30/06/2010 14:22:35
30 juin 2009 - 30 juin 2010 : Le bilan que Yang veut éviter
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Après trois cent soixante cinq jours à l’immeuble étoile, le Premier ministre est loin d’avoir tenu les promesses que son arrivée avait suscitées. Le deuxième vice-président du Sdf évalue son action.
Douze mois déjà...

Cet anniversaire, - le tout premier du gouvernement mis en place le 30 juin 2009-, l’entourage du Premier ministre semble n’en faire pas une affaire d’Etat. Des proches de Philemon Yang préfèrent des formules lapidaires bien ciselées, à quelque évaluation. C’est qu’ils dédaignent les bilans et raffolent des slogans.  Une attitude adossée sur une  rhétorique de l’évitement sur le mode : « Le patron travaille et laisse les autres juger de son action ». Le  temps des embarras ?

Il est vrai qu’en douze mois, le « chef du gouvernement » s’est illustré par un déploiement tout en rupture et continuités par comparaison avec ses prédécesseurs immédiats. Il est alors apparu studieux ( de longs mois d’apprentissage des usages et des personnages), effacé, lisse ( sans que son action soit créditée de ces aspérités qui rythment le règne des premiers ministres sous d’autres latitudes, ou en d’autres époques, sous les nôtres) au point de suggérer que  cette posture pourrait soit tenir de son tempérament, soit procéder d’un certain réalisme, dans ce jeu institutionnel et cette distribution des rôles  où le Premier ministre dispose rarement de coudées franches ; où la figure  présidentielle, dominante et tutélaire opère comme un totem ; et où des personnels gouvernementaux disposent et/ou animent des réseaux redoutables d’efficacité pour certains, mettent en branle de puissants relais y compris dans l’entourage immédiat du président de la République, quand la liaison directe avec le chef de l’Etat n’est pas muée en mode de fonctionnement quasi absolu,   pour d’autres.  De sorte que finalement une République parallèle, souvent informelle, tend parfois à s’instituer comme couloir administratif de prédilection…

Douze mois ont donc passé. Sans qu’un investissement saillant du PM sur la scène fasse véritablement date, si l’on excepte les pratiques routinisées qui sont chevillées à ces fonctions : conseil de cabinet – dont on peine à évaluer l’impact réel sur l’activité gouvernementale et les orientations stratégiques de l’équipe en place- ; devoir de représentations – dont les déclinaisons s’offrent régulièrement en un ballet d’audiences accordées aux personnages de divers profils, sans qu’on en détermine l’efficacité et les retombées réelles.

Le domaine économique apparaît ainsi comme celui qui cristallise de manière significative, l’impuissance, si ce n’est l’impotence du PM à inscrire son action dans la logique d’une authentique rupture d’époques consacrée par renversement de perspectives dans le cadre des relations  entre le Cameroun et le Fonds monétaire international. De ce point de vue, non seulement le pays a dû repousser l’échéance de la formulation de sa propre politique économie,  mais en plus, des initiatives notoirement concurrentes se sont affrontées  au sein du gouvernement, en prévision des négociations désormais incontournables avec l’institution de Bretton Woods au sujet d’un nouveau programme économique. Les puristes de la cohésion gouvernementale en sont pour leurs frais…On pourrait naturellement évoquer les incertitudes qui s’amoncellent sur le ciel d’Ebolowa, s’agissant de la tenue effective du Comice agricole annoncée pour  cette année, avec les atermoiements, les pseudo avancées et les vraies reculades, le ponce-pilatisme. Une échéance qui à elle seule, donne la pleine mesure de l’incurie, et du bricolage qui travaille le gouvernement en place.

On serait aussi avisé de s’attarder sur «  la lutte contre la corruption », lourde de ses leurres – il de notoriété publique que la gestion des aspects stratégiques de cette opération que l’on espère de salubrité publique relève de la volonté souveraine du président de la République, alerté par le Vice Premier ministre, ministre de la Justice, Garde des Sceaux et /ou le ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République- et de ses vaines prétentions – il est acquis que des options telle que le programme Choc ( Changer des habitudes, s’opposer à la corruption) sur lequel le Pm a greffé son empreinte il y a quelques semaines, traduisent d’abord une volonté des bailleurs de fonds de forcer la main à un pouvoir frileux.. Encore n’a-t-on pas insisté sur le domaine social, riche de ses programmes hypothétiques (les logements sociaux en constituent un pilier)…

L’heure n’est pas au bilan ? Tout dépend des pendules et des calendriers. Il y en a dont les données sont implacables : ce premier anniversaire du gouvernement Yang I   survient à quelques seize mois de la fin d’un septennat inauguré en 2004, sous le signe des « Grandes ambitions », dont on se contente encore de ...petits pas. Et nul ne sait jusques à quand  court le bail de l’actuel locataire de l’immeuble étoile.

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