17/08/2010 14:47:00
Dette: la Sonara bientôt soulagée
La Nouvelle Expression
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Le Fonds monétaire international devrait aider le gouvernement à apurer la dette de plus 100 milliards accumulée auprès de la Sonara au titre des subventions des produits pétroliers. Un des points d’achoppement des discussions entre le Fonds monétaire international et le gouvernement camerounais était l’apurement des sommes dues à cette société nationale de raffinage par l’Etat. Finalement, il est de plus en plus probable que la situation soit résolue avant la fin de l’année, avec le concours du même Fmi. Le gouvernement camerounais a en effet convenu avec cette institutions financières d’user de ses droits des tirages spéciaux sur le financements fournis par le Fmi et logés à la banque centrale, pour apurer cette dette et soulager ainsi la trésorerie de la société nationale de raffinage. Il s’agit dans les faits des pertes subies depuis 2008 par la raffinerie nationale de pétrole, la Sonara, en raison de la politique des prix du carburant.

Ces pertes ont atteint 98,3 milliards F Cfa à fin 2009 (1 pour cent du Pib) et ont été estimés à environ 106 milliards F Cfa en mars 2010 déploraient les responsables du fonds monétaire. Lorsque le président de la république a décidé en mars 2008 mener une politique sociale marquée par la stabilisation des prix, une des mesures fortes était le gel des prix des produits pétroliers à la pompe. Or, il se trouve que pour raffiner le pétrole, la Sonara doit acheter des stocks d’huiles brutes sur les marchés internationaux et répercute tout naturellement ses cout sur le prix final sortie usine. On peut croire que cette situation aurait pu être évitée parce que le Cameroun est également producteur de pétrole. Mais la structure du secteur pétrolier camerounais le rend forcément tributaire des importations.

Par exemple, les équipements de la Société nationale de raffinage sont de type dit hydroskeaming (à distillation atmosphérique) qui traitement essentiellement des types de pétroles riches en produits léger, qui ne produisent pas beaucoup de résidus. Or dans le même temps, le pétrole camerounais est réputés lourd, et pauvre en produits légers (pétrole lampant, carburant, etc). De fait, la Sonara se trouve obligée d’importer, aux cours mondiaux, le pétrole brut nécessaire à son activité de raffinage. Encore que, même pour la maigre partie du pétrole que la Sonara acquiert auprès de la Snh, le prix d’achat est le prix en vigueur sur les marchés mondiaux.

Étant entendu que ce sont les produits raffinés sortis de l’usine Sonara qui alimentent ensuite les véhicules, les ménages et les industries camerounaises. Un spécialiste de la filière pétrolière camerounais confirme : « Une partie seulement, la moins importante des approvisionnements de la Sonara en pétrole brut est assurée par la Snh qui les facture à la raffinerie suivant les cours observés au niveau du marché mondial, l’autre partie, la plus importante, étant importée ».

Au final donc, la Sonara est obligées de revendre ses produits sur le marché en tenant compte des paramètres des marchés internationaux qui influencent directement ses coûts. En gelant donc les prix des produits raffinés sur le marché intérieur camerounais, le gouvernement s’engageant à verser une compensation à la Sonara pour couvrir le manque à gagner. Or la situation de trésorerie de l’Etat, devenue tendue tant du fait de la crise que d’une gestion critiquée des finances publiques, ne lui a pas permis d’assurer régulièrement cette obligation. Du fait de ces retards dans les paiements du gouvernement à la Sonara, cette firme a connu des problèmes de trésorerie qui l’ont contraint à contracter plusieurs emprunts bancaires imprévus, pour faire face à ses propres obligations.

Selon le fonds monétaire international, à la fin-2009, la Sonara était déjà devenue le plus grand emprunteur pour neuf des douze banques opérant dans Cameroun, avec même des cas où certaines banques auraient prêté des sommes approchant 90% de leurs fonds propres. Dans un tel contexte, où la plupart des banques sont créancières de la Sonara, une situation de cession de paiement de la Sonara aurait des répercussions durables sur l’ensemble du système bancaire. D’où la mobilisation du gouvernement et du Fonds pour l’apurement rapide de cette somme.

Mais ce n’est pas tout, car le gouvernement a accumulé des arriérés vis-à-vis de la Sonara, nombre de fournisseurs de l’Etat ont toujours des créances en attente de paiement. Souvent de des simples arriérés, ou encore des formes plus curieuses telles que les dépenses engagées et non ordonnancées. En tout près de 300 milliards à apurer.

François Bambou

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE