05/10/2010 14:40:57
POLÉMIQUE - Le Nobel de Robert Edwards déplaît au Vatican
Le Vatican a vivement critiqué le choix du "père" de la fécondation in vitro pour le prix Nobel de médecine 2010, Robert Edwards.
Le Point
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L'attribution du prix Nobel de médecine à l'inventeur de la fécondation in vitro, Robert Edwards, a été très sévèrement critiquée par le Vatican. Selon le président de l'Académie pontificale pour la vie, monseigneur Carrasco de Paula, Robert Edwards est responsable de l'existence de millions d'embryons qui risquent pour la plupart d'être abandonnés ou détruits. L'évêque espagnol a également dénoncé, lundi, "le commerce d'ovocytes". En outre, le médecin britannique serait responsable des situations paradoxales dérivantes de la procréation assistée, telles que la naissance d'enfants mis au monde par des mères porteuses "ou parfois même par leur grand-mère." "Edwards n'a pas résolu, ni du point de vue pathologique ni du point de vue épidémiologique, le problème, bien réel, de l'infertilité, a conclu monseigneur Carrasco de Paula. Il n'a fait que détourner la question."

Un anathème repris sur les antennes de Radio Vatican par le professeur Lucio Romano, président de l'association Science et vie. "Edwards a marqué la science, car il a transposé du règne animal à la médecine les techniques de fécondation artificielle connues depuis longtemps. Mais cela est loin d'être un progrès pour l'humanité." Selon le scientifique très proche du Vatican, "ce Prix Nobel ne respecte pas les problématiques éthiques liées à la fécondation artificielle."

Mais si le Vatican condamne Robert Edwards, de nombreux Italiens saluent sa reconnaissance par la communauté scientifique et souhaitent qu'elle inspire le législateur transalpin. La loi italienne sur la fécondation in vitro est en effet très restrictive. Elle reconnaît notamment un statut juridique à l'embryon dès sa conception. Elle interdit la fécondation avec un donneur tiers ainsi que les diagnostics préimplantatoires pour les couples dont l'un des parents est porteur d'une maladie génétique. "Nos législateurs devraient commencer à réfléchir à une réglementation libérée des visions idéologiques", a déclaré la sénatrice radicale Donatella Poretti.

Dominique Dunglas

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