09/08/2010 05:14:31
Forum de Washington: le compte rendu
Pour marquer le cinquantenaire de l’Afrique, le président des États-Unis n’a voulu s’afficher ni avec des présidents à vie, ni avec des chefs corrompus, comme ceux qui étaient a la première loge sur les champs Élysées à côté du président Sarkozy pour fêter le 14 juillet et les 50 ans de la libération du joug colonial. Il a simplement adopté cette tactique de la diplomatie publique qui consiste à aller vers les vrais acteurs impliqués dans le développement des pays africains.
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

En lançant les invitations à près de 120 jeunes africains (y compris trois Guinéens) à la Maison Blanche pour un Forum de 3 jours, son administration avait donné des consignes claires aux représentations diplomatiques américaines sur la qualité des délégués à inviter : pas de représentants de partis politiques à inviter. L’âge des délégués à inviter devrait être de moins de 35 ans et il fallait inclure des femmes et surtout choisir les participants à cause de leur dynamisme dans le secteur privé, de l’engagement au sein des ONG, du développement participatif dans les collectivités locales, les activités socioculturelles.
C’est ainsi que du côté guinéen, Adama Sylla, Dr Alpha Abdoulaye Diallo et Yacouba Konaté ont été identifiés par les diplomates américains à Conakry pour participer au débat.

Si la côte de popularité du premier président noir des États-Unis a baissé ces derniers temps dans son pays même, en Afrique par contre, elle semble intacte. Et cela certainement à cause de ses origines africaines, mais aussi à cause de son appartenance au Parti Démocrate qui reste plus populaire que son concurrent Républicain aux yeux de bon nombres d’Africains ( Bill Clinton et Jimmy Carter restent toujours des figures populaires sur le continent alors que les efforts de George W. Bush en matière de lutte contre le Sida sont passés sous silence).
A l’ouverture du Forum le 3 août dernier, il y avait donc beaucoup de joie et d’optimisme au département d’État, et à l’East Room de la Maison Blanche.

Au département d’État d’abord, il ya eu quelques intervenants avant l’arrivée de la Secrétaire d’État, Hillary Clinton, qui revenait d’un long week-end pour assister au mariage de sa fille.

Les services du protocole ont demandé le non utilisation de caméras vidéo et d’appareils photos personnels à la Maison Blanche. A la place, ils ont promis leur photographe officiel pour immortaliser cet évènement. Ce qui n’était pas du goût de tout le monde. Un participant venu de l’Afrique Centrale avait répliqué que dans son pays les gens n’allaient pas comprendre cette situation à son retour sans une photo avec Obama.

Avec près de 120 participants, une dizaine de journalistes Africains accrédités aux États-Unis, le service secret américain ne pouvait qu’être dans l’embarras.

Dans l’après midi donc, le moment attendu arrive et le Town Hall meeting commence. Avant la séance questions-réponses, le président Obama avec son d’humour habituel, souhaite la bienvenue aux jeunes dirigeants, y compris « aux Ghanéens qui ont battu son pays en coupe du Monde de football ». On reconnait en lui un président un peu plus informé que ses prédécesseurs sur le soccer (récemment Bill Clinton aussi s’y est intéressé et a même suivi certains matchs en Afrique du Sud). Ensuite, il identifie les délégués de ce pays dans le East Room pour promettre une vengeance américaine pour la coupe du monde de 2014.

Quand il passe aux choses un peu plus sérieuses, alors il invite les participants à se faire entendre, à lui faire connaitre leurs objectifs pour trouver des moyens d’être de meilleurs partenaires de développement.
Durant son allocution, il invite les jeunes à s’opposer à la corruption. A ce propos, il a affirmé : « aucun jeune ne devrait verser un pot de vin à des fonctionnaires véreux pour obtenir du travail ».

Il continuera à dire : « Après Kwamé Nkrumah et Jomo Kenyatta, les destinées de cette Afrique indépendante dans laquelle vous êtes nés sont entre vos mains. Vous êtes des jeunes pétris de talents et d’imagination. »

Dans son discours, il parle aussi de lutte contre le sida, de la guerre en Somalie, mais aussi de commerce et de développement. A propos du commerce et répondant à une question d’une animatrice de radio du Ghana, sur la préservation des intérêts américains dans le partenariat, le président des États-Unis est allé droit au but : « Je vous confirme ceci : tous les pays veillent à leurs intérêts. Je suis le président des États-Unis. C’est mon travail de veiller aux intérêts de mon pays. » Cette réponse honnête de Obama était nourrie d’applaudissements. Ils savent de quoi exactement Obama parle.

Reste à savoir maintenant si ceux qui sont considérés comme les « Young African Leaders » vont apporter un souffle nouveau à leurs pays et à mettre les intérêts de leurs pays au devant de toute autre chose. En tout cas, c’est un message complètement ignoré par les dirigeants Africains de ces 50 dernières années.

Guineenews

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE