14/07/2010 06:21:48
Mines : Une nouvelle société l'assaut de l'or Bétaré Oya
Après C&K Mining, l’arrivée de Caminco va booster le sauvetage de 6 tonnes d’or devant être ennoyées par le barrage de Lom Pangar.
Mutations
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Le rythme du sauvetage des 6 tonnes d’or menacées d’ennoiement par la mise en eau du barrage réservoir de Lom Pangar ne sont pas des plus reluisants. En effet, près de 3 ans après le lancement en octobre 2007 de cette opération par la société Cameroon and Korea Mining (C&K Mining), en joint-venture avec le Cadre d’appui et de promotion de l’artisanat minier (Capam), un programme du ministère camerounais de l’Industrie ; seulement quelque 450 Kg d’or ont déjà été sauvées. A cela, il faut ajouter les 10 Kg sauvés sur la même période par les artisans minier encadrés par le Capam. Calculette en main, cela fait à peine une demi-tonne d’or sauvée, soit moins de 15% des 6 tonnes menacées. Ceci à trois ans de la mise en eau du barrage de Lom Pangar, dont le lancement des travaux est annoncé pour décembre prochain.

C’est certainement fort de tout ce contexte que le ministre de l’Industrie (Minmidt), Badel Ndanga Ndinga, fonde beaucoup d’espoir dans l’arrivée dans l’opération de sauvetage de l’or menacé par le barrage de Lom Pangar, de la Cameroon Mining Corporation S.A. (Caminco S.A.), une société née d’un joint venture entre opérateurs sud-africains et danois, dont ce membre du gouvernement a présidé le lancement des activités lundi dernier à Mali, petit village situé à 7 Km de Bétaré Oya dans la région de l’Est. Les espoirs du Minmidt sont d’autant plus justifiés que, souligne Paul Ntep Gwet, le Coordonnateur national du Capam, Caminco, grâce à des équipements plus performants, se propose de produire entre 30 et 50 Kg d’or par mois, contre 8 Kg seulement pour C&K Mining actuellement.

En plus, croit savoir le ministre Badel Ndanga Ndinga, le contrat signé le 18 janvier 2010 entre Caminco S.A., le Capam et autres artisans miniers regroupés en Gics et fédération de Gics ; revêt un caractère «historique». Ceci dans la mesure où, apprend-on, ledit contrat destine la totalité de l’or produit par cette société, au renforcement des réserves d’or du gouvernement camerounais à la Banque des Etats des l’Afrique centrale (Beac). Par ailleurs, précise le Coordonnateur du Capam, au lieu de la quotte part forfaitaire mensuelle de 3,5 millions de Fcfa octroyée par C&K Mining aux parties prenantes locales, Caminco S.A. a consenti un partage de production avec les autres parties prenantes de l’opération.

Rémunération
Ainsi, 36% des retombées de la production vont être affectées à l’amortissement des coûts de production, 21,54 % vont tomber dans les caisses de l’Etat au titre de diverses taxes, tandis que 31,48% et 11% seront respectivement destinés à la rémunération de l’investisseur Caminco S. A. et les autres parties prenantes locales du projet. Comment ce partage de production va-t-il se dérouler concrètement, alors que la totalité de l’or produite par Caminco S. A. est destinée à renforcer les réserves du Cameroun à la Beac? Dans une correspondance adressée au Minmidt, et dont Mutations a pu obtenir copie, le coordonnateur national du Capam explique : A la Beac, il y a deux coffres : le coffre de Caminco qui recevra directement la totalité de l’or produit, fusionné et titré à Bétaré Oya par un comité tripartite ; et le coffre du Capam qui recevra par transfert la totalité du contenu du coffre de Caminco dès que le Capam aura versé dans le compte bancaire de Caminco l’équivalent en argent de son or. Ensuite, apprend-on, «le Capam affine cet or à 24 carats et, à la suite des formalités des ministères en charge des Mines et des finances, puis de la Beac, cet or rentre dans les réserves d’or du Cameroun à la Beac. Et puis le Capam paie la contre partie en argent au profit des autres parties prenantes».

Brice R. Mbodiam

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