02/08/2010 06:19:33
Lapiro de Mbanga répond Issa Tchiroma
L’artiste musicien incarcéré à la prison centrale de Douala contredit le ministre de la Communication en soutenant qu’il est bel et bien un prisonnier politique.
Mutations
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Le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary a donné vendredi dernier à Yaoundé une conférence de presse. Au cours de l’échange avec les journalistes, M. Tchiroma a évoqué notamment l’absence du chef de l’Etat au Cameroun et sa participation au défilé du 14 juillet en France, l’affaire du coup d’Etat, le décès de Pius Njawé et les procès en cours dans le cadre de l’"opération Epervier". S’agissant de la présomption d’innocence qui ferait l’objet de violation, le Mincom a indiqué que les déclarations du garde des sceaux, qui mettait quiconque au défi de lui prouver que les personnalités interpellées étaient innoncentes, n’engageaient que lui et qu’il y a "le temps des juges".

L’artiste musicien Lapiro de Mbanga qui purge sa peine à la prison centrale de Douala n’a pas attendu longtemps pour réagir à la sortie médiatique du ministre de la Communication de vendredi dernier, 30 juillet. «M. Issa Tchiroma Bakary doit être poursuivi pour déclarations mensongères», indique t-il dans un message parvenu à la rédaction de Mutations. Ce cri de l’artiste naît de ce que «le ministre de la Communication a déclaré dans une conférence de presse télévisée (celle de vendredi dernier 30 juillet, Ndlr) qu’il n’y a pas de détenus politiques dans les prisons camerounaises», poursuit l’artiste.
Une déclaration qui courrouce davantage Lapiro de Mbanga d’autant plus que celui qui a été condamné pour trois ans de prison voit en cette condamnation un stratagème pour le régime au pouvoir de le punir non pas pour des émeutes dont il est accusé d’être complice, mais, pour son album dans lequel il décriait la modification de la constitution devant permettre au Chef de l’Etat de se représenter aux présidentielles de 2011.

«J’ai été condamné pour avoir composé une chanson intitulée «constitution constipée», histoire de donner mon opinion sur la modification de l’article 6 alinéa 2 de la constitution, le gouvernement pour lequel M. Tchiroma travaille m’a jeté en prison après un procès kafkaien sous le fallacieux motif de complicité (sans auteurs) de crime de pillage en bande dans le cadre des émeutes de février 2008. J’ai été arrêté 5 semaines après les émeutes après que le Bir (bataillon d’intervention rapide) et la police aient échoué à leur mission qui consistait à m’abattre», fait remarquer celui qui a été candidat aux couleurs du Sdf pour les dernières élections législatives dans le Moungo-Sud. «J’ai été condamné au double de la peine des auteurs et à payer la somme de 280 millions de francs Cfa au Tribunal de grande instance à Nkongsamba pour complicité de crime. Pourtant, les auteurs avaient été jugés au tribunal de première instance de Mbanga pour les mêmes motifs, mais, qualifiés de délits», martèle t-il.

«Je suis un détenu politique incarcéré à la prison centrale de Douala», crie Lapiro. «Au Cameroun, malgré le fait qu’il ne s’est jamais porté autant mieux qu’aujourd’hui selon vous, Lapiro de Mbanga est un prisonnier politique», pense t-il. L’artiste dit par ailleurs bénéficier d’un traitement de faveur digne d’un prisonnier politique de la part de l’administration pénitentiaire même si sa demande de retourner à la prison de Mbanga afin d’être assisté par sa famille est en souffrance au ministère de la Justice depuis l’année dernière ; et en dépit du fait qu’à quelques mois de sa sortie de prison, il ne bénéficie pas des sorties pour la main d’œuvre pénale comme les prisonniers de droit commun afin de préparer sa réinsertion sociale.

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