02/07/2009 12:17:25
Un an après, Ingrid Betancourt pense aux otages encore détenus
Un an après sa libération par l'armée colombienne, Ingrid Betancourt exhorte la communauté internationale à "aller au-delà du possible" pour obtenir l'élargissement des otages encore détenus par la guérilla.
Reuters
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

"Cela fait aujourd'hui un an que j'ai été libérée avec d'autres de mes compagnons de détention, après plus de six années de captivité. A l'occasion de cet heureux anniversaire, je souhaite rendre grâce à Dieu", déclare l'ancienne candidate à la présidence colombienne dans un communiqué.

Otage depuis février 2002 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Ingrid Betancourt a été libérée le 2 juillet 2008, avec trois Américains et onze militaires, par un commando de l'armée colombienne se faisant passer pour les employés d'une ONG.

Dans sa déclaration, elle rend hommage aux militaires qui l'ont libérée et remercie "les plus hautes autorités de l'Etat colombien et de l'Etat français sans lesquelles rien n'aurait été possible".

"Je n'oublie pas les chefs d'Etat du continent latino-américain qui, par leur action, ont contribué à cette libération (...) Je n'oublie pas non plus la presse qui a relayé les informations relatives à ma captivité", écrit-elle.

"Que cette date soit pour moi l'occasion de leur exprimer mon immense reconnaissance et celle de ma famille. Qu'elles sachent qu'elles sont aimées et portées dans nos coeurs avec toute la tendresse de notre bonheur retrouvé."

"FAIRE BOUGER LA MONTAGNE DE L'INDIFFÉRENCE"

"Et que dans ces liens de solidarité qui nous unissent, nous puissions trouver la force pour changer le redoutable destin de ceux qui sont encore prisonniers", poursuit-elle.

"Oui, Il faut faire plus. Pablo Emilio Moncayo et 21 autres de mes compagnons attendent de nous des miracles", ajoute-t-elle en évoquant le sort de Moncayo, un militaire détenu par les Farc depuis fin 1997, et dont la guérilla avait annoncé en avril la libération prochaine.

"Car faire notre possible n'est plus suffisant, il faut aller au-delà du possible. C'est dans le rassemblement de notre énergie, de nos prières, de nos réflexions, que nous pourrons faire bouger la montagne de l'indifférence et de l'oubli. Je sais que je peux continuer à compter sur elles", conclut Ingrid Betancourt.

L'ancienne sénatrice, qui vit principalement en Europe, a effectué en novembre dernier une vaste tournée en Amérique latine destinée à relancer les pourparlers en vue de la libération des otages encore détenus par les Farc.

Ces derniers, qui ont relâché en février dernier leur dernier otage politique, ont manifesté à plusieurs reprises leur souhait de libérer d'autres captifs en échange d'un élargissement de plusieurs des leurs par Bogota.

Le groupe rebelle veut rouvrir des discussions avec les autorités mais le président Alvaro Uribe exige qu'il mette d'abord fin à ses attentats, aux enlèvements et au trafic de drogue.

Au plus fort de sa mainmise, la guérilla contrôlait une partie importante du territoire colombien, mais elle a depuis perdu du terrain sous l'effet de la politique du président Alvaro Uribe, soutenue par les Etats-Unis. Trois de ses chefs sont morts l'an dernier et des désertions croissantes frappent ses rangs.

Pascal Liétout

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE