12/09/2010 17:57:02
Guinée - Présidentielle : extrême tension à moins d'une semaine du 2nd tour
Un président de commission électorale condamné à la prison pour fraude, violences entre partisans des deux camps: à une semaine du second tour de la présidentielle en Guinée, l'apaisement affiché par les deux candidats, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, a volé en éclat.
Jeune Afrique
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Le 3 septembre à Ouagadougou, sous la pression du président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, MM. Diallo et Condé signaient un "protocole d'entente pour une élection apaisée en Guinée", dans lequel ils s'engageaient au "respect mutuel".

Ce pacte aura tenu moins d'une semaine, un jugement d'un tribunal de la banlieue de Conakry rendu jeudi ayant ravivé les tensions entre partisans des deux candidats, qui se sont affrontés à coups de pierres samedi dans la banlieue de Conakry, faisant une vingtaine de blessés. 

Imbroglio à la Céni

A la suite d'une plainte du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, parti d'Alpha Condé) pour des irrégularités commises lors du premier tour du scrutin présidentiel du 27 juin, ce tribunal a condamné en leur absence deux dirigeants de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), dont son président, Ben Sékou Sylla, à un an de prison ferme pour "fraude électorale".

Aussitôt, le RPG réclamait le départ de Mme Hadja Aminata Mame Camara, présidente par intérim de la Céni en remplacement de M. Sylla - malade et soigné à Paris depuis début août - jugée trop proche de Cellou Dalein Diallo.

Réunie samedi en session extraordinaire, la Céni a opposé une fin de non-recvoir à cette exigence et maintenu Mme Camara à son poste.

"Que ceux qui ne veulent pas aller aux élections le disent", a déclaré Thierno Seydou Bayo, porte-parole de la Céni en marge de cette réunion, accusant sans le nommer le RPG de vouloir discréditer la Commission électorale pour empêcher la tenue du second tour prévu le 19 septembre.

Un avocat de la défense de Ben Sékou Sylla, Me Boubacar Barry, avait accusé le jour du jugement "le RPG et son candidat d’instrumentaliser la justice".

"Leur stratégie est de tout faire pour que le second tour ne se tienne pas à la date convenue, en organisant une implosion de la Céni", avait-il ajouté.

Violences de rue

Le RPG s'en défend et a accusé les militants de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, parti de Cellou Dalein Diallo), d'avoir provoqué les violences de samedi.

Ils auraient attaqué le domicile de M. Condé, et outre des blessés légers, six ont été gravement atteints, selon Martine Condé, porte-parole d'Alpha Condé, bilan qui n'a pu être confirmé de source indépendante. La porte-parole a affirmé que des véhicules avaient également été endommagés et volés.

Dans un communiqué publié samedi soir, elle a cependant appelé les partisans d'Alpha Condé "au calme et à la retenue", les exhortant "à ne pas céder à la provocation, faisant ainsi le jeu de ceux qui ne veulent pas des élections".

En dépit de de ces dénégations, le RPG a laissé planer le doute sur sa participation au second tour. Vendredi, un de ses dirigeants, Mohamed Diané, a affirmé qu'il participerait au scrutin "si toutes les conditions étaient réunies".

Il a cité "l'affichage des listes électorales" et "l'installation effective" de nouveaux bureaux de vote dans des régions où de nombreux électeurs n'avaient pu voter au premier tour, les bureaux étant trop éloignés de leurs villages.

La Céni et le ministère de l'Administration territoriale doivent se réunir lundi pour finaliser l'organisation de ce second tour entre l'ancien Premier ministre Diallo (43,69% au 1er tour) et l'opposant historique Condé (18,25%).

Après l'annulation pour absence de procès verbaux du vote dans cinq importantes circonscriptions, le taux d'abstention avait été de 48%.

 

 

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