04/08/2010 13:16:11
Visite : Les misères de Paul Biya l'aéroport
En partance pour le Brésil hier, le chef de l’Etat a dit au revoir à ses collaborateurs dans une salle incommode; il a dû attendre plus d’une heure pour que des questions logistiques soient résolues.
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Le fait est rare et inédit. Le chef de l’Etat obligé d’utiliser un salon improvisé, en chantier presque, pour donner les dernières instructions à ses collaborateurs avant de s’envoler pour le Brésil hier en fin de matinée, pour une visite officielle. Au lieu du prestigieux salon d’honneur du pavillon présidentiel. Plus étrange encore, Paul Biya et son épouse, déjà privés de pavillon présidentiel, ont été contraints, selon des sources à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, d’emprunter leur avion au niveau de l’aérogare commerciale.


D’après les premières informations obtenues sur place de diverses sources généralement dignes de foi, l’avion du chef de l’Etat n’a pas pu se déplacer de l’aérogare commerciale pour le pavillon présidentiel. Les mêmes sources indiquent que cela est du au fait que le «repousseur» de l’aéroport (chariot qui aide les avions à effectuer les déplacements sur la piste d’atterrissage), n’était pas adapté au gabarit de l’appareil affrété par l’état major particulier du président. Mais les déboires du président de la République à l’aéroport de Nsimalen hier, ont commencé avec l’inspection des deux appareils, affrétés par l’état major particulier du président de la République, par le directeur du cabinet civil de la présidence, Martin Belinga Eboutou.

Au cours de cette descente sur les lieux, racontent des témoins, Martin Belinga Eboutou, tout furieux, n’a pas apprécié le fait qu’on ait affrété un Boeing 737 «ayant un confort inapproprié» pour le président et son épouse, alors que les autres personnalités de sa suite dite «technique» allaient emprunter le 757. Aussi, pour Belinga Eboutou, cet avion est indigne du chef de l’Etat. «Le président ne mérite pas ce type d’avion ; les aménagements intérieurs sont indignes du chef de l’Etat», tempête le directeur du cabinet civil qui poursuit en indiquant que «ceux qui ont affrété ce type d’avion pour le président méritent d’être jetés en prison, et leur cas sera examiné !»
Du coup, tous les aménagements subis par le 737 ne sont plus utiles. Il faut changer d’appareil et aménager le 757 dont les équipements techniques de traitement se trouvent uniquement à l’aéroport international de Douala. D’après les responsables des Adc, seule la compagnie Ethiopian airlines possède ce type d’appareil ; or, cette compagnie n’a pas de vol sur Yaoundé-Nsimalen. Pour effectuer les aménagements intérieurs nécessaires dans cet appareil, il faut le déplacer. Mais contre toute attente, le pilote oppose une fin de non recevoir à la requête du directeur du cabinet civil. «Mon contrat est clair : je ne peux pas activer mes réacteurs pour quelques centaines de mètres. Si quelqu’un veut monter dans mon avion, qu’il se déplace vers cet appareil», rétorque fermement le pilote du 757 aux autorités de l’aéroport.

Matériel inadapté
A côté de ce refus, un responsable technique des Adc précise : «l’avion a un gabarit qui ne correspond pas aux installations et aux équipements techniques de l’aéroport de Nsimalen ; cet avion est arrivé pour la première fois à Yaoundé parce que pour ce type de voyage, il faut un appareil capable de couvrir de longues distances sans faire d’escale. Il faut pour cela une autonomie en moyenne de 12 heures de vol. Or au moment de faire venir cet avion que nous n’avons jamais reçu ici, ils ne se sont pas assurés de la compatibilité des équipements et installations techniques dont dispose l’aéroport de Nsimalen.»
«On a constaté la veille seulement que les équipements techniques ne pouvaient pas traiter l’appareil depuis le pavillon présidentiel parce qu’il faut un matériel adapté au traitement de cet appareil dont nous ne disposons pas ; ce matériel doit permettre qu’on déplace l’appareil pour le pavillon présidentiel», précise-t-on à Nsimalen. Aussi, le temps de réaction des équipes techniques de l’aéroport retarde-t-il le vol présidentiel d’environ une heure et demie, selon des sources proches du dossier.

Entre-temps, le chef de l’Etat qui est arrivé avec son épouse, est orienté vers l’aérogare commerciale. Les problèmes techniques du repousseur et le refus du pilote ayant immobilisé l’appareil à l’aérogare commerciale, le chef de l’Etat et son épouse sont privés de pavillon présidentiel. Mais tous les salons de cette partie de l’aéroport étant en réfection, le président est installé dans un salon improvisé. «On a dû installer le chef de l’Etat et son épouse dans une salle apprêtée à l’improviste ; c’est là qu’il a reçu ses collaborateurs avant de s’envoler pour le Brésil», renseigne une source à Nsimalen. Pour emprunter le 757, le chef de l’Etat remonte en voiture et file vers l’appareil immobilisé à l’aérogare commerciale.

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