15/07/2010 18:59:45
Montréal: Attention la Feymania
La police de Montréal met en garde la population contre des fraudeurs qui utilisent une nouvelle arnaque, nommée «black money», pour encaisser des sommes d'argent colossales.
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Quelques cas ont été rapportés récemment dans la métropole et les enquêteurs de la Division des crimes économiques et de propriétés du Service de police de la Ville de Montréal croient que les fraudeurs ont fait d'autres victimes.

Les fraudeurs, des hommes d'origine africaine, racolent leurs victimes par des annonces dans les journaux et sur l'internet.

La plupart du temps, ils contactent des gens qui souhaitent se départir de leur commerce. Les fraudeurs disent avoir sous la main la somme nécessaire pour acheter le commerce à vendre. Seul hic : leur argent est complètement noirci, sous prétexte que c'était la seule façon de sortir les billets ni vu ni connu de leur pays en guerre, situé en Afrique.

Les fraudeurs prétendent détenir ainsi des sommes considérables, mais disent d'abord devoir nettoyer l'argent noir au contact de billets verts en bon état.

Pour ce faire, les victimes doivent donc mélanger une somme d'argent liquide équivalente à l'argent noir. Un produit spécial est versé dans le tas de billets et le tour est joué.

Pour convaincre les victimes, les fraudeurs font alors une démonstration en utilisant de véritables billets, qu'ils noircissent d'abord dans un liquide à base d'acide et blanchissent ensuite dans un autre liquide à base d'acide.

Les malfaiteurs peuvent exiger plusieurs dizaines de milliers de dollars à leurs victimes, en leur faisant miroiter de doubler cette somme au contact de leur argent noir. L'opération de charme peut parfois s'échelonner sur plusieurs semaines. Lorsqu'un lien de confiance est finalement établi, une rencontre est organisée entre les fraudeurs et les victimes, la plupart du temps dans une chambre d'hôtel du centre-ville.

La victime se présente alors avec une somme d'argent et les fraudeurs prétendent avoir une somme équivalente dans une enveloppe. En fait, il s'agit de simples morceaux de papiers noircis. Les malfaiteurs profitent d'un moment d'inattention de leurs victimes, pour subtiliser leur argent, les remplacer par une autre pile de faux billets. Ces derniers sont alors mélangés à l'argent noir dans une enveloppe, auquel on ajoute le produit miracle.

Les fraudeurs disent alors aux victimes que le nettoyage des billets prendra entre 24 et 48 heures, en ajoutant qu'il ne faut pas ouvrir l'enveloppe pour ne pas annuler l'effet du produit. Pour rassurer les victimes, les malfrats laissent l'enveloppe en leur possession.  Les fraudeurs disparaissent alors avec l'argent des victimes tandis que ces dernières n'ont que des morceaux de papiers sous la main.

Le commandant de la Division des crimes économiques et de propriétés, Mario Lamothe, a fait une démonstration du stratagème utilisé par les fraudeurs, jeudi, dans les locaux du SPVM. Le billet est noirci presque automatiquement au contact d'un produit noir, puis blanchi au contact du liquide transparent. «Récemment, on a recensé quatre cas, mais il y en a eu quelques dizaines ces dernières années et les victimes ont perdu des centaines de milliers voire des millions de dollars», estime le commandant Lamothe.

Le réseau qui sévit présentement à Montréal aurait des ramifications internationales, mais la base serait installée en Afrique.

Les fraudeurs utilisent de l'argent américain, puisque l'amidon contenu dans la fibre du billet permet son noircissement et son nettoyage au contact de leurs produits.

Le SPVM invite donc la population à la vigilance et en cas de soupçons, elle demande de communiquer avec Info-Crime au 514-393-1133.

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