30/06/2009 12:29:28
Les populations bientôt payées pour la gestion forestière
Le projet, importé du Mexique et d’autres pays africains, se veut une aide aux communautés qui vivent dans ces forêts.
Le Messager
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“ Paiement pour les services environnementaux ” au bénéfice des communautés du Bassin du Congo. C’est ainsi que l’on peut résumer le projet présenté le 24 juin 2009, par le Centre pour l’environnement et le développement (Ced), en partenariat avec deux de ses partenaires que sont Bioclimate research and development (Br&d) et Rainforest foundation UK. C’était au cours d’un atelier organisé à Yaoundé, la capitale camerounaise. Ces experts de l’environnement espèrent mettre en place un système expérimenté au sud du Mexique depuis 1994, qui va permettre aux communautés de ce bassin forestier de mettre leurs terres en valeur. Selon les explications de Nillie McGhe du Bréd, les communautés vont recevoir de l’argent pour ralentir la dégradation des terres, la déforestation dont ils sont très souvent les acteurs.

“ C’est un système cadre pour réduire la pauvreté en payant les communautés pour la protection des écosystèmes ”, explique en effet l’expert du Br&d. Dans son exposé aux participants, il a expliqué l’importance d’un tel système dans la sous région qui dépend du bassin du Congo. La déforestation et la dégradation des terres sont liées à la pauvreté, tout comme les changements climatiques. Et ces phénomènes sont essentiellement des facteurs appauvrissants. D’où la nécessité “ de mettre en place un système qui va en même temps permettre le développement des communautés et la protection de leur environnement ”. Les initiateurs du projet sont optimistes, lorsqu’ils voient les résultats réalisés dans certains pays. Nillie McGhe explique que cinq projets de ce type ont été développés au Mexique, en Ouganda, en Mozambique et au Malawi. Des milliers de ménages ont bénéficié de ce projet (2 400 au Mexique, 1586 en Mozambique, etc.).

Cameroun, cobaye en Afrique centrale

Les partenaires du Ced comptent faire bénéficier aux communautés du bassin du Congo ces réalisations, ces avantages. Le Cameroun a été choisi de manière prioritaire pour cette phase pilote parce que c’est le seul pays du bassin du Congo doté d’une politique de reconnaissance des forêts communautaires. Et ce, depuis plus d’une décennie. “ En plus, il apparaît comme le laboratoire des réformes dans le secteur forestier en Afrique ”, justifie-t-on au Ced. Pour parvenir à la protection du bassin du Congo, il faut une action communautaire souple, pouvant être adaptée selon le contexte, c’est-à-dire selon les communautés. Mais, pour que le système fonctionne, il faut que cela se fasse “ de manière participative et inclusive. Lorsque les communautés reçoivent les techniques et les moyens, elles prennent conscience de l’importance de leur environnement ”.

Certains avantages de ce système de paiement des services environnementaux sont mis en avant. “ Ce système peut être un facteur déclencheur qui va faire comprendre aux populations qu’elles peuvent tirer d’autres avantages de la forêt en devenant responsables ”, explique Martin Ter de Rainforest foundation UK. De manière concrète, les populations du bassin du Congo devraient tirer profit de ce projet de trois façons : elles recevront de l’argent pour les services environnementaux qu’elles vont rendre, la biodiversité de leur environnement sera conservée. Et enfin, le capital social sera préservé avec la réduction de la pauvreté, de meilleurs moyens de subsistance. Le gouvernement, les Ong et certains programmes comme le Pes vont bénéficier des connaissances techniques dont prévoit ce système. En espérant que tous auront conscience des enjeux.

Alain NOAH AWANA

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