15/10/2015 15:00:33
Cameroun: Après sa sortie du gouvernement, Essimi Menye fait un Avc
Victime d'un accident vasculaire cérébral (Avc), dimanche dernier, l'ancien ministre de l'Agriculture et du Développement rural (Minader) est actuellement interné à l'hôpital de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps).2015-10-15
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

 Malgré son physique de fonceur, Essimi Menye a craqué après son limogeage du gouvernement le 02 octobre. Alors qu'il se trouvait à son domicile, raconte des témoins, l'ex Minader se serait effondré. C'est manu militari qu'il a été transporté à l'hôpital de la Cnps dans un état critique. Depuis son hospitalisation, le 11 octobre, l'ex-ministre des Finances est sous soins intensifs.

Âgé de 64 ans, Essimi Menye avait rendez-vous avec le terrain politique ces jours-ci. Il est le président de la Commission départementale de suivi des opérations de renouvellement des organes des bureaux des organes de base du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans la Mefou et Afamba. Son indisponibilité va certainement impacter sur le déroulement des activités du parti de Paul Biya.

Sur un tout autre terrain, notamment judiciaire, l'actualité médicale de l'ex-Minader pourrait avoir des effets pervers. Essimi Menye aurait-il orchestré son hospitalisation pour se soustraire à
la justice de son pays au moyen d'une évacuation sanitaire ? Cette question est déjà soulevée par les mauvaises langues au parfum des bruits selon lesquels, sous le prétexte de cet Avc, l'entourage de l'ancien Minader projetterait de solliciter une autorisation spéciale pour le faire évacuer à l'étranger, pour des soins plus appropriés.

Le poids des affaires
Essimi Menye, déjà visé par la justice avant son débarquement du gouvernement, pourrait avoir du mal à convaincre les juges du Tribunal criminel spécial (Tcs) de le laisser aller se faire soigner à l'étranger. Au regard de l'étendue des charges qui pèsent contre lui, il sera difficile pour l'ex-ministre des Finances d'obtenir une autorisation pour sortir du territoire national. Essimi Menye est mouillé dans l'affaire dite d'Amity Bank dans laquelle il est accusé d'avoir eu de gros intérêts.

En effet, d'après l'accusation, renseignent nos sources, l'ex-argentier national  aurait abusé de sa position pour orienter le dossier dans le sens de favoriser le détournement d'un montant estimé à 9 025 000 000 FCFA. Le second scandale l'impliquant serait lié  à l'ex-Société camerounaise de tabacs (Sct). D'après des sources proches du dossier, il est reproché à Essimi Menye d'avoir illicitement ordonné au liquidateur de la Sct, courant 2009, de vendre ladite société à son frère, aujourd'hui décédé, pour la modique somme de 50 000 000 FCFA. Une braderie lourde de conséquences.

L'Etat du Cameroun qui avait investi des milliards dans cette structure s'est trouvé grugé ceci en violation de la loi 99/019 du 22 décembre 1999. Le comble dans cette affaire, rapportent des indiscrétions, c'est que l'ancien Minader a réussi à faire inscrire dans le budget 2015 de son département ministériel une ligne d'un montant de 150 000 000 FCFA au titre de subvention de la culture du tabac.

Ils sont dans le viseur du TCS

Outre Essimi Menye, d'autres anciens membres du gouvernement Yang II sont annoncés avec insistance au Tcs. Des cellules Vip sont, à cet effet, entrain d'être réaménagées. On parle volontiers d'une dizaine d'anciens ministres et directeurs généraux dont les passeports auraient été retirés, signe qu'ils sont désormais condamnés à vivre dans le périmètre du Cameroun. Seraient concernés : Jean Pierre Biyiti bi Essam, ancien ministre des Postes et Télécommunications; Pierre Titi, ancien ministre délégué auprès du ministre des Finances; Catherine Bakang Mbock, ancien ministre des Affaires sociales;  Robert Nkili, ancien ministre des Transports, Amadou Vamoulké de la Cameroon Radio And Television (Crtv)…

Messengue Avom, ex-ministre des Travaux publics.
Toute proportion gardée, avec l'arrivée de la procureure générale près le Tcs Mme Ngounou Tchokonthieu, une dame qui a de la poigne, nul doute que les agresseurs des caisses publiques ont perdu le sommeil. D'ailleurs, le ministre d'Etat, ministre de la Justice garde des Sceaux, Laurent Esso en l'installant, le 9 octobre dernier, dans ses nouvelles fonctions, a exhorté  le  Tcs  à sanctionner sans faiblir «tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, sont convaincus d'atteintes à la fortune publique» ?

Mamouda Labaran

237online.com

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE