25/06/2009 12:18:37
Gabon : Reporter les élections : oui, mais quand ?
Les travaux de concertations initiées le 23 juin dernier par le chef de l'Etat, Rose Rogombé, avec les formations politiques du pays se sont cristallisés sur la question de la durée de la prorogation du délai de l'élection présidentielle. Dans les seuls partis de la majorité présidentielle, les recommandations vont de 15 à 190 jours et le chef de l'Etat devra trouver le juste milieu entre crédibilité populaire et constitutionnelle pour ce scrutin cruciale pour la stabilité politique du pays.
Gaboneco
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Si la classe politique s'accorde sur la nécessité de proroger le délai constitutionnel pour l'organisation de l'élection présidentielle, les conceptions s'entrechoquent sur la durée de ce délai, notamment au sein des partis de la majorité présidentielle.

Le chef de l'Etat, Rose Francine Rogombé, a initié depuis le 23 juin dernier des séances de travail avec les différentes formations politiques du pays pour trouver un consensus sur le chronogramme de l'organisation du scrutin.

Pour le premier jour des concertations, ce sont les partis politiques de la majorité présidentielle dont les avis et conseils ont été recueillis par le chef de l'Etat.

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Jean François Ndongou, a rapporté que «certains partis politiques ont souhaité que les délais soient portés à quatre-vingt-dix (90) jours, d’autres à cent vingt (120) jours, d’autres encore à cent quatre-vingts (180) jours».

Pour le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), une rallonge de 15 jours serait suffisante pour organiser le scrutin, un délai qui semble très court pour procéder à la révision des listes électorales.

Mais le secrétaire général du parti, Faustin Boukoubi, met en avant les dispositions constitutionnelles, qui accordent un report du scrutin qu'en cas de force majeure.

«Nous avons dû passer une quinzaine de jours à organiser les obsèques que méritait le président Omar Bongo Ondimba. Ces quinze jours, nous pensons qu’ils doivent être pris en compte comme cas de force majeure», explique-t-il.

Le président du Cercle des libéraux réformateurs (CLR), Jean Boniface Assélé, a expliqué que la Cour Constitutionnelle prendrait sa décision en tenant compte des «difficultés liées à l'organisation de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP), et des difficultés du gouvernement pour une liste électorale qui soit la moins mauvaise possible».

«Nous RPG, avons proposé 3 à 4 mois, car il faut enlever les 30 jours de deuil (...). Nous venons de nommer un nouveau ministre de l'Intérieur, le temps de s'asseoir, d'ouvrir les dossier et de voir comment cela marche, il faut lui donner encore 15 jours. (…)», a pour sa part estimé le représentant du Rassemblement pour le Gabon (RPG), le parti du père Mba Absessole.
«Ils sont en train de préparer un chronogramme qui avance, et nous croyons que dans une semaine ce sera prêt et nous pourrons l'adopter consensuellement», a-t-il ajouté.

«Nous estimons qu'avec cinq mois au minimum et six mois au maximum, on doit pouvoir organiser une élection libre, transparente et crédible», a déclaré le président de l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), Zacharie Myboto.

Le patron de l'UGDD a par ailleurs annoncé qu'un «groupe de travail avec le gouvernement» serait créé «pour aller plus au fond, dans les détails».

Le président de l'Union pour la nouvelle République (UPNR), l'ancien ministre de l’Intérieur maître Louis Gaston Mayila, a estimé qu’il n’était pas possible d’organiser des élections en 45 jours, répétant que «si un mois ou deux étaient gagnés en plus, ce serait toujours ça de gagner pour éviter les quelconques contestations».

C'est là tout l'enjeu de ce scrutin. Engagées dans une transition constitutionnelle exemplaire au niveau sous-régional, voire à l'échelle du continent, les autorités gabonaises ne devront pas trop retarder le scrutin, de peur de décrédibiliser le processus démocratique.

D'un autre côté, l'organisation d'un scrutin fiable et crédible nécessitera un lourd travail au niveau du fichier électoral, qui compterait près de 2 millions d'électeurs pour une population estimée à moins d'1,5 millions d'habitants.

Ce 24 juin, ce sont les partis de l'opposition qui ont été entendus à la Présidence, dont la plupart penchent en faveur d'un délai d'au moins 5 mois.

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