29/06/2009 14:50:06
Avortement : Les évêques camerounais condamnent le Protocole de Maputo
Ils l’ont indiqué dans une déclaration publiée samedi 27 juin dernier à l’issue de leur 34ème assemblée plénière.
Le Jour
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La Déclaration des évêques du Cameroun

Au cours du mois de mars 2009, l’Assemblée Nationale a voté la loi qui a paru au journal officiel N° 2009- /003/14 avril 2009 autorisant le Président de la République à ratifier le Protocole à la Charte des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme adopté à Maputo le 11 juillet 2003 (cf. Cameroon Tribune du 15/04/2009). Cette ratification a été faite le 28 mai 2009.
Cette loi est destinée à protéger la femme africaine des violences physiques et discriminations diverses. L’Eglise approuve cette volonté de protéger la femme des injustices sociales et des abus de toutes sortes. Ceux-ci sont bien dénoncés dans l’Instrumentum Laboris de la II ème Assemblée Spéciale Pour l’Afrique du Synode des Evêques : « La femme africaine continue d’être assujettie dans toutes les régions sous diverses formes : les violences domestiques, expression de la domination des hommes sur la femme; la polygamie qui défigure le visage du mariage et de la famille, aussi par la compétition qu’elle engendre entre coépouses et enfants; le manque de respect de la dignité et des droits des veuves; la prostitution; la mutilation des organes génitaux des femmes» (N°59).
Cependant, l’article 14 de ce protocole de Maputo porte réellement atteinte à la vie naissante en donnant des droits reproductifs abusifs à la femme. En d’autres termes, cet article est une porte ouverte à la législation de l’avortement en Afrique, et nous le condamnons. Nous réaffirmons la place importante de la vie de la famille et de la parenté responsable (nous joignons le texte de l’article à cette déclaration).
Cette loi est contraire à la loi Camerounaise opposée à l’avortement et à sa législation.
Depuis son adoption à Maputo au Mozambique le 11 juillet 2003, ce protocole a suscité de vives réactions de l’Eglise Catholique. Le Saint-Père, Sa Sainteté Benoît XVI, dans son discours au Corps Diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège le 8 janvier 2007, a déclaré : «Comment ne pas se préoccuper non plus des continuelles atteintes à la vie, de la conception jusqu’à la mort naturelle ? De telles atteintes n’épargnent même pas des régions où la culture du respect de la vie est traditionnelle, comme en Afrique, où l’on tente de banaliser subrepticement l’avortement, par le protocole de Maputo, ainsi que par le plan d’action  adopté par les Ministres de la santé de l’Union Africaine, qui sera d’ici peu soumis au sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement ».
Lors de sa récente visite au Cameroun, le Pape Benoît XVI s’est prononcé en faveur de la vie dans son discours aux malades du Centre National de réhabilitation des handicapés Cardinal Paul Emile LEGER : « Il vous appartient (aux chercheurs et aux médecins) en premier lieu de protéger la vie humaine, en étant les défenseurs de la vie, depuis sa conception jusqu’à son terme naturel. Pour tout homme, le respect de la vie est un droit et en même temps un devoir, car toute vie est un  don de Dieu».
Les croyants de notre pays ainsi que les Africains authentiques considèrent la vie comme sacrée et condamnent tout ce qui lui porte atteinte. Pour eux, l’avortement est un crime.
En 1979, les Evêques du Cameroun ont condamné cette pratique dans leur lettre pastorale sur l’avortement provoqué. A maintes reprises, ils ont rappelé la loi de Dieu : « Tu ne tueras point ».
Pour toutes ces raisons, comptant sur l’humanisme de tous les citoyens camerounais et leur respect de la sacralité de la vie, au nom du Seigneur , nous en appelons à la conscience de tout un chacun, pour défendre la vie et éradiquer l’avortement, les moyens  contraceptifs artificiels et tous les abus portant atteinte à la dignité de la personne humaine chez nous.

Les Evêques du Cameroun

Article 14 du Protocole 

Droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction
Les Etats assurent le respect et la promotion des droits de la femme à la santé, y compris la santé sexuelle et la reproductive. Ces droits comprennent :
a)  Le droit d’exercer un contrôle sur leur fécondité ;
b) Le droit de décider de leur maternité, du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances ;
c) Le libre choix des méthodes de contraceptifs ;
d) Le droit de se protéger et d’être protégées contre les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/ SIDA ;
e) Le droit d’être informées de l’ état de santé de leur partenaire, en particulier en cas d’infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA , conformément aux normes et aux pratiques internationalement reconnues ;
f) Le droit à l’éducation sur la planification familiale.

2. Les Etats prennent toutes les mesures appropriées pour :
a)  Assurer l’accès des femmes aux services  de santé adéquats, à des coûts abordables et à des distances raisonnables, y compris les programmes d’information, d’éducation et de communication pour les femmes , en particulier celles vivant en milieu rural ;
b)  Fournir aux femmes des services pré et postnatals et nutritionnels pendant la grossesse et la période d’allaitement et améliorer les services existants ;
c) Protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus.

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