29/06/2009 15:24:50
Élection présidentielle sans incident en Guinée-Bissau
BISSAU - Les électeurs de Guinée-Bissau se sont rendus aux urnes dans le calme dimanche pour remplacer leur président assassiné en mars, avec l'espoir d'arracher l'ex-colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest au chaos engendré par les rivalités entre militaires et le trafic de drogue.
Reuters
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Onze candidats étaient en lice pour succéder au président Joao Bernardo Vieira, abattu il y a trois mois par des soldats qui semblent avoir agi par vengeance après le meurtre du chef de l'armée. L'un des principaux candidats a été assassiné durant la campagne.

Aucun incident majeur n'a été signalé jusqu'ici dans ce pays de 1,6 million d'habitants, dont 600.000 électeurs, bien qu'une forte pluie ait eu un effet dissuasif dans certaines zones.

"C'est un grand jour. Je vote pour la paix, le calme et la stabilité", confiait Binta Diallo, commerçant de Bissau. "Je veux avoir un président capable de ramener la paix et la tranquillité en mettant fin à la criminalité."

L'importance de l'élection présidentielle dépasse le seul enjeu national. Elle réside aussi dans le risque de voir l'instabilité politique de la Guinée-Bissau se propager à toute la région, après les putschs militaires intervenus en Mauritanie et en Guinée et une crise politique qui couve au Niger.

RÉFORME DE L'ARMÉE

"Le scrutin s'est déroulé de façon paisible et ordonnée", a déclaré Johan Van Ecke, chef de la mission des observateurs de l'Union européenne. "Nous pouvons fêter des élections bien préparées et bien organisées malgré la pluie."

La participation semble toutefois avoir été moindre que pour les dernières élections législatives, a-t-il ajouté.

Quel que soit le vainqueur du scrutin, il aura la lourde tâche de réformer des forces armées divisées et de rétablir l'autorité de l'Etat, affaibli par l'influence des narcotrafiquants latino-américains qui utilisent la Guinée-Bissau comme plaque tournante sur la route de l'Europe.

La principale formation du parlement, le PAIGC, était représentée par Malam Bacai Sanha, qui a été président par intérim en 1999 et 2000 après un coup d'Etat et une brève guerre civile.

"Ce scrutin est d'une importance énorme pour un retour à la paix, à la stabilité et à la sécurité", a dit Bacai Sanha en votant. Il a dit avoir bon espoir d'emporter la victoire.

L'ancien président Koumba Yala, renversé par un coup d'Etat en 2003, bénéficie du soutien de l'ethnie majoritaire Balante.

Enfin, Henrique Pereira Rosa, qui se présentait en candidat indépendant, a été président par intérim jusqu'à l'élection de Vieira en 2005.

Il est probable qu'un deuxième tour soit nécessaire.

Le dépouillement des suffrages a commencé aussitôt après la fermeture des bureaux de vote, mais l'annonce du résultat pourrait prendre plusieurs jours.

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