25/08/2010 04:02:53
Martin Stéphane Fongang : Le dernier hommage à Njawé
«... il n'y a pas de gloire sans sacrifice et tout sacrifice de soi, librement consenti ou exigé par le devoir et la solidarité, débouche nécessairement sur la gloire pour soi, pour son pays, mais surtout, pour les générations futures »
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Salut Grand Frère Njawé

Mon très cher grand frère Pius, comme dirait Charles PEGUY tu es désormais dans la pièce d’à côté car je t’entends me dire : petit frère  « Il est vrai que je suis passé dans la pièce d’à côté - Je suis ici et vous là-bas - Mais, ce que nous étions les uns pour les autres - Nous le restons toujours - Appelez-moi du nom que vous m’avez donné - Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait - N’employez pas un ton différent - Ne prenez pas un air solennel ou triste - Continuer à rire de ce qui nous faisait rire - Pensez à moi, priez pour moi - La vie signifie encore ce qu’elle a toujours été - Le cordon n’est pas rompu - Pourquoi serai-je hors de votre pensée ? Simplement parce que je suis hors de votre vue ? Soyez sans crainte, je ne suis pas loin... Je suis juste dans la pièce à côté. »

Oui cet accident fatal qui s’est produit le lundi 12 juillet à 14h 55’ (23h 55’ au Cameroun), en Virginie aux États-unis en a décidé ainsi et tu es désormais dans la pièce d’à côté. Nous ne pourrons plus nous revoir comme lors de ces rencontres où tu me donnais tant de conseils et m’offrais, à coup sûr, l’opportunité d'apprécier non seulement tes innombrables qualités d’homme de coeur, mais également ce que la vie a de plus beau à offrir quand elle bat au rythme de la sincérité et de l’honnêteté. Je me suis permis dans les circonstances de reprendre quelques mots de Michel Corbeil, pour dire aussi l’occasion «qui fait naître et qui nourrit et entretient les plus beaux moments de générosité dont le coeur humain est capable» (Boccace).


Notre première rencontre remonte à la fin des années 80, alors qu’on se battait pour que l’Institut polyvalente privée Monthé, l’IPPM, de Yaoundé ne soit pas détruite. Hélas ce fût peine perdue. Jean Monthé Nkouobité, le fondateur, un autre homme de cœur, ne s’en est jamais remis. Des milliards d’investissement pour l’éducation des Camerounais ainsi dans l’eau par décision d’un coup de tête du Chef de l’état Paul Biya. Quel méchanceté et aveuglement! Mais hélas seul Dieu est grand. Et à lui on remet tout.


Après donc Yaoundé, c’est dans la ville de Québec au Canada, que nous nous sommes revus alors qu’on s’était déplacé pour assister à une messe suite au décès de Monseigneur Ndogmo le 29 mai 1992 dans la Capitale de la province du Québec, Canada.


Depuis lors, nous nous sommes revus à Douala au Cameroun. Et je n’oublierais jamais la rencontre de 2005, au cours de laquelle tu me dis ceci : « Petit frère, tout ce que tu ferras dans ta vie, fais-le bien et avec honnêteté. Même si cela ne te procure pas fortune, tu ne regretteras pas quand viendra le moment de t’asseoir ». Tu répondais ainsi  à la lettre que je te portais de la part de mon ami et frère Modeste Mba Talla et de la discussion que nous avons eue à propos de la ligne éditoriale et de la vision de notre site www.icicemac.com.


Le Messager de la liberté
Je Puis dire que ces mots de toi ne peuvent que redessiner la façon de voir ce monde. Et je comprends pourquoi on dit de toi que tu n’étais pas un homme d’affaire. Pour tout dire, tu étais plutôt un Messager de la liberté. Un humaniste qui se battait pour le bien être de ses concitoyens. Ton pragmatisme couplé à ta ténacité, ta recherche de la vérité avaient rapidement fait de toi un icône de la lutte pour les droits et la liberté de la presse. Pour cela tu étais apprécié par tous ceux et celles qui voulaient avoir l'heure juste et espéraient vivre dans un monde honnête. Je dirais tout simplement que tu étais l’horloge avec l’heure exacte.

Grand frère, dans ce vide immense qui s’est créé depuis la triste annonce de l’absurde et fatal accident qui a anéanti presque tout le pays, surtout ta famille, tes proches, tous ceux et celles qui ont eu le privilège de te connaître et de te côtoyer, la multitude de souvenirs heureux fait revivre chez nous tous l'immense joie de vivre qui te caractérisait. Tu étais un homme au sourire large dont la seule raison de vivre était la recherche de la vérité, de la justice pour tous et dont le combat sans relâche était animé par la seule volonté de démasquer ces prédateurs qui pillent notre cher pays, le Cameroun.

Oui, le destin est très cruel. Il a voulu que tu nous quitte si jeune. Que tu prennes très tôt et définitivement congé de nous dans des circonstances très douloureuses et similaires à celles de ton épouse Jane. Le décès  surprise de cet être aussi cher pour toi ta poussé à créer une fondation pour sensibiliser tes compatriotes sur les accidents de la route au Cameroun.
Mon très cher Pius, oui je sais que tu es maintenant dans la salle d’à côté. Le souvenir de ton large sourire, de tes multiples conseils et surtout notre inoubliable première rencontre il y a plus de 20 ans me réconfortent et surmonteront la douleur de ton absence désormais éternelle.


Avec une pensée affectueuse pour tous les tiens, je te remercie de m'avoir donné l’opportunité de te connaître. T'avoir rencontré fut un grand honneur pour moi. Tu étais un Homme droit et intègre. Dans une reprise encore des mots de Michel Corbeil, on dirait simplement que pour toi aussi, «la franchise ne consiste pas à dire ce qu'on pense, mais à penser ce qu'on dit».


AzedCom group, éditeur du site www.icicemac.com et www.camerlive.net  ainsi que d’autres partenaires dont notamment la pharmacie Rideau à Ottawa paieront 5 mois de salaires sur 5 ans sous forme de bourses accordées à un étudiant ou une étudiante stagiaire en journalisme au Quotidien le Messager. Ceci se fera par le biais d’un accord avec une fondation Pius NJawé ou avec Free Media group qui gère le Messager. Mon ami et frère Modeste Mba Talla, co-fondateur du site www.icicemac.com se chargera d’envoyer le protocole au Messager.
Pour terminer, je te  laisse sur ces mots de  Yao Yao Jules  qui dit qu’« il n'y a pas de gloire sans sacrifice et tout sacrifice de soi, librement consenti ou exigé par le devoir et la solidarité, débouche nécessairement sur la gloire pour soi, pour son pays, mais surtout, pour les générations futures ».
Adieu! Admirable et inoubliable Grand Frère Pius Njawé. Oui tu es dans la pièce à côté. La vie signifie encore ce qu’elle a toujours été - Le cordon n’est pas rompu. 
Cliquez ici pour voir les images du Mémorial de Montréal : http://www.camerlive.net/en/photos/61/viewcategory/itemid-4
Et ici pour voir les images du Mémorial de Washington : http://www.camerlive.net/en/photos/54/viewcategory/itemid-4

Martin Stéphane Fongang

Martin Stéphane Fongang

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