22/06/2010 02:57:29
Gaza: l'allègement du blocus, et après?
La levée de l'embargo sur les biens civils, décrétée par Israël, est saluée par la communauté internationale. Mais les tensions persistent.
L'Express
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L'allègement du blocus de Gaza est-il "la meilleure décision qu'Israël pouvait prendre"? C'est ce que soutient Benjamin Netanyahu ce lundi 21 juin au lendemain de l'annonce de cette mesure.

Israël répond ainsi à de fortes pressions internationales après l'assaut sanglant de la marine israélienne le 31 mai contre une flottille qui tentait de "briser" le blocus en place depuis quatre ans. Hilary Clinton et Tony Blair ont ainsi participé aux débats. Cette mesure "retire au Hamas son principal argument de propagande et nous permet, ainsi qu'à nos amis dans le monde, de nous rassembler autour de nos revendications justifiées en matière de sécurité", a plaidé le Premier ministre israëlien, lors d'une intervention devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement.

Côté palestinien, ni l'Autorité palestinienne ni le Hamas ne se satisfont de la levée partielle de l'embargo. Mahmoud Abbas exigeait toujours la levée totale du blocus et le Hamas a pour sa part dénoncé "une décision vide de sens". Côté israélien, d'autres voix discordantes se sont élevées. Mais pour dénoncer trop de laxisme. Le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a estimé que la décision allait "aider indirectement le Hamas à renforcer son pouvoir". "Il ne faut pas se voiler la face: tout ce qui rentre à Gaza passe sous le contrôle du Hamas qui effectue ensuite comme bon lui semble la répartition" des marchandises.

Un renforcement du blocus sécuritaire?

Benjamin Netanyahu n'a pas pourtant pas autorisé la levée du blocus sans contrepartie. La vigilance d'Israël quant à la circulation de matériel militaire sera renforcée. Le Premier ministre a ainsi estimé que les projets d'expéditions maritimes d'Iran et du Liban à destination de Gaza relevaient "de tentatives de l'Iran et du (mouvement chiite libanais) Hezbollah de forcer le blocus maritime et sécuritaire autour du Hamas". "C'est pourquoi la décision du cabinet (de sécurité) est aussi importante, a plaidé le Premier ministre. Elle nous donne une raison légitime aux yeux de nos amis dans le monde pour renforcer le blocus sécuritaire tout en levant le blocus civil".

Pas sûr pourtant que l'initiative israélienne décourage les prochaines flottilles humanitaires. Le ministère libanais des Transports vient de donner son feu vert au départ d'un bateau à destination de Gaza, qui rassemblera des dizaines de journalistes libanais et étrangers.

En tout cas, l'annonce de Netanyahu a des effets tangibles. Les premières marchandises à "usage civil" autorisées par Israël ne sont mêmes pas encore arrivées à Gaza que les commerçants de produits de contrebande de Rafah s'empressent de liquider leurs stocks, de crainte d'une brutale chute des prix. Au marché Al-Najma de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, où aboutissent les marchandises acheminées par les tunnels creusés sous la frontière avec l'Egypte, les tarifs ont déjà commencé à baisser.

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