20/09/2010 12:43:52
Ajustement : Le Cameroun réduit son budget de 49,4 milliards Fcfa
Le ministre camerounais des Finances refuse de dire que cet ajustement budgétaire est un désaveu des prévisions. Pour lui, il s’agit d’une responsabilité collective. Ce d’autant plus « qu’il peut arriver que les prévisions ne correspondent pas aux réalités contextuelles », soutient Essimi Menye.
Le Messager
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L’annonce a été faite par le ministre des Finances, Essimi Menye, vendredi 17 septembre dans la salle des actes de son département ministériel, en présence du ministre délégué au Budget et du ministre de la Communication. Au total, le gouvernement camerounais a décidé de « réduire » de 49,4 milliards Fcfa son budget de l’année en cours. C’est l’ordonnance n° 2010/001 du 15 septembre dernier, signée par Paul Biya (alors qu’il se trouvait à l’étranger) qui vient modifier et compléter la loi des finances de la République pour l’exercice 2010. Cette loi fixait les prévisions budgétaires en recettes et en dépenses à hauteur de 2 570 milliards Fcfa. Finalement on en restera à 2 520,6 milliards Fcfa. Ce qui fait un ajustement de 2% par rapport aux prévisions budgétaires initiales.

Selon le ministre Essimi Menye, cet ajustement budgétaire s’explique en partie par la faiblesse de l’activité économique camerounaise. « Dès le mois de mars 2010, nous avons constaté un fléchissement des recettes fiscales, douanières, pétrolières...Notamment la taxe sur la valeur ajoutée. C’est un signe précurseur qui nous permet de conclure que tout au long de l’année, l’activité économique sera faible », soutient le ministre des Finances. La conjoncture mondiale est également indexée : chute des cours du pétrole, déchéance dans le secteur forestier (bois), etc. L’ordonnance du chef de l’Etat montre d’ailleurs que les prévisions en terme de recettes sont très en baisse. Pour ce qui est des recettes propres de l’Etat, elles diminuent de 131 milliards Fcfa. La taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d’affaires va connaître une baisse de 33 milliards Fcfa selon les nouvelles prévisions. Pour les autres recettes, notamment le remboursement des avances consenties, on aura une baisse de 98 milliards Fcfa. Par ailleurs, l’ajustement budgétaire prévoit une augmentation de 102,6 milliards Fcfa sur les emprunts multilatéraux directs à l’extérieur. Les dons exceptionnels de la coopération internationale connaîtront une diminution de 21 milliards Fcfa.

On va couper où ?
L’exercice de la « coupe » n’est pas facile. Mais, la quasi-totalité des départements ministériels ont dû revoir leurs ambitions à la baisse. Ce qui est normal puisque « cette décision devrait permettre une gestion rigoureuse du budget 2010 afin d’améliorer la qualité de la dépense », souligne le ministre des Finances. Dans cet ajustement, et s’agissant du budget de fonctionnement (Bf), on remarque que la présidence de la République, les services qui lui sont rattachés, le conseil économique et social, l’Assemblée nationale, les ministères des Forêts et de la faune (MINFOF), et de l’Environnement et protection de la nature (Minep) sont les seuls à n’avoir pas connu d’ajustement dans leurs Bf. Encore que les deux derniers ministères cités sont les seuls où cet ajustement a permis de revoir à la hausse leurs budgets d’investissement public (BIP) avec respectivement 1,17 milliard Fcfa et 324 millions Fcfa. Par contre, le ministère des Travaux publics est de loin celui qui « perd le plus » avec un ajustement budgétaire total de – 47 milliards Fcfa. Viennent ensuite la Défense, la Santé publique, le Développement urbain et de l’habitat, et les Enseignements secondaires avec chacun environ 18 milliards Fcfa. Et ce qu’il faut constater est que le Bip est toujours plus touché que le Bf, sauf par exemple pour ce qui est de la Défense où le Bf est réduit de 14 milliards Fcfa environ contre 4 milliards pour le BIP.

Le ministre camerounais des Finances refuse de dire que cet ajustement budgétaire est un désaveu des prévisions. Pour lui, il s’agit d’une responsabilité collective. Ce d’autant plus « qu’il peut arriver que les prévisions ne correspondent pas aux réalités contextuelles », soutient Essimi Menye. Tout comme il parle de pure coïncidence entre cette ordonnance sans précédent au Cameroun et la visite des responsables du Fonds monétaire international (FMI), en séjour à Yaoundé depuis trois jours au moment de la sortie d’Essimi Menye.

Pas de péril sur les projets !?
Dans tous les cas, cet ajustement (le Minfi préfère ne pas utiliser le terme « coupes ») va permettre d’augmenter l’enveloppe globale de certains chapitres. Les interventions de l’Etat devraient connaître une hausse de 67 milliards Fcfa. Tout comme les dépenses communes à hauteur de 21,643 milliards Fcfa. Les interventions en investissement aussi, avec une augmentation dans les prévisions budgétaires de 37 milliards Fcfa. Lors de sa rencontre avec la presse, le ministre des Finances a par ailleurs assuré que cet ajustement budgétaire ne remet pas en cause certaines projections. « Aucun grand projet n’a été mis de côté », a affirmé Essimi Menye. Certains projets ont été gelés, d’autres remis à plus tard. Les projets priorisés sont le comice agropastoral d’Ebolowa, le Cinquantenaire des armées à Bamenda avec la construction de la pénétrante de cette ville, la route Ayos-Bonis, le barrage de Lom-Pangar, le décollage de Camair.Co, et aussi l’appui à la mécanisation agricole. Pour information, l’ordonnance du chef de l’Etat sera soumise aux députés lors de la session budgétaire de l’Assemblée nationale en novembre prochain.

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