17/06/2010 12:02:36
Eto'o charge Le Guen
 Jamais avare de mots, l'attaquant a chargé Paul Le Guen sur sa mise en place tactique face au Japon.
Le Figaro
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Après les piques de Roger Milla et l'atmosphère délétère qui règne au sein de la sélection camerounaise, c'est au tour de Samuel Eto'o de se distinguer. Jamais avare de mots, l'attaquant a chargé Paul Le Guen sur sa mise en place tactique face au Japon. Ambiance.

Trois jours après la déconvenue logique face au Japon (0-1), Samuel Eto'o tombe le masque. L'attaquant intériste a surfé sur le mécontentement croissant qui règne autour de Paul Le Guen pour plomber un peu plus l'ambiance au sein de la sélection : «Le Cameroun a pris le choix de prendre Paul Le Guen en sélectionneur et il faut qu'il se mette face à ses responsabilités. A la fin du Mondial il devra rendre des comptes, tout comme moi en tant que joueur», a déclaré l'attaquant mercredi soir, au micro de Canal +. Un match à peine aura donc suffi à effacer les fragiles sourires de façade des Lions Indomptables. Car après s'être impliqué dans la faillite collective de son équipe, Eto'o a toute de même tenu à préciser que son niveau de jeu en sélection dépendait surtout des choix tactiques de l'ancien coach du Paris Saint-Germain : «J'ai joué dans un registre où Paul Le Guen souhaitait que je le fasse parce qu'il trouvait que l'équipe avait peut-être un coup à jouer si je jouais à droite. J'ai défendu comme un latéral, j'ai attaqué, j'ai essayé de mettre mes coéquipiers dans les meilleures conditions pour qu'ils puissent terminer le boulot. [Mais] J'ai joué toute ma vie à un certain poste [attaquant de pointe, ndlr]. Je suis le meilleur buteur de l'équipe nationale de l'histoire du football camerounais parce que j'ai joué à un certain poste», a poursuivi l'attaquant, histoire de rappeler que n'est pas Mourinho qui veut...

Ambiance délétère
On est donc loin des propos confiants et très optimistes de l'ancien buteur barcelonais à la veille du match face au Japon, où il n'hésitait pas à annoncer sobrement : «Le Cameroun peut remporter la Coupe du Monde». Au contraire, à quelques jours d'affronter le Danemark pour un match déjà décisif, les problèmes affluent de toute part côté Lions Indomptables. Iva Mohammed, le président de la fédération, a même dû intervenir pour calmer les esprits cette semaine : «On n'a pas besoin d'être amis pour jouer au foot et on ne leur demande pas de partir ensemble en vacances», a-t-il commenté sur les problèmes relationnels qui semblent gangréner la sélection. Une atmosphère pesante qui n'est pas uniquement le fruit de la défaite face au Japon. Avant le Mondial, la sortie médiatique du légendaire Roger Milla envers Samuel Eto'o le jugeant trop mou et pas assez décisif sous les couleurs nationales avait commencé à faire vaciller le fragile équilibre de l'équipe. Des déclarations qui commençaient d'ailleurs à trouver une certaine résonance chez les supporteurs camerounais qui gardent en travers de la gorge l'élimination de leur nation en qualification pour la Coupe du Monde 2006 sur un pénalty manqué par Pierre Womé… que n'avait pas souhaité tirer Eto'o. Autant dire que pour sortir de cette crise de confiance, les protégés de Paul Le Guen n'ont maintenant plus trop le choix. Il leur faudra s'imposer face au Danemark et au Pays-Bas pour ne pas repartir bredouilles et amers de ce premier Mondial africain.

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