22/09/2010 17:57:38
Pékin menace Tokyo de nouvelles représailles
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao exhorte Tokyo à libérer un capitaine chinois incarcéré et menace le Japon de nouvelles mesures de rétorsion dans une affaire qui empoisonne les relations entre les deux premières puissances économiques d'Asie.
L'Express
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Pékin menace Tokyo de nouvelles représailles

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao exhorte Tokyo à libérer un capitaine chinois incarcéré et menace le Japon de nouvelles mesures de rétorsion dans une affaire qui empoisonne les relations entre les deux premières puissances économiques d'Asie. (Reuters/Adrian Bradshaw/Pool)


Wen, premier haut dirigeant chinois à s'exprimer sur le sujet, a dit mardi lors d'une rencontre avec la communauté chinoise à New York que le capitaine d'un chalutier chinois arrêté le 7 septembre devait à présent être libéré sans condition.

Le chalutier est entré en collision avec deux navires des gardes-côtes nippons avant d'être arraisonné, dans les parages d'îlots inhabités dont la souveraineté est contestée par Tokyo et Pékin, en mer de Chine orientale. Son équipage a été remis en liberté depuis lors mais le capitaine est toujours derrière les barreaux.

"Le Japon n'a pas tenu compte des fortes et multiples protestations de la Chine, donc la Chine ne peut que prendre de nécessaires mesures de rétorsion", a-t-il dit dans des propos rapportés sur le site internet du ministère des Affaires étrangères. Le sort du capitaine de chalutier chinois a donné lieu ces derniers jours à des échanges acerbes entre Tokyo et Pékin.

"Si le Japon s'entête en dépit de nos conseils, la Chine prendra de nouvelles mesures et le Japon devra assumer seul la responsabilité de graves conséquences", a ajouté Wen, selon qui les îles font partie du "territoire chinois sacré".

Un petit groupe d'activistes a quitté mercredi le port de Hong Kong à bord d'un bateau de pêche, à destination de ces îlots, appelés Diaoyu par les Chinois et Senkaku par les Japonais.

"Nous nous rendons là-bas uniquement pour pêcher, pour prouver que les Chinois ont le droit de pêcher dans ces eaux-là", a déclaré à Reuters l'un des activistes, Lo Chau, avant que le bateau n'appareille. "Ce sont des eaux chinoises, et donc ce que nous faisons est légal", a-t-il dit. Les militants sont partis avec des provisions pour un mois et rentreront lorsqu'ils auront fait une bonne pêche, a-t-il dit.

LE JAPON APAISE LES TENSIONS

L'affaire de l'arrestation du capitaine du chalutier a "suscité la colère de tout le peuple chinois, en Chine comme à l'étranger", a estimé le Premier ministre chinois, notant toutefois l'amélioration ces dernières années des relations sino-japonaises.

Les autorités chinoises ont gelé dimanche la coopération bilatérale dans plusieurs domaines après le maintien derrière les barreaux du capitaine. La justice japonaise, qui a prolongé sa détention jusqu'au 29 septembre, le soupçonne d'avoir agi délibérément et d'avoir fait obstacle au travail des fonctionnaires locaux après la collision entre son chalutier et les bateaux nippons.

"Cette affaire a d'ores et déjà gravement affecté les relations sino-japonaises", a déclaré mardi Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le Japon tente jusqu'à présent d'apaiser les tensions.

Prié de commenter les propos du chef du gouvernement chinois, le secrétaire général du gouvernement japonais a souhaité que Wen rencontre son homologue Naoto Kan "dès que possible".

"Il serait bon d'avoir dès que possible des discussions à un haut niveau sur les dossiers stratégiques", a-t-il dit.

La diplomatie chinoise a déjà exclu qu'une telle rencontre puisse avoir lieu dans l'immédiat.

Le problème sera traité conformément aux lois japonaises, a dit le chef de la diplomatie Seiji Maehara, cité par la télévision publique NHK.

Interrogé par le Financial Times, Naoto Kan a relativisé l'ampleur de la dispute.

"Je pense que si tout cela est traité avec calme, il est tout à fait possible que ce ne soit qu'un problème temporaire", a-t-il dit.

L'affaire du capitaine est devenue le symbole de la défiance entre Pékin et Tokyo qui perturbe les relations sino-japonaises depuis des décennies, entre les querelles territoriales, les rancoeurs nées de l'occupation japonaise en Chine et la bataille pour la domination économique régionale. Mais aucun des deux pays ne veut prendre le risque de freiner l'accélération de leurs échanges économiques, estiment les experts.

Avec Chisa Fujioka à Tokyo, Clément Guillou et Eric Faye pour le service français

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