16/07/2010 15:06:24
Opinion: Le temps de la décrépitude et des incertitudes
De la débâcle des Lions Indomptables à la dernière coupe du monde (FIFA 2010 en Afrique du Sud, à la mort de PIUS NJAWE, l'infatigable défenseur de la liberté de la presse, des libertés humaines, Le Cameroun
perd sa fierté, sa dignité et ses vrais hommes).
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 La sortie prématurée des Lions Indomptablesde la coupe du monde (2010 en Afrique du Sud) et la mort subite, tragique de M PIUS NJAWE ne sont-elles pas symptomatiques de l'amorce de la décrépitude du Cameroun? Telle est la question que l'on pourrait d'emblée, sans sombrer dans le fatalisme, le pessimisme se poser aujourd'hui au vu de ces événements désarçonnant parmi tant d'autres devenus maintenant récurrents au Cameroun.


I. De la débâcle des Lions Indomptables : Le Cameroun perd sa dignité et sa fierté
Présentés par tous les spécialistes, les experts en matière footballistique comme l'un des dignes représentants du continent africain, quels espoirs les Lions Indomptables du Cameroun ne suscitaient-ils pas chez les uns et les autres? Dans l'imagerie de bien d'africains, les prouesses d'antan des "Lions" en coupe du monde (Italie 1990) encore présentes permettaient d'envisager une participation honorable de ceux-ci à la première coupe du monde de football organisée en terre africaine. Les consignes données en ce sens au sélectionneur français des "Lions" (Paul-Marie LEGOUIN) par les autorités étaient suffisamment claires: 'Aller plus loin qu’en 1990 dans la  compétition.)
Malheureusement cette exigence alléchante brandie à tort ou à raison par les autorités occultait le climat malsain, l'atmosphère morose régnant au sein des Lions Indomptables et qui ne pouvait augurer que d'une piètre participation de ceux-ci: ils ont en effet été éliminés dès le premier tour et sont retournés au bercail sans le traître point. Du jamais vu dans l'histoire des différentes participations des "Lions" aux coupes du monde.


Les leçons de cette débâcle doivent absolument être tirés, les responsabilités des uns et des autres clairement définies, établies pour que l'esprit patriotique, l'esprit véritablement "indomptable" revienne au sein de cette équipe qui est, que ses pourfendeurs le veuillent ou pas, une source de fierté, d'orgueil national pour tous les Camerounais.

Les autorités publiques en charge du sport et dirigeants du football doivent comprendre que la solution aux problèmes des "Lions Indomptables" ne consiste pas forcément à mettre auprès de ceux-ci une panoplie de supporteurs qui passent généralement le temps à faire leurs emplettes dans les grandes surfaces sans jamais se retrouver auprès des Lions ne serait-ce que pour un simulacre encouragement, tout cela sur le dos des pauvres contribuables Camerounais. Les dirigeants sérieux ne s'intéressent pas à l'équipe nationale seulement à la
veille des grandes échéances sportives (CAN-Coupe du monde). Car depuis l'avant dernière coupe d'Afrique des Nations au Ghana en 2008, tout le monde savait que le football Camerounais battait de l'aile. A partir de cette date, on pouvait déjà identifier les failles, les faiblesses de l'équipe et y remédier illico en vue des échéances sportives futures. En en sens, l'exemple du Ghana qui a su mettre sur pied des structures stables autour de la gestion de son équipe nationale en recrutant par exemple un entraîneur pour travailler dans la durée devrait
nous inspirer.

Pendant ce temps au Cameroun, on recrute trimestriellement, semestriellement des entraîneurs aux salaires faramineux. (cf. salaire de Paul-Mari LEGOUIN: plus de 70 millions de Frcs Cfa par mois). A la fin des grandes compétitions, c'est généralement le blackout total qui est fait autour des "Lions", peut-être pour dissiper en toute quiétude et sans transparence aucune les retombées financières des dites compétitions. Il est donc temps et
urgent de mettre sur pied un "brain-trust" pour panser les plaies du football Camerounais, des problèmes au sujet desquels la responsabilité des joueurs et en occurrence celle des joueurs de l'équipe nationale est clairement établie.

Néanmoins, Je tiens à remercier l’Etat camerounais et son gouvernement pour le sacrifice rendu à la nation. Pour une fois, le gouvernement camerounais à mis à la disposition des lions indomptables tous les moyens nécessaires pour arriver au bout de leur mission. Sur ce fait, il est temps d’apprécier le geste et l’exhorter à généraliser le fait dans d’autres secteurs d’activités de la nation afin de permettre à la société camerounaise dans son entité générale de prendre un envol mélioratif du développement. Cependant, ceci n’a pas refusé les cadres de notre valeureuse équipe nationale de placer leurs égo-surdimensionnés au-devant de la scène en lieu et place du patriotisme. Ce qui est regrettable. Nous réclamons de ces derniers des explications comme cela se passe actuellement en France.
Nous n'avons rien contre votre succès financier en occident mais de grâce, sachez que l'Afrique, le Cameroun attend et mérite d'attendre encore beaucoup de vous. Vous êtes par essence redevables de l'Afrique. Nous vous aimons pourtant, comme nous aimions PIUS NJAWE.


II-PIUS NJAWE n'est plus: la mort d'une icône, l'avenir menacé des libertés au Cameroun.
Nous sommes Lundi 12 juillet 2010, alors que je relisais attentivement votre lettre ouverte a chaque camerounais de la diaspora parut dans le journal " le Messager le mercredi 18 avril 2001 à la page 2, J'ai été subitement dépourvu de toutes mes forces à l'annonce de votre mort survenu dans un accident de circulation dans l'Etat de virginie aux Etats-Unis .Cette triste nouvelle apparait à un moment décisif de l'histoire de notre pays. Car nous avions vraiment besoin de vous pour mener à bout le combat pour la liberté et les droits de l'homme que vous
portiez depuis près de 30 ans. Vous êtes allé parler de la condition des démunis, vous êtes allé plume en main. Le Cameroun vient ainsi de perdre une voie vers l’alternance, .un de ses valeureux fils. De toutes mes forces, que le seigneur tout puissant vous 'ouvre grandement sa porte et fait retomber votre éveil de conscience sur tous les camerounais afin que Demain nous réussirons à rendre plus visible et clair l'objectif de votre combat.
Que son âme repose en paix.


Je sais que la mort est inhérente à l'essence humaine, qu'elle relève de la "certitude" (on sait qu’on va mourir), de "l'incertitude" aussi (on ne sait ni quand, ni comment on va mourir); c'est du reste l'enseignement que nous a laissé EPICURE et que nous laisse aujourd'hui PIUS NJAWE. L'homme n'est finalement que peu de chose. Notre souhait, notre prière profonde est que le seigneur puisse aider sa famille, ses amis, tous ceux qui l'ont connu à se remettre de cette fatalité. Que ses collègues en sa mémoire puissent faire de la survie de "LE MESSAGER", ce grand journal qu'il laisse à la postérité leur cheval de bataille.
Dieu ne saurait être indifférent à une noble.


Richard Gatchoko Youaleu,
Ecrivain camerounais.

Richard Gatchoko Youaleu

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