15/06/2010 12:42:56
Cameroun ? Fmi Accord triennal : la Beac complique les négociations
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Les mauvais rapports entre le Fmi et la Beac  pourraient compromettre le projet d’accord triennal que le Cameroun voudrait conclure avec l’institution de Breton Woods pour obtenir de nouveaux prêts.
On savait que les perspectives d’une nouveau programme économique en financier entre le Cameroun et le Fmi étaient compliquées par les problèmes que connaissent actuellement les finances publiques du pays. Cet horizon semble désormais carrément bouché, du fait du bras de fer qui oppose la banque centrale, dépositaire des avoirs des six Etats de la Cemac, au Fonds monétaire international. Cette situation qui a le don d’agacer les chefs d’Etat de la région a quelque peu transpiré du communiqué final du sommet du 7 juin : « Examinant la situation de la Beac après la nomination du Gouverneur en janvier 2010, la Conférence a constaté la persistance du dysfonctionnement au sein de l’Institut d’émission. Pour y remédier et sauvegarder le bon fonctionnement de la Banque, elle a décidé des mesures individuelles, à la Beac (...) La Conférence a, en outre, décidé de dépêcher une mission de haut niveau de la Communauté auprès du Directeur Général du Fonds Monétaire International (Fmi), en vue d’assainir les relations entre cette Institution et la Cemac. »
 
Mettre en mission le président de la commission de la Cemac, l’ancien ministre camerounais des finances Antoine Ntsimi pour  « assainir » la coopération avec le fonds monétaire international, signifie une claire mise entre parenthèses des instruments classiques de la banque centrale institution disposant de la légitimité et de l’expertise pour mener un tel Dialogue. Un désaveu lié aux relations difficiles entre la Beac et le département Afrique du fonds monétaire international.
 
Ces relations difficiles, révèle cette semaine notre confrère Jeune Afrique ont conduit le fonds monétaire international à suspendre ses décaissement en faveur des pays de la sous région. « La direction du Fmi a décidé de reporter l’examen par le conseil d’administration des revues pour la république centrafricaine et la république du Congo », peu on lire dans la lettre du Fmi, dont jeune Afrique publie une copie et qui est signe de la Directrice du département Afrique du Fonds, Antoinette Sayeh, ancienne ministre libérienne des Finances.  Dans cette correspondance, la directrice du département Afrique révèle de problèmes de gestion presque aussi graves que ceux qui ont été connus sous les précédents gouverneurs de la banque centrale. Pèle mêle, Antoinette Sayeh cite les « dysfonctionnements » tels que l’absence de justificatifs pour des dépenses pouvant totaliser cinq milliards de francs Cfa, des doutes sur l’efficacité de contrôle des opérations de changes des direction nationales de la banque centrale, et redoute en conséquence « le risque d’un problème majeur en matière de sauvegarde ». Un doux euphémisme qui signifie simplement que la banque centrale est mal gérée et que ses équilibres et sa crédibilité sont menacés. « Etant donné les montants en jeu, le services du Fmi ne peuvent recommander au conseil d’administration d’approuver de nouveau décaissements à travers la Beac, prévient Mme Saleh. Il est nécessaire et urgent, ajoute-t-elle, de redoubler d’efforts afin que la Beac soit n dépositaire sur et crédible des réserves des pays membres de la Cemac ». Ce qui suppose que la Beac ne l’est pas.
 
Si le Congo et la Centrafrique paient cash ce clash entre le Fmi et la Beac (report de l’annulation de dette pour le Congo et d’un décaissement de 10 milliards pour le second), le Cameroun va également payer cher ce gel des décaissements du Fmi en faveur des pays de la Cemac. Car, depuis la mise en place d’une nouvelle gamme de prêts du fonds monétaire en faveur des pays africains, les responsables camerounais essaie de s’accorder avec le Fmi sur les termes d‘un nouvel accord triennal qui permettrait au pays d’accéder aux prêts du Fonds. L’affaire était d’ailleurs assez mal embouchée, car Dominique Strauss Kahn a eu à interpeler Philémon Yang, lorsque ce dernier était en mission à Washington dernièrement, sur le mauvais état des finances publiques nationales. Le problème actuel entre la Beac et le Fonds ne peuvent que compliquer une situation qui était déjà difficile. Il y a un an déjà, lorsque les scandales de détournements éclataient, le Fonds monétaire avait pareillement pris des mesures de rétorsion, contraignant dont les autorités sous régionales à la transmission au Fmi des termes de référence et des résultats des audits de comptes, et à en publier les résultats sur le site internet de la banque centrale.

François Bambou

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