03/09/2010 05:29:30
Comment Fame Ndongo a fabriqué les diplômes du Bts
Le ministre de l’Enseignement supérieur a réquisitionné le temps d’un week-end l’imprimerie Colorix.
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Après son échec dans la tentative de faire faire des diplômes du Brevet des techniciens supérieurs (Bts) par le biais de l’Office du baccalauréat du Cameroun (Obc), le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo s’est orienté vers la Sopecam dont l’équipement ne pouvait fournir pareille prestation en urgence du fait de son volume de sollicitation. Selon nos sources, à l’imprimerie St Paul le Minesup à essuyé un nouvel échec. La direction n’ayant pu accéder à sa demande pour des raisons éthiques. Restait donc l’imprimerie Colorix.

Petite unité située derrière la Délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn), cette imprimerie dont les premiers équipements ont été acquis en seconde main, a la caractéristique de disposer d’un personnel hautement qualifié. C’est ainsi que son directeur, Robert Nkouamou, pour des raisons d’efficacité, va progressivement s’attribuer des équipements sophistiqués dans le segment de la photo gravure numérisée. C’est à cette imprimerie dont les exploits sont connus (en partie grâce aux plaquettes du dernier Salon Promote), que le Minesup, par l’entremise du directeur du développement de l’Enseignement supérieur au ministère du même nom, Jean Marie Essono, a passé la commande de 5000 diplômes jeudi, 26 août 2010.

Selon des informations recueillies à très bonnes sources aussi bien au ministère de l’Enseignement supérieur que dans les dédales de cette opération, les travaux qui ont pris tout le week-end dernier ont coûté 20 millions de Fcfa. Une opération d’arithmétique permet de constater que le diplôme confectionné revient à 4000 Fcfa. S’il est difficile de savoir si les parchemins brandis lundi après-midi à la presse par Jean Marie Essono sont sécurisés, des sources concordantes font savoir qu’ils sont faits sur impression laser, sur format A4 ouvert à l’horizontal de 250g couché brillant (Cb).

Sur ce détail, les professionnels s’étonnent de ce le Minesup ait fait le choix du Cb, alors que techniquement, les diplômes se font sur du mat. Ce choix qui tranche avec ce qui a déjà été vu jusqu’ici a-t-il été guidé par l’envie de faire croire que ces diplômes sont sécurisés ? Qu’importe! Toujours est-il que ce sont des parchemins faits suivants ces caractéristiques qui ont été livrés au ministre de l’Enseignement supérieur dimanche, 29 août 2010. Lors de la vérification des quantités et la qualité, apprend-on de bonnes sources, des collaborateurs de Jacques Fame Ndongo ont d’ailleurs constaté des anomalies sur environ 250 pièces reprises à l’imprimerie le même jour. L’objectif du ministre étant de parer à toute demande éventuelle des lauréats dès le lendemain lundi, 30 août dernier.

Demande d’explication

Le rebondissement de l’affaire des diplômes du Bts a suscité une réunion de crise au ministère de l’Enseignement supérieur lundi matin après la publication dans ces mêmes colonnes de la commande du Minesup à l’Obc. Et surtout de l’échec de la mission Essono auprès du directeur de cette institution appelé à la rescousse pour une intermédiation entre Jacques Fame Ndongo et Joseph Ndi Samba. Furieux de savoir que son plan secret était éventré, M. Fame Ndongo a d’ailleurs infligé une demande d’explications à M. Essono, son émissaire, soupçonné d’avoir organisé la fuite des informations au sujet des démarches entreprises le week-end après ce qu’il convient d’appeler l’affaire des diplômes du Bts.

Tout est parti de la cérémonie de remise des diplômes du Bts, du Higher National Diploma (Hnd, l’équivalent du Bts dans le système anglophone) et du Diplôme supérieur d’études professionnelles (Dsep), aux lauréats de la promotion 2009 du Complexe universitaire Siantou, le 23 août dernier. Alors que des milliers d’autres attendaient de savoir si les parchemins sont globalement disponibles, quelle n’a pas été leur surprise de savoir que le Minesup n’en a pas fait cas dans son allocution de circonstance. Pas plus qu’il n’a déroulé la procédure de retrait desdits sésames. Une fois le sujet évoqué dans ces colonnes, le ministre fait feu de tout bois et réagit. Des propos confrontés à ceux du président de l’Association des instituts d’enseignement supérieur, Joseph Ndi Samba qui a dit n’être pas au courant du projet de confection de diplômes. Comme il dénoncera la manœuvre du Minesup. Suffisant pour que le manœuvrier Jacques Fame Ndongo s’engage à faire fabriquer des diplômes à tout prix. A tous les prix. Même si le serpent doit en définitive se mordre la queue.

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