23/09/2010 04:13:04
Choléra quand tu nous tiens !
400 morts pour Paul Biya c'est rien. Mais Où est donc passé le président de la République, au moment où le choléra, après avoir frappé la partie septentrionale de notre pays où cette épidémie  a déjà emporté près de 400 de nos compatriotes,conforte maintenant son nid des les villes de Yaoundé et de Douala?
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Ah oui! C'est vrai le président Paul Biya, élu du peuple, était en séjour privé en Europe et est par la suite à New York, où il a parlé de la pauvreté à la tribune des Nations Unis dans le cadre du sommet de l'ONU sur les objectifs du millénaire pour le développement qui cette année fait un bilan sur l'avance de la lutte contre la pauvreté dans le monde.
On espérait tellement qu'il ferait allusion des épidémies dans son speech. Car le cholera, dit-on, est un marqueur de la pauvreté. Lorsqu'il  s'installe durablement dans un pays comme c'est le cas dans notre pays, c'est qu'il y a la pauvreté. C'est donc un bon indicateur de l'appauvrissement de la population mais surtout de l'incapacité du pays à fournir les éléments primaires pour une condition de vie saine. À commencer par l'eau potable.

D'autant plus que le choléra apparaît généralement dans des pays en guerre où dans des zones victimes d'une catastrophe naturelle.  Dans ces deux cas, la diarrhée et le choléra sont souvent annoncés comme premiers cas d'épidémies susceptibles de frapper les populations sinistrées. Or le Cameroun ne fait face à aucune de ces situations. La raison la plus plausible reste donc la pauvreté.

Pour reprendre ses propres mots prononcés devant l'Assemblée des Nations Unis le 27 septembre 2010, le Président Paul Biya est bien conscient que « Le deuxième facteur qui me semble essentiel à la réalisation des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) est l'accès à l'énergie. Il ne fait aucun doute aujourd'hui que les ressources énergétiques ont un effet multiplicateur sur l'atteinte des objectifs relatifs à la réduction de la pauvreté, à l'éducation, à la santé, au genre et à l'environnement. Les ressources énergétiques facilitent aussi bien l'augmentation de la production agricole que l'approvisionnement en eau et I'éclosion des activités  génératrices de revenus pour les populations les plus pauvres, notamment les femmes». 10 ans après le
lancement de l'OMD par les Nations Unis, on peut se demander quel est le bilan pour le Cameroun?

Les Camerounais aimeraient bien voir souvent leur président élu, leur tenir ce genre de discours sur le développement. Car il faut avouer que dans le cas de notre pays, Il n'est pas normal que le cholera  nous touche aussi durablement. Et que l'État ne parvienne pas à circonscrire l'épidémie. De son foyer initial, il a réussi à faire son chemin jusqu'à Yaoundé et Douala. On recense désormais quelques cas très graves dans la Capitale et la  métropole du Cameroun. 
23" height="215" />N'avions-nous pas déjà entendu cette phrase qui voudrait que quand « Yaoundé respire, le Cameroun vit ». Que dire donc aujourd'hui : « Quand Yaoundé est malade, le Cameroun... ». Est-ce sans doute pour contrer cela qu'une forte délégation de personnalités s'est déplacée pour voir de leurs propres yeux le cas de choléra en provenance du Nord?
On se rend compte que le cholera  n'est pas une maladie du grand nord comme le gouvernement a voulu laisser croire. Il fait tranquillement son chemin et s'étend maintenant à Yaoundé et Douala.
La réalité est simple. Tant qu'il n'y aura pas d'eau potable, il y aura toujours des foyers de choléra. Car on a beau dire aux citoyens de se laver les mains et de laver les fruits avant de manger, ce sont les tous premiers mots d'hygiène qu'on enseigne à la maternelle. L'accès à l'eau potable restera toujours le premier élément d'hygiène et de lutte contre les épidémies comme l'a si fort heureusement reconnu le président Paul Biya dans son speech à la tribune des Nations Unis. Oui il faut que les mains tout comme les fruits soient lavés avec de l'eau potable.  Il n'est un secret pour personne que l'eau est au centre d'hygiène de la vie. Donc le véritable problème ici serait l'accès à l'eau potable.

Et pour y parvenir, l'État doit arrêter de se placer toujours en situation de réaction et non d'anticipation. C'est bien d'allouer 2,5 milliards de francs  pour circonscrire l'épidémie après coup. Mais On ne dira jamais assez que
prévenir vaut mieux que guérir.  Qu'un membre du gouvernement passe à la télé pour expliquer qu'il faut se laver les mains est peut être louable.  Ce n'est qu'une solution circonstancielle sans véritable effet sur le long terme car ce n'est rien de nouveau. La solution durable est la qualité de l'eau et d'assurer une meilleure couverture sanitaire dans les zones habitables.

Où est passée la campagne d'hygiène et salubrité qui existait avant que le pouvoir ne soit offert gratuitement à M. Paul Biya?
Pour neutraliser cette épidémie, réglons nos problèmes d'égouts, ramassons les déchets et le choléra disparaîtra. Même si le président n'est pas celui qui doit demander à la population de toujours se laver les mains, entant qu'élu du peuple, il doit s'assurer que chaque fois que les camerounais ouvrent leur robinet, qu'il y coule de l'eau potable comme au palais d'Étoudi. Et sur ce point, Paul Biya a échoué. Le Cameroun vit aujourd'hui au rythme de coupure de courant et d'un manque criant d'eau. On distribue de l'eau potable au Cameroun comme dans un pays sinistré ou en guerre!
Faites un tour dans les camps sic et vous verrez de vos propres yeux et vous sentirez des odeurs de vos propres nez. Pour être simple, le choléra qui frappe le Cameroun aujourd'hui est une maladie de la pauvreté, c'est un problème de vision, bref c'est une maladie de mauvaise gouvernance car on sait que le précédent ministre de la Santé est en prison pour détournement de fonds.  Le Président Biya est-il encore l'homme de la situation? À nous de décider de notre avenir. Ne dit-on pas «La santé avant tout !». Oui cette santé doit être pour tous les citoyens.
 
Martin Stéphane Fongang
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Martin Stéphane Fongang

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