08/07/2010 22:55:04
Information judiciaire contre deux journalistes incarcérés
YAOUNDE — Une information judiciaire a été ouverte au Cameroun contre deux journalistes de la presse privée incarcérés depuis mars, a annoncé jeudi à l'AFP une source judiciaire proche de leurs dossiers, sous couvert de l'anonymat et sans préciser le motif de cette action.
AFP
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Selon cette source, la procédure vise Serge Sabouang, directeur de publication du bimensuel La Nation, et Robert Mintya, du journal à la périodicité aléatoire Le Devoir, écroués depuis le 10 mars. Un journaliste de l'AFP a vu les deux hommes jeudi au Palais de justice-Centre administratif de Yaoundé. Ils ont décliné tout commentaire.

M. Sabouang "a été entendu ce jour (jeudi) à Yaoundé par un juge d'instruction. M. Mintya devait être également entendu mais son audition a sans doute été ajournée, celle de son confrère s'étant achevée tardivement", a affirmé cette source, précisant que ces auditions étaient "synonymes d'ouverture d'une information judiciaire" à leur encontre.

Cette information judiciaire pourrait durer jusqu'à 18 mois, selon la législation pénale camerounaise.

MM. Sabouang et Mintya avaient été écroués en même temps que Ngota Ngota Germain dit Bibi Ngota, directeur de publication de l'hebdomadaire privé Cameroun Express, qui est décédé en détention le 22 avril.

Avant d'être placés sous mandat de dépôt, les trois hommes avaient été inculpés de "faux et usage de faux". Les autorités les accusent d'avoir "imité la signature du secrétaire général de la présidence de la République", Laurent Esso, "sur des documents dont ils se servaient pour (lui) faire du chantage".

Récemment, la presse camerounaise a évoqué une requalification des accusations à leur encontre, qui a été confirmée jeudi à l'AFP par une source impliquée dans la procédure et ayant requis l'anonymat.

"Le motif de faux et usage de faux retenu dans un premier temps (...) a été changé. Actuellement, il s'agit de coaction de contrefaçon de marque et signature", a affirmé cette source.

Selon des sources concordantes, la justice impute aux journalistes la fabrication d'un faux document dans lequel M. Esso "demande" au patron de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) de payer une commission d'environ 1,4 milliard de FCFA (2,1 millions d'euros) à trois personnalités locales pour leur implication dans l'achat d'un "bateau-hôtel" baptisé "Rio Del Rey".

Les deux journalistes écroués clament leur innocence, selon leurs précédentes déclarations à l'AFP et leurs avocats. Chacun d'eux a introduit une demande de mise en liberté provisoire, qui a été rejetée, d'après des sources concordantes.

Un quatrième journaliste, Simon Nko'o, présenté par les autorités comme "le cerveau des faussaires", est en fuite.

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