12/07/2010 19:52:21
Cinquantenaire: Les lešons de la célébration
Cinquante années après l’indépendance, l’heure de sortir de la dépendance, de la tutelle, de l’assistanat n’a-t-elle pas sonné ? Les dirigeants du football et les footballeurs ne viennent-ils pas malgré les dotations énormes mises à leur disposition, de trahir et d’humilier tout un peuple, une jeunesse rêveuse...
La citÚ
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

1 - Annonce de la célébration :


Quand le Président Paul BIYA a annoncé, dans son discours du 31.12.2009, la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance et de la Réunification du Cameroun avec comme point culminant une Conférence Internationale à Yaoundé avant le 20 Mai 2010, beaucoup d’entre nous n’y ont pas cru. Dénonçant l’esprit d’improvisation, d’autres, le non respect de la date du 1er janvier, vraie date pour la commémoration de notre indépendance. Les esprits frileux sont restés circonspects en comparant le temps de préparation pris par les autres nations sœurs pour organiser ces festivités et les délais impartis ici au Cameroun.
C’est le 4 Février 2010 que le Président de la République a décidé de confier l’organisation des festivités du cinquantenaire à son Directeur de Cabinet Civil.
Déceptions et désenchantement pour tous ceux qui avaient déjà pris des engagements ayant la certitude qu’ils se verront confier la mission.
L’on pouvait aussi dénoncer le caractère intimiste et élitisme de cette célébration organisée et gérée exclusivement au Palais.
Le résultat et les retombés se sont montrés plus parlant que les critiques.
Les avis fusent pour montrer que la cérémonie a été menée avec maestria :
Quand le souci de bien faire est imprimé par le Chef de l’Etat lui-même, tout devient possible. En dépit de quelques vents contraires, quelques dysfonctionnements sciemment orchestrés, il est difficile de nier que notre cinquantenaire a connu un succès retentissant.
Un aréopage d’exception : Neufs chefs d’Etats, une cinquantaine de délégations composées de personnalités de marque venant de pays amis du Cameroun, des éminences universitaires venues prêter main forte à la réflexion sur l’avenir de l’Afrique souhaitée par le Président BIYA.

2 – les partis politiques : Autant celui qui est au pouvoir le RDPC, que ceux de l’opposition ont brillé par leur absence.

Aucun débat de fonds sur le cinquantenaire, aucune prise de position, aucune capacité de mobilisation de leurs militants pour cette célébration qui n’était pas celle du Président BIYA seul, mais bien celle de tous les citoyens camerounais.
Une participation intéressée au défilé déteinte et même gâchée par les militants de SDF qui ont étalé aux yeux de nos hôtes nos combats internes avec leurs tracts ridicules. Preuve s’il en était encore besoin qu’au Cameroun il n’y a pas d’opposition, ou alors il y a une belle complicité entre l’opposition de façade et le pouvoir. Quelle honte !!! Où étaient les militants du RDPC pendant toutes les deux semaines de célébration, d’accueil de nos invités ? Absents. La démonstration de force au défilé moyennant quelques billets de CFA a impressionné les étrangers mais c’est aussi le signe que ce grand parti ne sait que défiler, manger et danser ? Dommage pour notre démocratie. Dans tous les autres pays africains où la célébration a eu lieu, la démocratie était visible.

3 – L’Intelligentsia camerounaise


Quel désastre ! Critiques sur critiques ! On n’a pas cité les noms des héros, des martyrs dans les discours... On n’a pas construit des panthéons ! On ne nous a pas associé ! Les jeunes générations camerounaises ne connaissent pas l’histoire de notre pays ! A qui la faute ! Qui devrait la leur enseigner ? Qu’est-ce que nos éminences grises ont fait pour que les générations futures aient un nouveau départ à partir de cette célébration ? Les conférences où ils ont été activement associés n’auront pas été conclues comme nous l’attendions.
Aucun compte rendu fiable.
Où sont les Rousseau, les Voltaires et autres portes étendards des « Lumières » d’Europe, de notre Afrique… De notre Cameroun !


4 – La Société Civile

Qu’avons-nous fait de significatif pour marquer ces cinquante années d’existence. La presse, les associations, les ONG, les Eglises, les Syndicats hormis les critiques.  Est-ce que la seule participation de l’Eglise se limite à la célébration d’une messe ?

5 – Le Secteur Privé et le parapublic

Même avec la volonté affirmée du Chef de l’Etat de l’associer aux manifestations, le Secteur Privé et Parapublic ont boudé l’évènement. Alors que certains de ses membres disposent de colossaux budgets qu’ils investissent plus pour la promotion de leurs propres images, avec l’argent du contribuable pour certains, que celle du pays, de la patrie qui les a fait. Et ils sont plus prompt à financer les supports de communication et les manifestations des Chancelleries étrangères.

 

6 – le Gouvernement

La plupart de ses membres n’ont-ils pas passé le temps à saboter les actions prévues et distraire les budgets alloués à l’évènement ? L’incompétence de certains n’a-t-elle pas été étalée au grand jour ? Dire qu’ils jouissent de l’argent du contribuable pour faire régresser le pays dans les intrigues, les médisances, la jalousie, les pratiques occultes, la cupidité et les détournements de fonds, leur sport favori (pour certains)




7 - La Communauté internationale


Le laisser faire, le manque d’accountability, la tolérance du mal fait font aujourd’hui, cinquante ans après l’indépendance des pays africains, le constat amer de l’inachevé. Nous sommes tous responsables. Les Africains d’abord, mais aussi leurs amis qui ne disent pas la vérité.


8 – Et vous Mr. et Mmes les députés ?

Qui mieux que vous devait porter le flambeau du bilan ?
Les générations actuelles et futures n’auraient-elles pas souhaité avoir par exemple un Almanach de tous les députés depuis 50 ans ? Les textes adoptés ? Aujourd’hui que vous avez des microprojets, les bilans par circonscriptions ? Peut-être fallait-il un budget pour permettre aux uns et aux autres d’avoir des marchés ?

9 – Le pouvoir judiciaire

La justice n’aurait-elle pas fait son introspection pour savoir où elle en est dans l’évolution de son indépendance ?
Le seul discours incisif du Président de la Cour Suprême suffit-il ? La justice ne doit-elle pas justifier l’utilisation à ce jour du Code napoléonien ? Où est notre Code Civil, notre Code des personnes et de la Famille, le Code électoral ? Le Consul constitutionnel ? La haute cour de Justice ? Le Senat ? La spécialisation des magistrats, des avocats et autres corps de justice ? 


10 – La fête était élitiste mais pas populaire


Les Gouverneurs, les Préfets, les Sous Préfets, les consuls et les ambassadeurs ont vu leurs dotations doubler pour permettre à tous les camerounais de participer et réfléchir pendant cette fête. Qu’ont-ils fait d’importantes sommes allouées d’autant plus qu’ils faisaient partie intégrante du Comité National d’organisation qui a été décentralisé à leur niveau.

Conclusion


Certes le politique donne le las.  
Cinquante années après l’indépendance, l’heure de sortir de la dépendance, de la tutelle, de l’assistanat n’a-t-elle pas sonné ? Les dirigeants du football et les footballeurs ne viennent-ils pas malgré les dotations énormes mises à leur disposition, de trahir et d’humilier tout un peuple, une jeunesse rêveuse…
Réveillons nous, ressaisissons nous, faisons des introspections personnelles avant qu’elles ne soient collectives.
L’amour de la patrie commence par l’amour de soi même, de sa famille, de son clan, de sa région, et enfin de son pays.
Que voulons-nous ?-nous Camerounais, à l’aube de ce cinquantenaire qui s’achève ? Le monde change. Le monde bouge. Evitons d’être bientôt les derniers. Le progrès lui ne s’arrête pas.

Pauline Biyong

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE