05/10/2010 11:54:48
Rumeurs de modification constitutionnelle Yaoundé
Le magazine Notre Afrik analyse la probable restauration du poste de vice-président de la République dans l'agenda politique.
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D'où est venue cette idée que le président Paul Biya aurait en plan la création d'un poste de vice-président de la République ? Question difficile tant la rumeur est tenace au Cameroun. Rumeur qui, par le passé, a souvent été épousée par un environnement politique dont l'agenda est loin d'être clair pour tout le monde. Quoi qu'il en soit, cette option déjà en vigueur au lendemain de l'indépendance ferait partie de la «Stratégie et (des) positionnements» en cours «Dans les coulisses du régime Biya». C'est du moins ce qu'en dit le correspondant du magazine panafricain Notre Afrik à Yaoundé.

Une option qui découle d'une analyse du landerneau politique en place au sein du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Un parti qui s'active depuis quelques mois, sans doute en vue de l'échéance présidentielle de l'année prochaine.

Parti dont le fonctionnement des organes statutaires (bureau politique, comité central, congrès) brille par ses hésitations. En témoigne «Le comité central, qui a perdu pas moins de 40 de ses membres (et qui) ne s'est jamais réuni depuis sa désignation». Ou encore le «bureau politique (qui) siège de manière épisodique, selon le bon vouloir du Président national, qui est également président de la République, au palais présidentiel».

Et pour que la rumeur sur la création de ce poste soit crédible aux yeux de l'opinion, il se susurre un congrès imminent pour le Rdpc qui «devrait, selon les sources dignes de foi, servir à entériner une autre volonté politique du chef de l'Etat : modifier la constitution pour y intégrer le poste de vice-président de la République». Une rumeur qui pourrait, si elle devenait réalité, prendre à contre pied un président qui faisait savoir il n'y a pas longtemps sur le plateau de la chaîne de télévision française France 24 «qu'on ne devrait pas parler de «dauphinat» dans une République». Ce qui ne serait pas bien grave vu que le discours politique est ainsi pavé de double sens que seuls peuvent décrypter les initiés de la chose.

Et du coup, on se prend à attendre avec quelque impatience pour les tenants de cette thèse la prochaine session parlementaire qui interviendra le mois prochain. Des députés seraient-ils déjà dans la confidence ? Le correspondant ne le dit pas. Toujours est-il qu'il écrit : «Selon toute vraisemblance et compte tenu de la tradition des équilibres géopolitiques et linguistiques du pays, le vice-président pourrait être issu de l'une des deux régions anglophones du Cameroun. Cela brouillerait tous les scénarios de succession à la tête de l'Etat jusque-là esquissés».

Scénarios qui pourraient aussi demeurer en leur état de rumeur tant le président Biya, vieux routier de la politique, a souvent désarçonné plus d'un observateur. Lui qui «Loin de toutes ces supputations sur les scénarios de sa succession (...) prépare tranquillement sa réélection, l'an prochain». Une posture qui pourrait déboucher dans les prochains jours -comme il se murmure au Cameroun- sur un prochain remaniement ou réaménagement de l'équipe gouvernementale autour de Philemon Yang sur lequel planerait déjà un sursis. A moins que Paul Biya au finish ne fasse tout simplement rien 

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