19/07/2010 17:33:23
Mystérieux cambriolage au ministère des finances
La police a ouvert une enquête, mais dans l’opinion on affirme déjà que les résultats de l’enquête ne seront jamais connus
Journal du Cameroun
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De l’argent et des documents emportés
L’information a été rendu publique depuis ce week-end, le bureau du ministre camerounais des finances a été cambriolé. Les trois portes qui permettent d’accéder au bureau du ministre ont été cassées dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, par des personnes non encore identifiées. Le ministre Emmanuel Essimi Menye, absent du pays depuis quelques jours, est rentré dans la nuit de samedi à dimanche, pour prendre connaissance de la situation. Aucune information officielle ne permet de savoir ce qui s’est exactement passé. Selon des sources au ministère des finances, les cambrioleurs ont ouvert les deux coffres forts qui sont dans le bureau du ministre.

Certaines sources évoquent le chiffre de 700 millions de francs CFA de perte et des documents. Selon une information rapportée par le quotidien officiel bilingue, Cameroon-tribune, Essimi Menye a affirmé être surpris que des personnes aient voulu récupérer des dossiers dans son bureau. Les dossiers et les documents sont conservés dans les services techniques, a déclaré le ministre. La police a ouvert une enquête, et des personnes parmi celles responsables de la sécurité au moment où est survenu l’incident sont actuellement entendues à la direction de la police judicaire. Dans cette administration, c’est le silence absolu. On n’est pas en droit de communiquer sur cette affaire, en a répondu un des responsables ce matin au site journalducameroun.com. Ce cambriolage intervient dans un contexte où depuis le mois de juin, des enquêteur du ministère en charge du contrôle supérieur de l’Etat sont dans les locaux de la trésorerie générale du Cameroun.

Un bâtiment de plus cambriolé
Cette nouvelle continue d’étonner l’opinion publique de Yaoundé, la capitale camerounaise. Le ministère des finances est un bâtiment de cinq étages situé en plein centre-ville. En semaine tout comme le weekend, il est gardé par des forces de police appuyés la nuit par un service de sécurité privé. Le bâtiment est équipé de caméras de surveillance et surtout le bureau du ministre se situe au cinquième étage. Si les coffres forts ont été ouverts, il serait très probable qu’ils l’aient été sans effraction.

Le bruit d’une détonation aurait forcément attiré l’attention. D’un autre côté, il reste difficile à comprendre que les malfaiteurs aient pu s’introduire par l’extérieur, la fenêtre du cabinet ministériel donne directement sur la route et à moins d’avoir un équipement professionnel, il aurait été difficile d’avoir accès à ce bureau. Les questions sont donc de savoir qui aurait pu acquérir un matériel aussi sophistiqué, les caméras de surveillance n’étaient–elles pas opérationnelles, si oui qu’ont-elles filmé? Sinon pourquoi ne marchaient-elle pas? La question la plus délicate est celle de savoir où étaient les forces de sécurité au moment où se déroulait l’incident? Pour l’opinion publique, seules des personnes avec des hautes complicités à l’intérieur ont pu faire le coup.

Des personnes suffisamment connues pour ne pas inquiéter les gardiens, ou encore pouvant posséder la combinaison du coffre et/ou les clés des coffres. Depuis 2007, ce sont près de 15 édifices abritant la haute administration qui ont été cambriolés, dont les services du Premier ministre, la délégation de la police et plusieurs ministères. Les résultats des enquêtes ouvertes à chaque fois n’ont jamais été rendus publics. Des mesures de renforcement de la sécurité de ces bâtiments ont souvent été prises, mais visiblement elles n’ont eu aucun effet.

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