24/08/2010 14:27:03
Listes électorales : Elecam , le casse-tÍte des inscriptions
La Nouvelle Expression
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Le délégué régional d’Elections Cameroon (Elecam) pour le Littoral annonce que les inscriptions sur les listes électorales débutent à partir du mardi 24 août 2010 dans trois antennes communales. Mais des questions restent sans réponses et font douter de la transparence du processus électoral.

Après un silence qui commençait à peser, la délégation régionale d’Elecam pour le Littoral a fait parvenir l’information que beaucoup attendaient depuis quelques jours. Le public est ainsi informé du démarrage effectif le mardi 24 août 2010 des inscriptions sur les listes électorales dans la région du Littoral. Délégué régional d’Elections Cameroon (Elecam) pour le Littoral, Ildevert Claude Emmanuel Tété rompt avec l’incertitude qui commençait à planer sur la date du démarrage des inscriptions sur les listes électorale dans son territoire de compétence.

Douala II, Douala IV et Douala V demain


Ildevert Claude Emmanuel Tété souligne que « les opérations se feront dans le respect du chronogramme établi par la Direction générale d’Elections Cameroon (Elecam) ». Mais, le délégué régional d’Elecam pour le Littoral précise surtout que « les antennes communales de Douala II, Douala IV et Douala V dans le département du Wouri vont servir de cadre à ce lancement et l’opération va se poursuivre dans les autres localités ».
Comme il le faisait déjà entendre dans le quotidien gouvernemental il y a un mois, Ildevert Claude Emmanuel Tété sollicite le concours des médias pour poursuivre la sensibilisation du public sur la nécessité de s’inscrire sur les listes électorales.

En effet, le délégué régional d’Elecam pour le Littoral affirmait déjà dans un entretien publié dans l’édition du Cameroon Tribune du 23 juillet 2010 qu’« Il y a un besoin de sensibilisation et nous nous y employons progressivement. Je pense qu’il y a une évolution significative. L’action est véritablement en branle et les chosent évoluent », avait-il conclu.

L‘inscription sur les liste électorales étant la première étape du processus électoral, l’un des grands défis qu’Elecam doit immédiatement relever est celui de sensibiliser tous les citoyens en âge de voter - l’âge électoral est de 20 ans -, de s’inscrire sur les listes électorales.
Sur une population camerounaise d’environ 20 millions d’habitants, la moitié environ est constituée de potentiels électeurs. Depuis les premières élections législatives et présidentielles pluralistes de 1992, le nombre des électeurs inscrits et votants stagne ou ne cesse de baisser; au lieu d’augmenter. En moyenne, trois à quatre millions de citoyens s’inscrivent et un peu moins ou environ trois millions votent effectivement. Il y a nécessité à rétablir la confiance dans les élections au Cameroun.

Inscriptions sans tracasseries ni complications ?

Mais comment rétablir cette confiance lorsque le nouvel organe chargé d’organiser, de gérer et de superviser les prochaines élections n’a rien à voir avec une vraie Commission électorale nationale indépendante (Ceni) tant réclamée par une bonne frange de la société civile et une partie de l’opposition qui ne se retrouvent pas dans Elecam?

Des interrogations subsistent surtout sur les moyens mis en oeuvre pour sensibiliser et faciliter l’inscription des citoyens en âge de voter sur l’ensemble du territoire national. La preuve ? Pourquoi les inscriptions sur les listes électorales ne se déroulent-elles pas au même moment dans toutes les régions et dans toutes les antennes communales des différentes régions ?
Tous les démembrements territoriaux d’Elecam ont-ils à ce jour les personnels adéquats et les moyens de fonctionner avec efficacité, impartialité et sans aucune pression des autorités administratives ? Combien de Camerounais seront-ils effectivement inscrits sur les listes électorales avant les prochaines élections ?

Combien de Camerounais inscrits sur les listes électorales recevront effectivement leurs cartes électorales ? Le dispositif est-il prêt de manière à permettre enfin à chaque citoyen qui s’inscrit de recevoir immédiatement, sans tracasseries ni complications sa carte électorale ? Où doivent se dérouler concrètement ces inscriptions ? Uniquement dans les antennes communales ou également dans les bureaux départementaux et régionaux d‘Elecam ? Est-il autorisé de s’inscrire dans les sous-préfectures ? Les chefs de quartiers et de villages ont-ils un quelconque rôle à jouer dans ce processus ? Où se fera la centralisation des inscriptions ? Quel rôle vont jouer les services du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minadt) dans l’actuel processus électoral d’une manière générale et dans la gestion du fichier électoral en particulier ?

Les opérations d’inscriptions sur les listes électorales se font-elles dans le cadre d’une révision des listes électorales ou d’une refonte des listes ?
Autant de questions qui laissent penser qu’Elecam est loin d’avoir véritablement les moyens de sa politique et donc n’est pas encore en mesure de convaincre de sa capacité à organiser des élections crédibles, c’est-à-dire régulières, libres, justes et transparentes.

Légitime suspicion

Après les lacunes observées dans le passé dans la gestion du processus électoral par les services du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), et par l’Observatoire national des élections (Onel) dans ses deux versions (Onel I et Onel II), Elections Cameroon (Elecam) a désormais la lourde responsabilité de faire mieux; en tant que organisme supposé indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision de l’ensemble du processus électoral et référendaire.

Elecam démarre ses activités dans un contexte de légitime suspicion liée à la composition globalement monocolore des membres de la Direction générale des élections et du Conseil électoral d’Elecam. Même s’ils ont auparavant démissionné du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) avant de prêter serment, les hommes et femmes qui ont été nommés dans les principaux organes de direction d’Elecam sont tellement moulés dans l’idéologie de l’ex-parti unique et englués dans les méthodes et mécanismes du régime en place qu’il leur sera difficile de faire preuve d’impartialité, d’intégrité, d’honnêteté et de transparence dans la gestion du processus électoral.

C’est en tous cas l’opinion de certains partis de l’opposition et des organisations de la société civile qui prônent le respect des droits de l’homme et promeuvent la démocratie. D’autres observateurs estiment malgré tout qu’il faut juger le maçon au pied du mur. On n’en est plus si éloigné.

Edmond Kamguia K.

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