24/09/2010 13:51:54
Paul Biya: l'Afrique est pręte pour un «Plan Marshall»
A la tribune des Nations unies, le président camerounais a plaidé pour une intensification de l’aide des pays développés en faveur de l’Afrique.
Journal du Cameroun
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http://www.africatime.com/data/nouvelles/201477.jpgLe devoir pour les pays développés d’intensifier leur aide à l’Afrique

Le président Paul Biya de la République du Cameroun a regretté ce jeudi devant l’Assemblée générale de l’ONU, que l’aide au développement stagne et reste en-deçà des engagements des pays développés de lui consacrer 0,7% de leur PNB. La prise de conscience, au tournant du siècle dernier, des conséquences catastrophiques d’un accroissement de la pauvreté paraît s’être considérablement émoussée, a-t-il estimé. La communauté internationale, a-t-il indiqué, ne peut rester indifférente devant la menace des «émeutes de la faim» qui risquent de miner les efforts réalisés vers l’objectif de faire progresser la démocratie et assurer le développement en Afrique. Jusqu’ici, a estimé le président camerounais, les solutions retenues par les organisations internationales n’étaient probablement pas à la hauteur des enjeux.

L’Afrique, a-t-il souligné, a accumulé trop de handicaps au cours de l’histoire. Paul Biya reconnaissant tout de même que ses dirigeants ont sans doute manqué de rigueur. L’Afrique, a-t-il poursuivi, qui a beaucoup changé paraît prête à un large débat d’idées pourvu qu’il soit conduit dans un véritable esprit de partenariat. Ainsi, a-t-il espéré, pourrait prendre corps ce fameux «Plan Marshall» souvent évoqué mais qui tarde à voir le jour. Le plan Marshall du nom du général américain qui l’avait initié avait consisté pour les Américains, après la deuxième guerre mondiale, à renforcer les économies d’une Europe presque détruite.

Le président camerounais a indiqué que c’est en gage de cette nouvelle maturité que son pays avait organisé à Yaoundé sa capitale, à l’occasion du cinquantenaire de son indépendance, la Conférence internationale «Africa 21» qui a donné lieu à une déclaration finale, véritable «guide» pour la réhabilitation de l’Afrique visant à faire en sorte que le continent ne reste pas en position d’éternel assisté et joue le rôle qui lui revient dans les affaires du monde.

La déclaration de Yaoundé proposé comme guide

Invoquant en effet l’absence de l’Afrique au Conseil de sécurité, le Président a stigmatisé le fait que le continent ait été longtemps traité «en objet des relations internationales». Les peuples africains aspirent à davantage de compréhension et de sympathie au vrai sens du terme, a souligné le Président, car, a-t-il expliqué, si l’évolution actuelle du Cameroun se confirme, il peut espérer, à moyen terme, accéder au statut de pays émergent.

Tel est, a-t-il affirmé, l’état d’esprit de la majorité des pays africains qui attendent de la communauté internationale plus de compréhension, de solidarité et sans doute aussi davantage de fraternité. le président Biya est enfin revenu sur le cas du Cameroun, pour indiquer qu’il avait connu de légères améliorations sur le plan économique et social et que cette évolution était à l’image de l’Afrique toute entière. Pour une nouvelle dynamique de l’Afrique, Paul Biya propose donc la déclaration finale de la conférence Africa 21, dont il a été à l’initiative. Une proposition qui pourrait ne pas passer. Tous les pays africains n’étaient pas à la conférence de Yaoundé et de ce fait, ne se sentent pas toujours liés à la déclaration. Parmi les plus réticents, les pays anglophones qui ont une autre idée du développement.

Parlant au nom des dirigeants de l’Afrique en sa qualité de président en exercice de l’Union Africaine, le président Bingu Wa Mutarika du Malawi a d’emblée regretté que les médias privilégient les misères de l’Afrique au détriment des succès enregistrés par un certain nombre de gouvernements du continent. Nous n’entendons pas parler des succès en matière de participation démocratique et de bonne gouvernance, de la tenue d’élections multipartites et pacifiques, des taux élevés de croissance macroéconomique dans certains pays africains, a-t-il dénoncé. 

Idriss Linge

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