15/06/2010 12:45:21
Impossible est désormais camerounais
Les Lions Indomptables ont cruellement déçu leurs supporters, lundi, en chutant d'entrée face au Japon. Plus que la défaite, c'est le comportement globale des troupes de Paul Le Guen, et le fond de jeu qui paraissent plus alarmants.
football.fr
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Je vois déjà les vendeurs d'illusion emboucher les vuvuzelas pour nous claironner la même rengaine lassante et nous dire combien le Cameroun de la deuxième mi-temps a montré qu'il a un mental et garde toutes ses chances d'aller au second tour, en témoigne cette frappe rageuse de Mbia qui est allée mourir sur la transversale du gardien nippon.

Un proverbe Bamoun dit: "On ne peut pas voir la vérité et aller consulter un voyant". La vérité est là. Les Lions ne sont pas au point. On attendait ce fameux 14 juin, pas forcément pour voir tomber le Cameroun, mais pour voir ces nouvelles tactiques que Paul Le Guen cachait sous sa manche. C'est le même jeu décousu avec des joueurs qui se cherchent. C'est la même équipe qui balance de longues balles vers l'avant en quête d'une tête errante. Bref, une équipe qui, par moment peut avoir quelques belles phases de jeu, mais qui, au demeurant, reste une équipe faible qui n'augure rien de bon.

Lorsqu'on est dominé dans son domaine de prédilection, il faut avouer sa faiblesse. On attendait que les Lions imposent aux Japonais un combat physique redoutable en les dominant dans le jeu aérien. Qu'a-t-on vu? Des lutins nippons gagnant tous leurs duels devant des grands gabarits, tétanisés. Ces Japonais ont tout misé sur ce premier match qu'ils ont bien préparé. Ils ont épié les Lions en passant même outre les instructions des entraînements à huis clos. Pendant ce temps, que faisaient nos malheureux Lions? Empêtrés qu'ils sont dans le bling bling, le "clinquant" de leur troisième hôtel le plus cher, ils ne pouvaient que se laisser berner par des analystes du dessous et autres prestidigitateurs pédants qui ont rempli les pages web des "le Japon n'est pas une foudre de guerre".

Le problème Eto'o

Rendez-vous était pris pour ce match contre le Japon. Le match de la vérité qui a rouvert les plaies mal pansées par le politiquement correct, la langue de bois, la caresse dans le sens des poils, les prières oecuméniques, les incantations des Mbombog, qui ne peuvent en aucun cas tenir lieu d'un fond de jeu, des automatismes entre les joueurs, de la rage de vaincre, ce fameux "Hemlé" qui a lui aussi foutu le camp. Finalement, la peur de mal faire de Paul Le Guen, très frileux sur le banc, a déteint sur les joueurs qui sont pour la plupart en petite forme. Même s'il est hâtif de tirer des conclusions, l'apport du Breton sur le plan tactique et schéma de jeu, c'est "peanuts". Avant de faire mieux que leurs aînés de 1990, ces Lions doivent d'abord cravacher dur pour traverser le premier tour. Une mer à boire!

Il ne faut pas forcément être jaloux pour relever le faible impact d'Eto'o sur le jeu des Lions. Il s'amenuise au point de se réduire à quelques raids solitaires. Avant, on nous disait qu'il "attire les défenseurs" pour donner l'opportunité à ses coéquipiers de l'attaque de marquer. Puis, on nous a dit que ses partenaires de l'équipe nationale n'ont pas le même niveau que ceux qu'il a en club. Arguments spécieux. L'Eto'ocentrisme a sérieusement entamé la culture footballistique camerounaise. On ne pense plus équipe, on pense individu. De mémoire de Camerounais, les Lions n'ont jamais reposé sur une seule personne. À méditer.

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