23/06/2010 12:33:44
Retour: Le Guen redoute son accueil au Cameroun
Paul Le Guen l’entraîneur sélectionneur des Lions Indomptables a émis des sérieuses réserves quant à sa venue au Cameroun. Le technicien breton craint pour sa sécurité
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Lundi dernier 21 juin 2010, le chef de la délégation officielle du Cameroun a eu une entrevue avec les Lions Indomptables. Pendant la huitaine de minute qu’a duré cet échange, il était question pour Michel Zoah ministre en charge du Sport et l’éducation physique, de demander à toutes les composantes de la délégation, principalement l’encadrement technique et les joueurs, de regagner tous ensemble Yaoundé après le match de demain jeudi 24 juin. L’objectif affiché par l’homme d’Etat Michel Zoah est, une fois au Cameroun, qu’une mise au point soit faite aux fins de mettre chacun face à ses responsabilités, devant tout le peuple camerounais. Un peu comme un prélude, le capitaine des Lions Samuel Eto’o Fils n’avait-il pas affirmé sur Canal+ que le sélectionneur et lui devront rendre compte aux Camerounais? Selon des sources bien introduites, c’est l’escale de Yaoundé qui fait problème.

Et pour cause, Paul Le Guen l’entraîneur sélectionneur des Lions Indomptables a émis des sérieuses réserves quant à sa venue au Cameroun. Le technicien breton craint pour sa sécurité. L’entraîneur des Lions a demandé au ministre Zoah un dispositif particulier pour sauvegarder et assurer sa sécurité. Il se doute bien que le peuple camerounais ne va plus lui dérouler le tapis rouge comme lors de sa prise de fonction il y a six mois à Yaoundé. On se rappelle que l’Etat avait alors mis les petits plats dans les grands pour accueillir celui qui était le « messie » d’alors. Près de cent cinquante million du contribuable camerounais ont été ainsi dépensés pour faire honneur à Le Guen.

L’amertume

On est bien loin de cette époque là dirait-on. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Ceux-là même qui ont orchestré cette cohue autour de l’arrivée de Paul Marie Le Guen, sont les premiers à le « vomir » littéralement après la déception et l’humiliation infligée à tout le peuple camerounais par l’élimination dès la deuxième journée des matches de poules de son équipe de football. Si Le Guen appréhende sérieusement l’accueil à lui réserver par le public, c’est qu’il est bien conscient du courroux et de l’amertume des Camerounais. Et connaissant la triple relation fusionnelle, passionnelle et passionnée entretenue et vécue par l’équipe nationale du Cameroun et son public, on comprend aisément pourquoi ce breton qui a toujours mis en exergue son caractère preux, devient de but en blanc à la limite poltron. N’a-t-il pas déclaré qu’il assumait « tout » après la défaite concédée contre le Danemark? Le sélectionneur des Lions dont le contrat arrive à son terme après le Mondial se rappelle certainement que cette relation atypique entre les Camerounais et les Lions est souvent parsemée des débordements extrêmes quand les résultats ne suivent pas comme c’est le cas en Afrique du Sud. On se souvient encore du penalty anecdotique de Pierre Womè Nlend qui prive le Cameroun de sa participation au tournoi majeur de la FIFA organisé par l’Allemagne en 2006.

De cette épisode triste du football camerounais, des plaies sont jusqu’ici béantes dans la mémoire collective camerounaise. Le joueur qui a loupé l’occasion de marquer le but libérateur est toujours persona non grata au sein de la tanière des Lions. Bien plus, des distensions demeurent entre certains cadres de l’équipe et Womè malgré ce qu’on voudrait bien faire croire au grand public. Si Le Guen a peut-être des raisons d’avoir peur pour sa sécurité -ce qui est déplorable-les Camerounais toute proportion gardée, doivent apprendre à perdre et surtout à tirer les leçons d’une défaite afin de mieux rebondir. La stratégie du bouc émissaire dans laquelle le Camerounais excelle est vaine et inutile.

Jacques Willy Ntoual

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE