12/10/2010 14:23:51
Les universités d'Etat paralysées par une grève
Les six universités d'Etat du Cameroun sont, depuis lundi, paralysées par une grève à l'appel du Syndicat national des personnels.
MutationsetAPA
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Hier était officiellement jour de rentrée universitaire au campus de Ngoa-Ekéllé. Le pas alerte, quelques étudiants, pour la plupart nouveaux, déambulaient ainsi dans l’enceinte de la «mère des universités». Affairés à remplir des formalités administratives, d’autres «Bleus» vont apprendre à leurs dépens, dans divers services, qu’ils ne peuvent pas être servis. Les plus infortunés ont buté sur des portes fermées à double tour. C’est que, le personnel administratif de cette institution académique a décidé hier lundi de mettre à exécution son mot d’ordre de grève, dont le préavis a été expédié le 6 octobre dernier au ministre de l’Enseignement supérieur. Service de la scolarité, bibliothèques, service du courrier, centre des œuvres universitaires, service des logements, service de la documentation, dans les facultés, etc., le travail a été suspendu au grand dam des usagers.

Par dizaines, les employés se sont massés devant le rectorat de l’université de Yaoundé I dès 8h du matin. Visages burinés, mines déconfites, de nombreux grévistes, tous âges confondus, ont adopté la station debout pendant que d’autres s’asseyaient sur les bancs publics ou sur des blocs de bétons à l’entrée du bureau du recteur. Un haut-parleur à bout de bras, le président du syndicat national des personnels d’appui des universités d’Etat du Cameroun (Synapauc), Michel Bilong, se lancera dans une harangue particulièrement enflammée : «L’heure est venue de manifester pour le statut spécial qui nous a été promis soit effectivement signé. Le succès de la grève dépend de tout le monde. La dernière fois, certains ont dit que le ministre m’a corrompu. Ce qui n’est pas vrai.

C’est le moment de se mobiliser afin que notre condition change», martèlera-t-il, devant la foule acquiescante.
M.Bilong dira par ailleurs «que des négociations sont ouvertes dans les services du Pm. Mais nous ne fléchirons pas tant que notre statut spécial n’est pas signé. Au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur, on nous a opposé un silence méprisant. Demain, nous allons tenir un meeting à l’amphi 300». Toute la journée d’hier, certains grévistes ont fait le pied de grue devant le rectorat où ils n’ont pas aperçu le maître des lieux. D’autres ont simplement regagné leurs domiciles afin de vaquer à d’autres occupations. Les nerfs à fleur de peau, certains manifestants lanceront des ultimatums à leurs camarades : «Malheur à celui qui essayera de travailler. Nous devons faire bloc», scande un agent en colère.

Consignes
A l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), établissement de l’Université de Yaoundé II-Soa, les employés ont également répondu aux abonnés absents. La plupart des bureaux sont restés fermés toute la journée d’hier. Les occupants devisaient allègrement sous un pylône situé dans l’enceinte de l’école. Au campus de Soa, le travail a tourné au ralenti dans certains services et était à l’arrêt dans d’autres. Les manifestants ont également ciblé le rectorat pour se faire entendre. Depuis 9 ans, le personnel administratif des universités d’Etat exige l’amélioration de ses conditions de vie et de travail. Rassemblées dans un projet de convention collective, les revendications du Synapauc n’ont jamais abouti.

En effet, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a jugé, en mars 2010, que la démarche du syndicat était non réglementaire et opté pour l’élaboration d’un décret portant statut spécial du personnel d’appui des universités d’Etat du Cameroun. Le projet de décret, à en croire le chef de la division de la promotion du dialogue social universitaire au Minesup, le Pr. Ngameni, est «sur la table de la haute hiérarchie». Pour sa part, le syndicat estime que «le dossier [portant statut spécial] est arrivé dans les services du Premier ministre le 14 avril 2010 et est en train de subir le même sort que le premier qui avait été déposé en octobre 2006, malgré les avis favorables des ministères techniques». Les délégués du Synapauc des autres universités d’Etat ont fait le déplacement de la capitale pour prendre les consignes afin de donner plus d’ampleur au mouvement d’humeur.

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