, mercredi 2 juin sur France 24, le président burkinabè Blaise Compaoré, qui mène une médiation en Côte d'Ivoire, a lui aussi affiché son scepticisme et, pour tout dire, une certaine lassitude devant les aléas de la réconciliation ivoirienne, allant jusqu'à avertir qu'il pourrait cesser, en 2010, tout effort direct de « facilitateur » des accords de paix signés en 2007 à Ouagadougou.

« Il est certain que mes limites effectivement peuvent s'arrêter au cours de cette année », a affirmé Compaoré, « si à une certaine date » la crise n'a toujours pas trouvé de solution. Au-delà de 2010, « je m'en occuperai, a-t-il tenu à ajouter, mais pas à ce niveau-là ». Menace, agacement, coup de pression ? Quoi qu'il en soit, le président burkinabé, comme son homologue de Côte d'Ivoire, reste persuadé que l'élection présidentielle tant attendue - elle est sans cesse repoussée depuis la fin du mandat du président ivoirien, Laurent Gbagbo, en 2005 - se rapproche à grand pas.

La démobilisation de ex-rebelles au point mort

« Je pense que nous pouvons espérer que, très bientôt, une date (du scrutin) sera fixée », estime M. Compaoré. « La commission électorale et le gouvernement vont bien sûr s'accorder très rapidement sur l'établissement d'une liste [électorale, NDLR] qui sera acceptée par tous. (...) Il y a un travail pour la réunification (du pays) qui est engagé », a-t-il salué, tout en avouant ne pas croire que des « difficultés » puissent faire revenir le pays « à la case départ », c'est-à-dire la guerre.

La liste a fait l'objet mercredi d'une réunion des principaux acteurs, notamment M. Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN). « La question des irrégularités sur la liste électorale provisoire a été largement débattue afin de trouver les solutions qui permettent de rassurer (...) tous les candidats », a déclaré à la presse M. Soro.

Il y a « urgence » à « vider cette question et aller à la liste définitive et faire en sorte que les élections se tiennent le plus rapidement possible », a-t-il dit. Mais l'autre aspect de la sortie de crise, la réunification du pays, piétine. Elle est censée connaître une relance le 15 juin, avec le début du regroupement dans des casernes des éléments ex-rebelles devant rejoindre l'armée à terme. Mais cet « encasernement » reste suspendu, notamment à des contraintes de financement.

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