30/08/2010 02:10:19
Le Gabon interdit l'utilisation commerciale du nom du président
En raison de l’abus de l’utilisation de l’image et du nom du président Ali Bongo Ondimba, les autorités gabonaises ont décidé d'interdire son utilisation. Une note, datée du 9 août 2010, rappelle à l’ordre les médias et les imprimeries du pays, et soumet son utilisation à autorisation.
RFI
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Du tournoi de foot aux séminaires, rares sont les manifestations au Gabon qui n'affichent pas la mention « sous le patronage du chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba ». L'intéressé lui, n'est parfois même pas au courant. D'après Flavien Enongoué, professeur de philosophie politique, la tradition est ancienne. « L’habitude a été acquise en raison de la présence du président Omar Bongo dans la société gabonaise et de son parti unique, explique-t-il. Cette présence a développé un certain nombre de reflexes, y compris de la part des acteurs sociaux qui ne pouvaient parfois rien entreprendre, sans prétendre avoir obtenu la primature du chef. La figure du père, donc d’Omar Bongo, on s’en éloigne progressivement. Il va falloir que les gens assument leurs activités... qu’ils mettent leur nom ».

Une utilisation à des fins mercantiles

Après un premier rappel à l'ordre à la fin du régime Bongo père, les autorités promettent désormais des sanctions à ceux qui continueraient d'utiliser le nom et l'image du président sans autorisation, d'autant que certains le font à des fins mercantiles. Comme le rappelle Sebastien Ntoutoume, directeur de la presse présidentielle : « Il faut signaler aussi qu’il ya une vision de racket. C'est-à-dire, vous utilisez le nom du chef de l’Etat, vous vous attirez les sympathies de ceux qui le soutiennent - et ils sont nombreux - son action. Et ceux-là peuvent faire des dons en argent et en nature. Et lorsqu’il n’y a pas de contrôle, ceux qui mènent ces activités en profitent... ».

Le Gabon ne fait pas exception. Au Cameroun aussi, les autorités ont récemment mis les points sur les i. Qui sait, c'est peut être l'affaire Madoff au Bénin qui a servi de leçon. Pris dans la tourmente, le président Boni Yayi accuse les escrocs d'avoir utilisé son image à leur profit.

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE