13/07/2010 14:36:10
Paul Biya en Europe, le sérail accentue la guerre des clans
Le président Paul Biya a quitté le Cameroun hier en fin de matinée. Selon un communiqué du directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou rendu public quelques temps après le décollage de l’avion présidentiel, Paul Biya se rend en Paris sur invitation de son homologue français, Nicolas Sarkozy pour prendre part aux cérémonies marquant la fête nationale française.
Le messager
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 Paul Biya sera donc absent du pays pendant quelques temps. Le temps certainement pour les réseaux les plus ténébreux, et autres clans antagonistes qui s’affrontent au sein du sérail politique camerounais de se mouvoir et de développer leurs tentacules. Pourtant, comme d’habitude, l’arrivée du président de la République hier au pavillon présidentiel de l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen a présenté de manière apparente l’image d’un pays où les dignitaires du régime et autres proches collaborateurs de Paul Biya sont solidaires et soudés autour du chef. Le chef de l’Etat a ainsi entre autres serré les mains du Premier ministre Yang Philémon, du ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso, du délégué général à la sûreté nationale, Emmanuel Edou...

Au cours des brèves audiences qu’il a accordées à chacune de ces trois hautes personnalités, on imagine que le président de la République a donné des instructions sur l’organisation du travail gouvernemental dans ses différents compartiments. Avec comme point fort la solidarité gouvernementale. Paul Biya n’a jamais cessé de faire rappeler à ses principaux collaborateurs et aux autres personnalités du sérail la nécessité de faire un front uni et solidaire dans l’action gouvernementale. A plusieurs reprises, dans ses instructions adressées aussi bien au gouvernement qu’aux cadres et responsables de son parti, le Rassemblement démocratique du peule camerounais (RDPC), l’accent a toujours été mis sur l’aspect solidarité. Mais les divisons et dissensions devenues quasi meurtrières au sein du landerneau politique camerounais sont t-elles que de nos jours, les membres du gouvernement, tout comme les cadres du parti au pouvoir sont malheureusement incapables de faire preuve de solidarité à temps et à contretemps.

Au combat !

Ces derniers mois, les exemples sont édifiants. Un hiérarque du régime en place approché par Le Messager explique : « Il y a plusieurs nids de conflits au niveau du sérail. Il faut dire que l’ambiance de travail entre ses ministres a toujours été détestable. Mais ces derniers temps, il y en a qui peuvent s’empoigner. On a d’abord l’affaire du fameux poisson d’avril sur René Emmanuel Sadi qui a créé des dissensions énormes entre les collaborateurs du président et les personnalités qui lui sont proches. C’est vrai que les journalistes qui ont lancé cette affaire ont plaidé leur bonne foi. Mais au niveau interne du système, on n’a pas senti que le sérail qui pouvait être fragilisé par cette affaire était soudé face à cette « attaque » extérieure. »

Et de continuer « Il en est de même, et plus gravement encore de la terrible affaire du défunt Bibi Ngota. On a le souvenir que cette affaire a mis en cause une autre haute personnalité du sérail, à savoir l’actuel ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso. On sait que le président Paul Biya a commandé une enquête judiciaire sur cette douloureuse affaire. Il aurait même déjà reçu les conclusions. Mais le plus troublant se trouve dans l’attitude des personnalités qui animent le système en place. Franchement, on ne peut pas comprendre qu’au lieu de manifester leur solidarité vis-à-vis d’une personnalité aussi importante du régime, qui plus est un proche collaborateur du président, d’autres personnalités que l’on croit être acteurs du régime en place se lancent plutôt dans des appels claniques ubuesques. En fait face à cette affaire qui a suffisamment terni l’image du pays et du régime en place, au sein du sérail politique, Laurent Esso a tout simplement été lâché par tous. Y compris son parti, le RDPC, le parti au pouvoir. Personne, mais alors personne, notamment au niveau de la communication au sein de cette formation politique qui dirige le Cameroun n’a cru bon de venir à son secours. Regardez ce qui se passe comme aujourd’hui en France avec l’affaire Woert-Bettancourt. L’UMP, le parti au pouvoir en France a officiellement manifesté sa solidarité avec non seulement le président français, mais aussi avec le ministre français du Budget sur qui pèsent pourtant de lourds soupçons. L’UMP est même allé plus loin en prenant la défense du président Sarkozy et du ministre Eric Woert. Au Cameroun, c’est tout à fait le contraire : comme dans l’affaire du poison d’avril avec René Sadi, le RDPC et les pontes du régime ont laissé faire. Confirmant ainsi la division du sérail. En fait chacun ne pense qu’à affaiblir l’autre et se positionner au cas où…. Voilà la réalité».

Au final, on peut dire ceci : Paul Biya absent du Cameroun, les nids de conflits se ravivent. Les membres du sérail polissent déjà les dossiers les plus meurtriers les uns contre les autres. D’ici au retour du chef de l’Etat, certainement qu’on apprendra bien de choses. Ceci hélas, par médias interposés. Alors bon combat !

JF Channon

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