21/07/2010 13:40:31
L'affaire Atangana, un dossier épineux entre Paris et Yaoundé
L'avocat camerounais Momo Jean de Dieu se trouve à Paris, ces jours-ci, pour plaider auprès de cercles politiques en faveur de Michel Thierry Atangana.
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Ce ressortissant français d'origine camerounaise croupit dans le sous-sol d'un ministère camerounais depuis 1997, pour une sombre affaire de corruption qui vise d'abord et avant tout Titus Ezoa, ancien secrétaire général de la présidence. Les deux hommes ont été jugés de manière expéditive, le 3 octobre 1997, à une semaine d'une élection présidentielle à laquelle s'était présenté Titus Ezoa, devenant le rival du chef de l'État, Paul Biya. Sa candidature a été invalidée, après sa condamnation, avec Atangana, à 15 ans de prison pour détournements de fonds publics (à hauteur de 350 millions de francs CFA).

Les accusés, qui n'ont pas eu d'avocats pour les défendre au moment du procès, croyaient être bientôt arrivés au bout de leur peine. Mais voilà qu'une nouvelle procédure va être intentée contre eux, le 5 août, pour les mêmes chefs d'inculpation. «Alors que Michel Thierry Atangana passe pour le bras droit et le directeur de campagne de Titus Ezoa, il n'a rien à voir avec toute cette affaire», explique Momo Jean de Dieu. «Il travaillait pour un partenariat public-privé opérant dans la construction de routes, et avait été arrêté avant Ezoa. Il avait refusé de rédiger une lettre dénonçant cet homme politique, et il a subi le même sort que lui.» L'avocat Momo Jean de Dieu cherche à convaincre, à Paris, de la nécessité de prendre la défense d'un ressortissant français arrêté à l'âge de 33 ans, père d'un enfant vivant en France, qu'il n'a pas vu depuis 1997.

«Avant, le consul de France allait rendre visite à Atangana, explique Momo Jean de Dieu. Depuis 2000, les autorités camerounaises ont inventé une histoire selon laquelle il n'aurait pas renoncé à sa nationalité camerounaise. Seulement, aucune preuve n'étaye cette thèse, et la double nationalité n'est pas possible au Cameroun». Le combat en faveur de la libération de Michel Thierry Atangana était devenu une priorité pour Pius Njawé, patron de presse, fondateur du journal Le Messager et infatiguable défenseur des libertés publiques, avant sa mort, le 12 juillet, dans un accident de la route aux États-Unis.

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