06/09/2010 14:23:44
Villégiature : Paul Biya de nouveau en Europe
Le Messager
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Ce lundi 6 septembre 2010 est jour de rentrée scolaire au Cameroun. Cet important évènement va se dérouler sans la présence sur le territoire national du président de la République du Cameroun. Paul Biya a en effet quitté le pays qu’il dirige depuis bientôt 28 ans, samedi 4 septembre 2010 pour un (autre) court séjour privé en Europe. A l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen où il a embarqué en compagnie de son épouse, et de quelques proches collaborateurs, le chef de l’Etat a reçu en audience, au pas de course entre autres, le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril, le Premier ministre, Yang Philémon ; le ministre d’Etat secrétaire général de la Présidence de la République, Laurent Esso. Et comme il est désormais de tradition, pendant que le chef de l’Etat reçoit ces personnalités, son épouse Chantal Biya s’entretient dans une salle attenante, avec les épouses de celles-ci.

De manière principale, on imagine que le chef de l’Etat, à défaut de pouvoir traiter les dossiers importants de la République au cours d’un conseil ministériel régulièrement convoqué, a donné diverses instructions à ses collaborateurs à l’aéroport ( !), avant de quitter le Cameroun. Comme disent certains inconditionnels du régime, « le président est au travail, et travaille effectivement partout où il se trouve ». Mais, la question qui préoccupe légitimement la grande majorité de l’opinion publique camerounaise est celle de savoir ce que Paul Biya cherche sans cesse en Europe au moment où on attend de le voir agir au Cameroun, sur des dossiers importants qui interpellent la vie de la nation. Même au sein du sérail politique, il y en a qui sous cape, en viennent à railler le président lorsqu’on entend qu’il s’apprête à effectuer comme d’habitude un autre voyage sur le vieux continent. « Le président va repartir chez lui en Europe », lançait avec une pointe d’ironie, une personnalité du « Parti des flammes », approchée par Le Messager il y a quelques jours, lorsque se susurrait encore la rumeur de cet autre voyage présidentiel.

Toujours aussi imprévisible

La réalité est que, en deux mois, précisément depuis le mois de juillet 2010, le président Paul Biya a pris l’avion pour l’étranger au moins quatre fois. Parti pour les manifestations du 14 juillet, la fête nationale française, le président du Cameroun est resté après cela, quelque part en Europe (du moins à un endroit inconnu de l’opinion) pendant près de trois semaines. Revenu au Cameroun au début du mois d’août, il n’est resté que quelques jours, avant de repartir pour le Congo, puis le Gabon, pour prendre part aux festivités respectives des Cinquantenaires de ces deux pays frères de l’Afrique centrale. Samedi dernier, sans prévenir, il est reparti pour un « court séjour privé en Europe ». Ceci alors que beaucoup de personnes dans son propre camp, étaient logiquement entrain d’attendre qu’il continue d’opérer des changements au sein du sérail, notamment pour ce qui est de l’équipe gouvernementale. Paul Biya, comme à son accoutumée, est resté imprévisible. Il préfère ainsi s’isoler en Europe. Un voyage qui a ceci de particulier qu’il va davantage stresser les inconditionnels du régime qui ont pris l’habitude d’épier, de scruter, et de fantasmer sur les faits et gestes du Prince. Nonobstant, évidemment, le coût en termes de location d’avion et de séjour supporté par le contribuable camerounais.

Pendant ce temps, les problèmes sur lesquels on attendait des réactions du chef de l’Etat peuvent continuer d’attendre. On pense à cette catastrophe du choléra dont les terribles effets ne sont pas encore vraiment maîtrisés. Tout comme les batailles entre hiérarques du régime continuent de s’intensifier aussi bien dans les médias que dans les coulisses du pouvoir. En définitive, peut être que Paul Biya a voulu s’isoler sur le vieux continent, pour mieux préparer à la fois le congrès de son parti, le RDPC (après les récentes consultations effectuées par groupes régionaux au niveau du comité central par le secrétaire général René Sadi). Et le fameux remaniement ministériel longtemps annoncé ? Il faut simplement s’armer de patience en attendant le retour du chef de l’Etat.

 

Jean François Channon

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