01/07/2009 15:10:40
Protocole de Maputo : Les musulmans contre l'article 14
Le président national de l’Union islamique du Cameroun, dénonce comme les catholiques, certaines dispositions de cet article.
La Nouvelle Expression
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El Hadj Mokhtar Aboubakar Omar, le président national de l’Union islamique du Cameroun, et imam central de la mosquée de Douala New-Bell, dans une note faite au nom de toute la communauté musulmane du Cameroun, se dit indigné du « désastre qui se profile à l’horizon avec l’article 14 du protocole de Maputo qui prône l’homosexualité et l’avortement ».

L’imam indique qu’il ne s’agit pas d’imiter comme d’aucuns le croiraient, l’initiative des évêques catholiques qui condamnent, eux aussi, le protocole de Maputo en son article 14. Mais de continuer dans la lancée entreprise par la famille musulmane depuis 2005. Il insiste sur l’importance de la vie humaine dans la famille et au sein de toute la communauté. Laquelle vie humaine doit être respectée et protégée depuis le moment de conception. Il n’est donc pas question comme le permet des dispositions de cet article, de laisser libre cours à la femme de choisir, d’une part, les méthodes de contraception et d’autre part autoriser l’avortement quelque soit le cas. Il précise que, comme les catholiques, toutes les écritures saintes et la morale, il n’est pas possible de cautionner de telles abominations.

Etant donné que l’homme ne devrait pas inventer ce qui participe à la destruction de l’humanité. El Hadj Mokhtar Aboubakar Omar renvoie, entre autres, à l’ancien et au nouveau testament, au coran, pour rappeler que Dieu avait puni les habitants de la ville de Lourdes en Irak pour des pratiques homosexuelles. A propos de l’avortement, il cite sans détour deux versets (8 et 9) du chapitre sur l’obscurcissement : « Et qu’on demandera à la fillette enterré vivante, pour quel péché elle a été tuée ». Ainsi, il dit ne pas comprendre par quelle alchimie ce projet est passé à l’Assemblée nationale sans tenir compte des sensibilités du peuple camerounais en général et des croyants en particulier. Encore moins, ce qui a motivé le chef de l’Etat à signer le 28 mai 2009, le décret portant ratification dudit protocole à la charte africaine des Droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits de la femme. « Raison pour laquelle, nous condamnons avec la dernière énergie cet article du protocole de Maputo », tranche t-il.
 
Usurpation de titres

El Hadj Mokhtar Aboubakar Omar en profite pour fustiger au sein de la communauté musulmane de la capitale économique, le désordre qui y a fait son nid. Avec en ligne de mire, sans la citer une branche islamique dont « certains membres usurpent le titre de chef spirituel, créent des mosquées dans les quartiers, et s’installent » sans aucun respect de la réglementation. Des pratiques qui déstabilisent la communauté islamique et mettent à mal la foi des croyants. Sur ces aspects, El Hadj Mokhtar Aboubakar Omar explique que, pour être chef spirituel, il faut être consacré par trois associations islamiques légalement reconnues. Notamment : l’association culturelle islamique, l’association de solidarité islamique et l’union islamique du Cameroun. Une démarche qui vaut même pour ceux qui doivent présider la prière du vendredi. En plus, précise le responsable religieux, les concernés doivent avoir fait de bonnes études en théologie, connaître le coran, être bilingue et connaître la loi du pays. Pour étayer son propos, il s’appuie sur le verset 4 de la sourate 14 du coran. « Et nous n’avons envoyé de messager qu’avec la langue de son peuple, afin de les éclairer. Allah égare qui il veut et guide qui il veut. Et, c’est lui le tout puissant, le sage ».

Louis Blaise Ongolo

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