29/06/2009 02:48:03
Jeux de pouvoir au Honduras
Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a été arrêté par l'armée puis expulsé du pays dimanche. Ce "putsch" militaire annule de fait le référendum prévu ce week-end sur une réforme qui devait permettre au chef de l'Etat en exil de briguer un nouveau mandat en novembre prochain.
leJDD
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Hugo Chavez condamne le coup d'état et se dit prêt à intervenir militairement.

Le président Manuel Zelaya, au pouvoir depuis 2006, a été arrêté par l'armée dimanche matin dans l'une des ses résidences par des militaires, puis expulsé dans l'après-midi au Costa Rica. Selon la chaîne CNN et le site internet de La Prensa, principal quotidien du Honduras, un avion de l'armée de l'air hondurienne a conduit Zelaya, homme de gauche allié au régime vénézuélien d'Hugo Chavez, à San José (Costa Rica), où le président déchu a appelé les Honduriens à la résistance pacifique face aux putschistes. Plusieurs centaines de militaires ont parallèlement été déployés dans la capitale Tegucigalpa, dans le quartier du palais présidentiel notamment. Quelques dizaines de partisans de Zelaya ont tenté de freiner l'avancée des chars. En vain.

Ce putsch, le premier à réussir en Amérique centrale depuis la fin de la guerre froide, est le point d'orgue d'une semaine de tensions, entre l'armée et la présidence de la République. Les militaires, soutenus par une opposition politique relativement censurée, s'opposaient à la volonté de Manuel Zelaya d'aller de l'avant avec une réforme présidentielle qui l'aurait autorisé à briguer un second mandat, le 29 novembre prochain. Une consultation populaire prévue à cet effet devait avoir lieu ce dimanche, mais la Cour suprême a fait valoir plus tôt cette semaine qu'elle n'aurait aucun caractère légal.

L'armée vénézuélienne prête à intervenir

Le chef de l'Etat en exil voulait alors passer en force, se prévalant d'un référendum en sa faveur. Pour ce faire, il a tenté de limoger le chef d'état-major des forces armées, Roméo Vasquez. Grâce au soutien de la Cour suprême, garante de la liberté politique, le chef d'état-major est resté officieusement en poste. Une situation paradoxale qui a contraint le ministre de la Défense à la démission. Les hauts-gradés militaires ont annoncé parallèlement leur intention d'intervenir. Après avoir contrôlé la capitale, dimanche, l'état-major des forces armées a désigné le président du Congrès, Roberto Micheletti, comme nouveau chef de l'Etat. L'instance électorale hondurienne a assuré que l'élection présidentielle serait maintenue à la date prévue du 29 novembre.

De son côté, Hugo Chavez, principal allié de Zelaya, a dénoncé dès dimanche après-midi un "coup d'État". Menaçant, il a même annoncé avoir placé ses troupes en alerte, faisant savoir qu'il riposterait militairement au cas où son ambassadeur au Honduras serait attaqué. Or, selon quelques sources, le dit ambassadeur aurait été enlevé, frappé puis abandonné au bord d'une route, durant le coup de force des militaires.

L'Union européenne condamne aussi un "putsch militaire". Plus prudent, Barack Obama s'est déclaré "préoccupé" et a demandé aux "acteurs politiques et sociaux" du pays de respecter la démocratie et l'état de droit. Des propos sur lesquels Manuel Zelaya en personne a rebondi: interrogé par la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur, le chef de l'Etat a invité Washington à spécifier si oui ou non les Américains avaient joué un rôle dans les événements en cours. Dimanche, dans la soirée, la Maison blanche a nié avoir joué le moindre rôle dans les événements. Les Etats-Unis disposent de 600 militaires stationnés à la base aérienne de Soto Cano, au Honduras.

GaŽl VAILLANT

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