17/08/2010 13:15:12
Aucun engagement concret au forum économique et commercial de la diaspora
Pour cette première rencontre, le seul succès reste celui de l’initiative
Le journal du cameroun
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Début chaotique du forum
C’est samedi 14 août dernier que s’est achevé le tout premier forum économique et commercial de la diaspora en terre camerounaise. Un forum qui a fait l’objet d’une faible communication et donc d’une faible participation des acteurs économiques locaux. Le début du forum a été plombé par des considérations politiques. Selon des commentaires de participants, certains camerounais de la diaspora n’ont pas pu faire le déplacement, faute de visas. C’est le monde à l’envers, tu veux revenir dans ton pays et tu ne peux pas avoir le visa, c’est difficile à croire, s’est exclamé un des participants. Officiellement aucun commentaire n’a été fait à ce sujet. L’organisation assure que le retard a été causé parce qu’on attendait l’accord de la présidence de la république. Dans l’organisation, on a aussi parlé de problèmes techniques comme causes du retard. C’est finalement le 13 et non plus le 11 août que le forum a débuté, en présence de tout le gouvernement. Etaient aussi présents, outre certains membres de la diaspora Camerounaise, des experts d’autres pays africains et organisations internationales et des représentants du corps diplomatique. Dans l’esprit des organisateurs, le but de ce forum était d’examiner les voies et moyens d’une plus importante implication de la diaspora au processus de développement du Cameroun.

Absence de discussion sur les problèmes clés
Pour de nombreux participants, le bilan de ce forum reste mitigé. Le gouvernement semble ne pas s’être pleinement mis d’accord sur le sens même de cette rencontre. Certains l’ont abordé sous sa dimension politique et d’autres n’y ont vu que la dimension économique. Ce désaccord s’est fait ressentir sur le communiqué final du forum. Aucun engagement chiffré n’a été retenu. Dans la plupart des discours des camerounais de la diaspora, les propos étaient axés sur les réalisations effectuées. Très peu ont fait des propositions concrètes de compétence au regard des ambitions de développement actuel du pays afin de trouver des voies et moyens pour apporter leur soutien. Par exemple, le Cameroun a du mal à lancer depuis le début de l’année 2010, un emprunt obligataire de 200 milliards de francs CFA. L’occasion était pourtant indiquée de proposer cette opération à une diaspora dont les transferts de fond contribuent à hauteur de 1% du produit intérieur brut du Cameroun. Il ne faut pas se précipiter, ce forum était un forum de réflexion et maintenant avec le temps on verra comment la diaspora pourra être plus impliquée dans le processus de développement du Cameroun, a indiqué le ministre camerounais du commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.

Une ombre de crainte politique sur fond de double nationalité
Le Cameroun est l’un des pays qui souffrent le plus de la fuite des cerveaux. La faute à une loi, qui dispose que l’acquisition d’une autre nationalité par un camerounais d’origine lui fait perdre sa nationalité camerounaise. Plusieurs camerounais de la diaspora aujourd’hui, pour investir au Cameroun, devraient d’abord bénéficier des facilités au niveau des visa, mais aussi sentir qu’ils sont légalement Camerounais afin de sécuriser leurs investissements. Difficile pour les autorités d’accorder des droits politiques à une communauté de 4 millions de personnes qui, du fait de leur résidence à l’étranger, sont incontrôlables pour le régime en place. Ces derniers temps, les dirigeants camerounais le chef de l’Etat en tête, ont rencontré des membres de la diaspora. Mais les revendications de ceux-ci restent en étude. Pour les analystes, ce problème ne sera certainement pas résolu avant 2011, période électorale oblige. De nombreux analystes politiques pensent que ce problème n’est pas celui du système RDPC en place aujourd’hui. La question de la diaspora assurent-ils est un problème qui se posera à tous les régimes politiques qui vont se succéder au Cameroun, tant que les locaux ne s’emparent pas du processus de développement. Les dirigeants auront trop peur de se retrouver face à un groupe démocratiquement expérimenté et financièrement solide. En attendant, le forum s’est achevé par une grande soirée de gala au centre-ville de yaoundé. Aucune date sur le prochain forum, mais aussi aucun engagement concret à terme.

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