30/09/2010 05:48:13
Droit de réponse de Benjamin Ngachoko Mr. Mouctar Baldé
...Votre document est constitué d'informations incomplètes, mais aussi et malheureusement parfois fausses. Les omissions volontaires que vous avez délibérément choisies de faire sur moi et sur l'Institut International pour la Justice et le Développement (IIJD) font plus ressortir un désir réel de discréditer que d'informer vos lecteurs. Néanmoins, permettez que j'apporte quelques éclairages pour les lecteurs.
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Réponse de Benjamin Ngachoko à Mr. Mouctar Baldé de Guineenews


Monsieur Mouctar Baldé,
J'ai lu l'article que vous avez rédigé et posté sur le site de Guineenews concernant ma personne le jeudi 23 septembre 2010. En publiant votre article de Los Angeles après que l'un des représentants et responsables de Guineenews à New York m'ait contacté pour une interview qui était en cours de réalisation, vous avez jeté du doute sur l'aptitude organisationnelle et le degré de coordination au sein de l'équipe de Guineenews que je respecte. En plus, votre document est constitué d'informations incomplètes, mais aussi et malheureusement parfois fausses. Les omissions volontaires que vous avez délibérément choisies de faire sur moi et sur l'Institut International pour la Justice et le Développement (IIJD) font plus ressortir un désir réel de discréditer que d'informer vos lecteurs. Néanmoins, permettez que j'apporte quelques éclairages pour les lecteurs de Guineenews et tous les autres sites internet qui ont redistribué votre article.


Je suis effectivement arrivé aux Etats Unis en 1997 après avoir vécu en Afrique de l'ouest et principalement au pays de Thomas Sankara, le Burkina Faso. Ce fut pour moi un honneur personnel et un plaisir d'avoir été autorisé par le gouvernement du Burkina Faso, à aller finir mes études en droit public international à l'Université de Ouagadougou. J'arrive au Burkina Faso en 1993 après avoir été exclu et interdit d'accès à l'Université de Yaoundé et à toutes les autres universités et grandes écoles du Cameroun par décret du gouvernement de Mr. Paul Biya, pour avoir eu le courage (ou l'audace) de créer et diriger, avec un groupe d'amis étudiants, le mouvement estudiantin au Cameroun en 1990. Si vous connaissez l'histoire de la promotion de la démocratie en Afrique et singulièrement au Cameroun des années 1990, je n'ai pas besoin de vous dire plus sur la contribution des étudiants et leurs leaders à cette époque. Mais permettez que j'ajoute que je n'ai aucun regret d'avoir très tôt dédié ma vie à la démocratisation et au développement de l'Afrique. Mon engagement et mon militantisme ont commencé au moment où il était particulièrement dangereux de le faire en Afrique. Je suis encore plus fier aujourd'hui de n'avoir jamais abandonné cet engagement pris il y a plus de vingt ans.


Vous affirmez dans votre article que j'ai déposé une demande d'asile aussitôt arrivé aux Etats-Unis, ce qui est faux. Néanmoins, Je dois affirmer que j'ai beaucoup d'admiration pour les individus qui prennent des risques pour un changement positif dans leur pays. Quoiqu'il en soit, je voudrais vous rassurer que toute victime de persécutions politiques peut demander l'asile politique aux Etats-Unis et bénéficier de protection qu'il ne peut obtenir des autorités de son pays d'origine. Vous signalez que j'ai un diplôme de droit de l'Université de Ouagadougou, sans ajouter que je suis aussi diplômé de l'école de droit de Boston University aux Etats Unis, et que j'ai en plus eu une formation en gestion des organisations. Toutes ces informations se trouvent sur le site de l'IIJD d'où vous avez certainement pris quelques informations. C'est grâce à ma formation de juriste que de temps en temps, avec beaucoup de plaisir, à titre personnel et gratuitement, depuis 1999 j'ai aidé des dizaines d'Africains, y compris des guinéens, à régulariser leur situation aux Etats-Unis. Je dois préciser que ceci ne s'est jamais déroulé dans le cadre de l'IIJD parce que l'Institut ne traite pas des dossiers d'immigration. Sur ce point de diplôme, j'aimerais ajouter que si l'éducation est absolument nécessaire pour le développement des pays africains, les diplômes en eux-mêmes ne font pas nécessairement de bons leaders, ce dont l'Afrique a urgemment besoin. Les gens devraient être appréciés par leurs réalisations et non par le nombre de diplômes qu'ils ont obtenus et d'où ils les ont obtenus. Mon engagement par exemple, ne découle pas des diplômes obtenus de quelle que université que ce soit.


S'agissant de mon épouse, Paulette Meyitang Ngachoko que vous avez mentionnée, je signale qu'elle est Avocate aux USA, membre du Barreau de New York, l'un des barreaux les plus sélectifs des Etats Unis. Elle avait déjà, avant d'immigrer aux Etats-Unis, été admise au barreau du Burkina Faso. Ensemble, nous partageons plus de quarante années d'expérience et de lutte pour une gouvernance démocratique en Afrique, le respect de la règle de droit et les reformes institutionnelles.


Vous écrivez sur l'IIJD sans toute fois dire ce qu'elle est. L'IIJD n'est pas une organisation Camerounaise et ne l'a jamais été. Vous savez certainement que le fait que je sois d'origine camerounaise et la dirige ne rend pas cette organisation camerounaise. D'autre part, l'IIJD, c'est plus que Maitre Paulette Ngachoko et moi même. Quoique j'aie contribué à créer cet institut, l'IIJD est géré par un conseil d'administration de quinze personnes et avec un groupe de conseillers, des partenaires et consultants présents dans une dizaine de pays Africains. C'est aussi plusieurs centaines de stagiaires et chercheurs depuis 2005.


Pour éclairer vos lecteurs, International Institute for Justice and Development (IIJD) est une organisation américaine à but non lucratif, spécialisée en matière de justice et développement créée en 2001 aux Etats-Unis et enregistrée à Boston (non aux alentours de Boston), dans le Massachusetts. L'IIJD a pour mission de lutter contre la pauvreté et le sous-développement en démantelant les barrières systémiques et en reformant les institutions de gouvernance qui créent un environnement de corruption, d'exclusion, de répression et de stagnation économique en Afrique. L'analyse que nous avions faite de la situation du continent africain bien avant l'an 2000 et qui a concouru à la création de l'IIJD en 2001, a été renforcée par les conclusions de la conférence internationale organisée par l'IIJD en 2006 sur l'Etat de l'Afrique : A savoir, que les systèmes de gouvernance supportés et entretenus par de mauvais leaderships et d'ineptes institutions établies pendant ou après la colonisation dans les pays africains, étaient la principale cause de la pauvreté persistante et de la crise du développement en Afrique. En effet, l'environnement répressif et les barrières contre les droits civiques et libertés politiques, produits par ces systèmes de gouvernance et maintenus par les institutions gouvernementales Africaines paralysent l'ingéniosité des peuples et prédestinent le continent à la pauvreté. Pour ceux qui veulent en savoir plus, veuillez visiter notre site à : www.iijd.org


Ce qui importe pour l'IIJD en Guinée comme ailleurs en Afrique, ce ne sont pas seulement les élections ou changements d'hommes, mais les reformes institutionnelles qui créeront un environnement garantissant le renforcement de la démocratie et le développement durable. En Afrique, il ne suffit pas seulement de changer les hommes, mais il faut reformer complètement les systèmes de gouvernement. Le General Sékouba Konaté nous a prouvé depuis le 15 Janvier 2010 que c'est possible de procéder en Afrique à une transition d'une dictature à une démocratie en posant des actes concrets en un temps record. L'interview qui sera publiée sur ce media dans les prochaines heures donnera plus amples explications sur les raisons du choix du Président de la transition, le General Sékouba Konaté par l'IIJD pour recevoir le prix « Africa Leadership Award » qui lui sera présenté au cours d'une cérémonie qui se tiendra à Washington DC aux Etats Unis d'Amérique dans les prochaines semaines.
Vous ne pesez certainement pas l'ampleur de ce qui se déroule dans votre pays, mais le Président de la transition guinéenne mérite des encouragements, mais aussi et surtout reconnaissance. C'est depuis Mai 2010 que nous avons décidé d'offrir un prix au général Sékouba Konaté. Je voudrais aussi vous informer qu'avant de voyager pour la Guinée, nous avions déjà rencontré et expliqué aux autorités américaines et précisément à la Maison Blanche, la nécessité d'organiser une telle cérémonie aux Etats-Unis. Bien entendu l'administration du Président Barack Obama était sceptique au départ. Mais par suite a reconnu la justesse de notre projet et son impact pour l'Afrique.


Je me suis effectivement rendu en Guinée pour faire une évaluation de la situation et discuter avec les acteurs de la transition et la société civile guinéenne. C'est au cours de mon séjour en Guinée que le général Sékouba Konaté a été informé de ce que nous envisagions de faire à la fin du processus de transition. J'aimerais aussi signaler ici que mon voyage et mon séjour en Guinée ont été entièrement financés par l'IIJD et que l'IIJD n'a jamais reçu aucune compensation du contribuable Guinéen. C'est par amour pour l'Afrique et pour la Guinée que nous investissons autant, même si en retour nous ne recevons aucune reconnaissance des gens comme vous
Pour conclure, je dirai que les africains devraient se débarrasser de leur complexe, ils devraient croire en leurs potentialités, et s'investir dans le changement et le développement de leur continent. Si seulement nous pouvons commencer à reconnaitre et soutenir les exploits ou réalisations des nôtres, honorer nos héros, nous ferions facilement des progrès. Nous devons nous tenir la main au lieu de nous dénigrer et nous jeter des pierres.
Un dernier mot pour la Guinée. Je comprends que vous soyez tous très préoccupés par le processus électoral actuel, mais il faut être prêt à travailler d'arrache-pied pour consolider cette démocratie naissante. Le plus gros du travail reste à venir, la liberté et la démocratie sont une conquête perpétuelle. Ayons la foi et le courage de les consolider en Guinée et les répandre partout ailleurs en Afrique. Notre avenir dépend de nous !!!


Je vous remercie.
Benjamin Ngachoko

Contexte original: www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=2348

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