16/07/2010 07:44:03
Universités de Yaoundé I et II : Grogne autour de la prime présidentielle
Omissions et erreurs sur les listes affichées font monter la colère parmi les étudiants.
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La fièvre des examens de fin du second semestre, en cours au campus de Ngoa Ekellé, est éclipsée depuis quelques jours par la poussée d’adrénaline liée à la répartition de la prime octroyée par le chef de l’Etat. Ici et là, les conversations roulent infiniment sur les listes des bénéficiaires affichées depuis le 5 juillet dernier à la direction du centre des œuvres universitaires, à la faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines et à la faculté des Sciences. Des attroupements d’étudiants étaient encore visibles hier sur ces différents sites ainsi qu’aux lieux retenus pour le payement de la prime de 50.000 Fcfa, notamment à l’agence comptable de l’Université de Yaoundé I (UyI).

Si les mines étaient, pour la plupart, resplendissantes à la sortie du bureau de l’agent comptable et devant les babillards, ce n’était nullement le cas à l’entrée du rectorat où un groupe d’étudiants faisait le pied de grue hier, avec la ferme intention de déposer des requêtes auprès des services du vice-recteur chargé de l’Enseignement , de la professionnalisation et du développement des technologies de l’information et de la communication. Etudiante en Master II, filière Histoire, Aurélie M. indique sa surprise de ne pas voir son nom sur les listes alors que les critères d’attribution lui donnent droit à la prime présidentielle. «On nous a dit d’attendre. C’est vrai que la date-limite de dépôt des requêtes est dépassée, mais je pense que mon cas sera bien traité».
Etudiante à l’Ecole normale supérieure (Ens) de Yaoundé, Histoire IV, Martine ne comprend pas pourquoi «les listes des bénéficiaires ont été affichées depuis bientôt deux semaines, sauf dans sa filière. A présent, on nous demande de produire des requêtes et on nous accorde un délai de deux jours seulement. L’administration oublie que les étudiants de l’Ens sont en congé et nombreux sont ceux qui se trouvent hors de la ville. Et puis, est-ce normal qu’on presse quand il s’agit de payer les droits universitaires et qu’on ne donne pas le temps de revendiquer ce qui nous revient de droit», s’interroge-t-elle.

Critères
Le son de cloche de la protestation retentit également des paroles de Bernard, étudiant en Philosophie: «Le problème c’est qu’on n’a pas affiché les critères d’attribution de cette prime de l’excellence à l’avance. En plus, les gens qui doivent automatiquement bénéficier de la prime du chef de l’Etat sont exclus». Pour sa part, Borel, qui fait ses classes en Géographie Niveau II, soutient que «l’année académique ciblée pose des problèmes. J’ai eu de bonnes notes en 1ere année au cours de l’année académique 2008-2009, mais on n’en a pas tenu compte. En revanche, j’ai aperçu les noms de certains camarades dont les notes de l’année académique en cours ont été prises en compte».


Au niveau de l’agence comptable de l’UyI, de nombreux étudiants dont les noms figurent sur les listes sont recalés soit parce que leurs noms ou leurs numéros matricules ont été mal écrits. Dans l’entourage du recteur de l’université de Yaoundé I, le Pr Oumarou Bouba, ces cas se chiffrent par centaines. L’on affirme également que sur le millier de bénéficiaires, on a déjà enregistré près de 350 requêtes pour omissions de noms sur la liste des bénéficiaires de la prime octroyée par le chef de l’Etat. «Lorsque nous recevons les requêtes, nous les traitons avant de les transmettre au doyen de la faculté concernée, qui, à son tour, le transmet au chef service de la scolarité. Ce dernier diligente le dossier au chef de la cellule informatique pour les vérifications nécessaires.
Le dossier remonte alors jusqu’au recteur, qui donne l’autorisation de payement. Toutes ces opérations sont réglées en un seule journée»
. La pression des requêtes à l’Université de Yaoundé I a été telle que, dès le lendemain de l’affichage des noms des récipiendaires et des modalités de payement le 6 juillet dernier, le recteur Oumarou Bouba a été publié le 7 juillet un autre communiqué dans lequel il «demande aux étudiants susceptibles de bénéficier de la prime à l’excellence accordée par le chef de l’Etat aux meilleurs étudiants de déposer des requêtes auprès du cabinet du vice-recteur chargé de l’Enseignement assorties d’une photocopie de la fiche d’inscription pour l’année académique en cours, une photocopie de la carte nationale d’identité et une photocopie des reçus de payement des droits universitaires, au plus tard le 9 juillet 2010 à 16h». Rendu au 15 juillet, le flot des requêtes est incessant.


A l’université de Yaoundé II-Soa, l’on déplore pratiquement les mêmes manquements. Lesquels ont secrété aussi une rafale de requêtes. Plus grave, les bénéficiaires des écoles de formation (Esstic, Iric, Iford) ont été ignorés. Ceux des institutions privées d’Enseignement supérieur rongent également leur frein. Au Minesup, l’on indique soutient pourtant que privées 60.000 étudiants méritants des universités d’Etat, grandes écoles et des d’Enseignement supérieur ont été élus à la prime présidentielle de 2.900.000.000 Fcfa promise le 31 décembre 2009 par Paul Biya

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