18/06/2010 02:38:30
Lions indomptables : Sauver ce qui peut encore l'Ítre...
Le Cameroun fait la Une là où on l’attendait le moins. Cette fois, les sempiternels problèmes de primes ont cédé la place au clanisme, aux luttes de leadership et à l’anarchie endémique qui, au fil des ans, devient la marque de fabrique des lions.
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Avoir misé sur les Lions avant la coupe du monde 2010 s’avère être un pari risqué. Au moment où les équipes africaines commencent à plier bagages, le Cameroun, vu ses dissensions internes, se rapproche plus vers la porte de sortie. Ce sera tout naturel. Ces lions, avec leurs griffes acérées, sont plus occupés à se manger les uns les autres qu’à dompter leurs adversaires. Du coup, les apprivoiser n’est plus une gageure. Les japonais l’ont fait, les danois le feront sans doute. Quid des hollandais ?

La tanière des lions est, depuis quelques années, le terreau des egos surdimensionnés, le repaire du laisser aller et de l’amateurisme. Tous ceux qui y entrent ou s’y frottent deviennent de facto aliénés par la « culture » ambiante marquée par les intrigues, les tabous et la langue de bois. C’est une tanière où certains joueurs ont pris un bail emphytéotique et revendiquent le statut de cadre et de titulaire. C’est une tanière que certains joueurs quittent sans plus jamais y revenir, sans qu’on ne sache exactement la cause. Tout ceci et bien d’autres facteurs ont entraîné l’implosion que nous vivons en spectateurs stériles. Cette écurie d’Augias, personne n’a encore eu le cran de la nettoyer. Quand bien même il y a un simulacre de nettoyage, c’est avec un plumeau.

Samuel Eto’o, promu capitaine de la tanière depuis l’arrivée de Paul Le Guen est au centre de toutes les tensions. Son capitanat ne fait pas l’unanimité au sein du groupe où son leadership est contesté. Du coup, on vit une balkanisation où les clans se regardent en chiens de faïence, au détriment de l’équipe qui s’enlise. Même si d’aucuns, pour relativiser soutiennent que des clans, ça existe partout, il demeure que la problématique est loin d’être celle de l’existence des clans, mais de son impact sur la performance et les résultats. Ainsi, l’absence d’Alexandre Song lors du match contre le Japon ne serait qu’une manifestation de ce clanisme qui pourrit l’atmosphère dans la tanière.

« Je n’ai pas de problème particulier avec Samuel Eto’o » dixit Achille Emana - « Moi aussi Achille je n’ai pas de problème avec toi » rétorque Eto’o dans une conférence de presse placée sous le signe d’aplanissement des différends. Voyons ! Ces déclarations lénifiantes teintées d’hypocrisie ne révèlent-elles pas à elles seules le fossé étanche entre les clans dont ces deux protagonistes ne sont que des têtes de pont ? Pourquoi avoir attendu le mondial pour élargir le fossé et attiser le feu de l’antagonisme ? Samuel Eto’o qui dit à qui veut l’entendre qu’il a toujours été leader dans cette équipe a du mal aujourd’hui à assumer ce statut, lui qui porte une part non négligeable de responsabilité dans ce climat délétère qu’il a contribué à installer au sein des lions avec sa condescendance et son orgueil de démiurge. Normal. « Les moutons marchent ensemble, mais ils n’ont pas les mêmes prix. »

Si l’on peut se réjouir des extincteurs sortis ça et là pour éteindre le feu, on est en droit d’avoir des crantes sur la démarche qui, non seulement conforte les clans dans leurs positions, s’immisce dans le domaine technique en demandant aux joueurs « cadres » de proposer une équipe type et un schéma de jeu ! On comprend là toute la portée des exclamations de l’artiste camerounais Njohreur : « mais quel est ce pays là où tout le monde veut être Paul Le Guen, sans maillot ni godasse ! » C’est le Cameroun. Ce pays qui doit (impératif catégorique) passer le premier tour « même s’il faut verser le sang ! »

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